Les ITSS à la hausse

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

L’Ins­ti­tut de la sta­tis­tique du Qué­bec a pu­blié —SAN­TÉ un nou­veau re­le­vé sur les ma­la­dies à dé­cla­ra­tion obli­ga­toire mar­di der­nier. La chla­my­dia de­meure et de loin l’in­fec­tion la plus ré­pan­due. De­puis 2011, par tranches de 100 000 per­sonnes, le nombre est pas­sé de 2506 à 3509. Ces don­nées ne men­tionnent pas si oui ou non il y avait ap­pa­ri­tion de symp­tômes.

Une re­cru­des­cence des in­fec­tions go­no­coc­ciques in­quiète éga­le­ment la san­té pu­blique. Les cas de go­nor­rhée ont dou­blé de­puis 2011. Le hic, la ré­sis­tance aux an­ti­bio­tiques. De plus en plus, la lutte contre cette in­fec­tion se com­plique, donc les risques de pro­pa­ga­tion sont plus éle­vés.

Sans tou­te­fois ex­cu­ser les jeunes, Reem Ze­wail, un mé­de­cin du Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de ser­vices so­ciaux de la Mon­té­ré­gie, sou­lève que les tests de dé­pis­tage sont plus per­for­mants qu’avant, donc qu’ils dé­cèlent plus de cas. LES JEUNES ADULTES PLUS TOU­CHÉS

Le port du condom ré­gresse avec l’âge. Dans les pre­mières an­nées du se­con­daire, les jeunes se pro­tègent à en­vi­ron 90 % du temps. Une fois le se­con­daire III en poche, la pro­tec­tion di­mi­nue. La pro­tec­tion di­mi­nue jus­qu’à en­vi­ron 70 % du temps.

« Le condom n’est pas moins uti­li­sé qu’avant, lance Nan­cy Choui­nard, de la di­rec­tion de la san­té pu­blique de la Mon­té­ré­gie. Le pro­blème est que plus on vieillit, plus les ac­ti­vi­tés sexuelles sont fré­quentes, moins le condom est uti­li­sé. »

Même si ce sont les jeunes adultes âgés entre 18 et 24 ans qui sont le plus tou­chés par la chla­my­dia, la si­tua­tion chez les 15 à 17 ans n’est pas rose. De­puis 2011, les cas re­cen­sés ont bon­di de 27 %. Si on ad­di­tionne les in­fec­tions go­no­coc­ciques à la chla­my­dia, c’est une hausse de 145 % en Mon­té­ré­gie, com­pa­ra­ti­ve­ment à 94 % dans l’en­semble du Qué­bec.

Les in­fec­tions trans­mis­sibles sexuel­le­ment et par le sang

(ITSS) pour­suivent leur hausse en Mon­té­ré­gie. Le taux de cas ré­per­to­riés s’est ac­cru de 35 % de­puis 2011.

Par­mi les in­fec­tions à sur­veiller, les prin­ci­pales sont la chla­my­dia, la sy­phi­lis in­fec­tieuse et les in­fec­tions go­no­coc­ciques.

REN­FOR­CER L’ÉDU­CA­TION ET LA PRÉ­VEN­TION

« Pour nous, le mes­sage qu’on doit pas­ser, c’est d’uti­li­ser la double pro­tec­tion », a men­tion­né Nan­cy Choui­nard, éga­le­ment sexo­logue. Le taux de fé­con­di­té de­meure stable, donc les femmes conti­nuent d’uti­li­ser leur mé­thode de contra­cep­tion. Ce­pen­dant, se­lon la sexo­logue, trop de jeunes se basent en­tiè­re­ment sur ça, ce qui ne pré­vient pas les ITSS.

Les plans de Nan­cy Choui­nard sont clairs : ob­te­nir une norme so­ciale fa­vo­rable à l’uti­li­sa­tion du condom. « Il y a des pos­si­bi­li­tés de re­cru­des­cence plus im­por­tantes que main­te­nant », ne cache pas la sexo­logue. De­puis la ré­forme sco­laire, les cours de sexua­li­té ne sont plus dans les pro­grammes sco­laires. Un pro­jet-pi­lote d’édu­ca­tion sexuelle est en pé­riode d’es­sai au Qué­bec. « En Mon­té­ré­gie, il y a beau­coup d’in­fir­mières qui vont dans les mi­lieux sco­laires, mais il n’y en a pas as­sez », dé­plore celle qui oeuvre à la di­rec­tion de la san­té pu­blique de la ré­gion. Pour elle, le meilleur à faire est de ren­for­cer l’édu­ca­tion glo­bale, « d’être plus in­tense ». Même si 98 % des écoles se­con­daires ré­gio­nales dis­tri­buent des pré­ser­va­tifs et que le pro­jet-pi­lote conti­nue de faire du che­min, ce sont deux me­sures par­mi tant d’autres qui doivent être amé­lio­rées se­lon Nan­cy Choui­nard.

— JO­NA­THAN BARBEAU

PHOTOTHÈQUE

Chez les jeunes, la gêne est un fac­teur cru­cial qui nuit à la pro­tec­tion lors des rap­ports sexuels. Ils sont ti­mides d’al­ler en cher­cher chez l’in­fir­mière de l’école ou en­core d’en­che­ter.

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