De l’eau, mais aus­si et sur­tout, l’en­traide

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Les der­nières se­maines —ÉDITORIAL n’ont pas été de tout re­pos pour de nom­breux ci­toyens ri­ve­rains de la ré­gion. On compte par­mi ceux-ci, entre autres des Ri­gau­diens et des Vau­dreuillois. À Rigaud, la ri­vière est sor­tie de son lit et a trou­vé la chambre à cou­cher, et même les cui­sines, sa­lons et sur­tout les sous-sols de nom­breuses ré­si­dences si­tuées sur son par­cours.

Des cen­taines de per­sonnes ont été éva­cuées, pour des rai­sons de sa­lu­bri­té, mais aus­si de sé­cu­ri­té. On de­vait s’as­su­rer de pou­voir joindre ces gens en cas d’ur­gence. Po­li­ciers, pom­piers et am­bu­lan­ciers n’avaient, par en­droits, plus au­cun ac­cès ter­restre. Pas l’idéal lorsque l’on se re­trouve les deux pieds dans l’eau. En cas de tra­gé­die, il faut de­voir comp­ter sur de l’aide ex­té­rieure.

DES AU­TO­RI­TÉS ALERTES

C’est dans ce genre de si­tua­tions que l’on voit les grands se le­ver.

À Rigaud, le maire Hans Gruen­wald a été gé­nial. Il s’est dé­pla­cé, a pris les com­mandes et a li­vré la mar­chan­dise. Il a af­fron­té les mé­dias, a ren­con­tré ses ci­toyens. Tard en soi­rée, pour s’as­su­rer de la sé­cu­ri­té et du confort, et tôt à l’aube, pour prendre le pouls de la jour­née à ve­nir et pré­voir les dé­ci­sions à prendre en rai­son des in­tem­pé­ries. Il a sui­vi la si­tua­tion de près et il mé­rite le res­pect de tous. Il a su gé­rer ef­fi­ca­ce­ment la crise. Bra­vo!

Idem dans Vau­dreuil-Do­rion, alors que les au­to­ri­tés étaient en alerte. On a fait de la pré­ven­tion. On a loué des équi­pe­ments supplémentaires pour pa­rer les mau­vais coups et les ur­gences. On a dé­vié la cir­cu­la­tion et aus­si sou­hai­té que la pluie cesse.

Et ailleurs dans la ré­gion, même les mu­ni­ci­pa­li­tés qui n’étaient pas tou­chées par les inon­da­tions ont vou­lu joindre les rangs et of­fert l’en­traide né­ces­saire. Hans Gruen­wald a men­tion­né avoir re­çu des ap­pels de ses pairs, des maires de Vau­dreuil-Soulanges, sou­hai­tant of­frir l’aide né­ces­saire en cas de be­soin. Bra­vo à ceux qui ont le­vé la main pour se ser­rer les coudes.

MÈRE NA­TURE FAIT SON BOUT Heu­reu­se­ment, Mère na­ture a dé­ci­dé de faire un ef­fort en fin de se­maine et a fer­mé les ro­bi­nets.

Ça a don­né un sé­rieux coup de Jar­nac à la crise et em­pê­ché de voir en­core plus de dé­gâts cau­sés par les crues. Cer­tains ont déjà pris beau­coup d’eau et ne l’ont pas trou­vée drôle.

Il fal­lait que ça cesse.

Par­lant de prendre l’eau et de ces­ser quelque chose (voyez ici le lien plus ou moins sub­til), je vais vous par­ler de la fin de sai­son du Ca­na­dien. Pre­miè­re­ment parce que j’ai l’ha­bi­tude de vous par­ler de la Fla­nelle quand c’est les sé­ries, mais aus­si parce que je n’ai pas eu le temps de le faire pen­dant qu’ils étaient tou­jours en vie.

Je se­rai ce­pen­dant bref. Ils ont pris l’eau et leur sai­son a ces­sé brus­que­ment. Voi­là, as­sez par­lé du Tri­co­lore. En fait ça ne mé­rite pas d’en dire beau­coup plus. Que pour­rais-je ame­ner de nou­veau qui n’a pas été dit par les sa­vants ana­lystes, ex­perts, com­men­ta­teurs.

ET EN­CORE DE L’EAU

Je vais ter­mi­ner en par­lant d’eau en­core. J’ai eu la vi­site ré­cente de la bel­le­fa­mille. Dans le temps de Pâques en fait. Ils sont dé­bar­qués de Ri­mous­ki par un beau sa­me­di en­so­leillé. Les en­fants rou­laient à vé­lo et j’étais en gou­goune et en ber­mu­das. Les beaux­pa­rents, par­tis en ma­ti­née du Bas­du-Fleuve, avaient les pieds dans la neige le ma­tin. Ils nous ont trou­vé chan­ceux. Sur­tout de voir les bour­geons dans le li­las et le ma­gno­lia.

Le lun­di, ils sont re­par­tis sous la pluie et sont ar­ri­vés dans la neige. Beau-pa­pa a sor­ti la souf­fleuse. Pas des farces. Tout ça pour dire que, mal­gré l’hi­ver ri­gou­reux, nous avons quand même été ra­pides sur le prin­temps. Trop peut-être, vu la fonte des neiges qui n’a pas ai­dé à Rigaud. Mais aus­si, ça a ai­dé pour pré­pa­rer les ter­rains en vue de la sai­son chaude qui pointe fi­na­le­ment le bout du nez. La pis­cine est prête dans bien des cours ar­rière de Vau­dreuil-Soulanges.

Mais il fau­dra pa­tien­ter pour pi­quer une pre­mière tête. L’eau est très froide. Et même si mon our­sonne, qui au­ra six ans ce sa­me­di, a des am­bi­tions de se bai­gner lors de sa fête d’amie, il fau­dra se mon­trer pa­tients.

Néan­moins, je vous sou­haite un beau prin­temps, chaud à sou­hait, et aus­si aux gens de Rigaud, de Vau­dreuilDo­rion, et d’ailleurs dans la ré­gion, qui ont été af­fec­tés par l’eau, du cou­rage. La si­tua­tion n’est pas fa­cile, mais sa­chez que vous pou­vez comp­ter sur la gé­né­ro­si­té lé­gen­daire des gens d’ici.

— YANICK MI­CHAUD

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.