Jé­ré­my De­may, hu­mo­riste et mo­ti­va­teur

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Tu viens nous par­ler de —EN­TRE­VUE ton livre La Liste dans une confé­rence qui coïn­cide avec la Se­maine de la san­té men­tale. Tu y abor­de­ras ta propre dé­pres­sion d’il y a plu­sieurs an­nées.

Com­ment as-tu su que tu vi­vais une dé­pres­sion?

J’avais pu en­vie de rien faire, j’avais en­vie de dor­mir, d’être dans mon lit sous ma couette et at­tendre que la nuit re­vienne pour ou­blier ma vie.

À ce mo­ment-là c’est soit an­ti­dé­pres­seurs, soit trou­ver d’autres fa­çons de se sor­tir de là, un es­pèce de wake-up call que la vie te fait, c’est bon, ça veut dire que ton corps te dit, ça suf­fit, il faut faire quelque chose!

Com­ment t’es-tu sor­ti de cette pé­riode dif­fi­cile?

Des livres, et j’ai une amie qui est thé­ra­peute qui m’a beau­coup ai­dé à me sen­tir mieux. Après ça a été un en­chaî­ne­ment de plu­sieurs choses que j’ai trou­vées au fur et à me­sure, ça m’a ame­né au­jourd’hui à faire du yo­ga, à mé­di­ter, ça m’a ame­né à prendre plus soin de ma san­té au ni­veau ali­men­taire...

C’est un tra­vail que j’ai com­men­cé et c’est de­ve­nu une passion, de tra­vailler sur moi et de vou­loir évoluer et gué­rir. Je conti­nue au­jourd’hui, j’es­saie tou­jours de nou­velles choses. C’est de­ve­nu un mode de vie.

Est-ce que la thé­ra­pie a vrai­ment été im­por­tante?

Ce qui m’a beau­coup ai­dé, j’ai vu une psy­cho­thé­ra­peute qui est aus­si hyp­no­thé­ra­peute. Je fais beau­coup d’hypnose. C’est com­plè­te­ment dif­fé­rent de juste voir une thé­ra­peute qui te parle, tu lui parles de tes pro­blèmes et je pense qu’à ce mo­ment­là tu tournes en rond… Ça ne gué­rit rien,alors que l’hypnose, ça te gué­rit en pro­fon­deur. J’en fais tou­jours au­jourd’hui d’ailleurs.

Mal­gré tes ou­tils presque in­faillibles pour ac­cé­der au bon­heur, t’ar­rive-t-il encore d’avoir des pé­riodes creuses? C’est plus fa­cile me re­mon­ter, mais je ne suis pas à l’abri de me sen­tir dé­mo­ra­li­sé et dé­pri­mé et avoir en­vie d’être seul… Ça fait juste m’en­cou­ra­ger à conti­nuer à m’amé­lio­rer, à me gué­rir. Je dis tout le temps gué­rir parce que c’est pour moi le mot es­sen­tiel, c’est la seule vraie clé, s’il y avait un ou­til à don­ner aux gens au­jourd’hui ça se­rait vrai­ment ça. Ça se­rait se gué­rir de toutes les bles­sures qu’on a pu avoir, toutes les pro­gram­ma­tions qu’on s’est faites quand on était jeunes, les peurs, c’est ça qui nous em­pêche d’être libres et nous sen­tir bien.

Te consi­dères-tu comme un spé­cia­liste en crois­sance per­son­nelle de­puis le suc­cès de ton livre?

Je ne me consi­dère au­cu­ne­ment comme un spé­cia­liste. Je me consi­dère juste comme quel­qu’un qui a ex­pé­ri­men­té et qui a gué­ri cer­taines choses et qui dit main­te­nant « j’ai réus­si en fai­sant ça »... je suis juste un être hu­main comme n’im­porte qui qui par­tage cer­taines petites choses qu’il a ap­prises… je me consi­dère comme quel­qu’un qui a trou­vé une fa­çon qui a mar­ché pour moi.

À la suite de la pa­ru­tion de son livre de crois­sance per­son­nelle, La Liste, l’hu­mo­riste Jé­ré­my De­may va à la ren­contre du pu­blic et parle de sa quête du bon­heur. En­tre­vue avec un homme ins­pi­rant.

Com­ment gères-tu ta car­rière d’hu­mo­riste d’un cô­té et d’au­teur de l’autre?

C’est deux mondes dif­fé­rents, mais pour moi c’est deux mondes qui sont en­semble parce qu’ils font par­tie to­ta­le­ment de moi. Dans la vie des fois je suis très sé­rieux je parle de su­jets pro­fonds et des fois tu me fais une blague de pet et je trouve ça très drôle, ça n’em­pêche pas que des fois je sois très très lé­ger et très im­ma­ture et des fois plus sé­rieux et plus pro­fond, mais les deux font par­tie to­ta­le­ment de moi. Je mêle les deux. Des fois dans mon hu­mour je mets un peu de ça et dans ma confé­rence je mets un peu d’hu­mour et les deux font un beau mé­lange je trouve, pour tout le monde.

Un autre livre dans la mire?

Oui, il y a un autre livre, parce que tu sais, je gran­dis et j’ap­prends des choses. Comme n’im­porte quel être hu­main je mu­ris et j’ap­prends, je réa­lise que j’ai peut-être dit des choses que je ne crois plus au­jourd’hui. J’évo­lue et avec mon évo­lu­tion viennent de nou­velles choses que je vais vou­loir par­ta­ger.

MYRIAM DE­LISLE

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