Ri­gaud par­mi les villes les plus tou­chées

L'Etoile - - LA UNE -

Des inon­da­tions qui —RI­GAUD mar­que­ront l’his­toire. Le pre­mier ci­toyen a été sur le ter­rain jour et nuit afin de prendre le pouls des évé­ne­ments et s’as­su­rer de la sé­cu­ri­té de sa po­pu­la­tion.

« Nous avons ten­té de tout faire, mais main­te­nant nous de­vons obli­ger les gens à sor­tir de chez eux. C’est pour as­su­rer leur propre sé­cu­ri­té, mais aus­si celle des se­cou­ristes, des pom­piers, des po­li­ciers, qui sont des pères de fa­mille. Je ne veux pas as­sis­ter au ser­vice d’un ci­toyen de Ri­gaud en di­sant, nous au­rions dû le faire sor­tir de chez lui », a cla­mé le maire, ex­té­nué, lun­di lors d’une confé­rence de presse ou il exi­geait que les gens aban­donnent im­mé­dia­te­ment leur do­mi­cile. DES CI­TOYENS ÉPLORÉS Cer­tains ci­toyens qui de­man­daient de pou­voir res­ter chez eux pour as­su­rer que tout se dé­roule bien se sont dits cho­qués, dé­vas­tés, à bout de nerfs.

« Nous com­pre­nons la dé­ci­sion. C’est pour la sé­cu­ri­té. Mais nous te­nions le coup. Je suis voi­sin de chez mes pa­rents et nous avions réus­si à main­te­nir le ni­veau des deux mai­sons. L’eau mon­tait, mais nous étions ca­pables de gar­der les mai­sons au sec. En nous éva­cuant lun­di, ils anéan­tissent d’un coup le com­bat que nous avons me­né de­puis deux ou trois se­maines. On ar­ri­vait dans le moins pire. Nous au­rions pu conti­nuer à faire fonc­tion­ner les pompes et les rem­plis­sant d’es­sence chaque heure. Mais là, on ne sait pas ce qui va ar­ri­ver », ex­plique Yann Sau­vé, qui a été es­cor­té lun­di, hors de chez lui.

Il a trou­vé re­fuge chez de la pa­ren­té et il a pu pas­ser par la bi­blio­thèque, centre de re­fuge pour les si­nis­trés. « Je n’ai rien à dire contre ces gens. Ils font un tra­vail es­sen­tiel. Mer­ci à eux. Mais j’au­rais ai­mé avoir la per­mis­sion de re­tour­ner à la mai­son ponc­tuel­le­ment, au moins pen­dant le jour, pour conti­nuer à vé­ri­fier nos pompes », a conclu Yann Sau­vé.

L’AR­MÉE DÉ­PLOYÉE

En dé­but d’après-mi­di, di­manche, la Ville de Ri­gaud ré­vé­lait qu’elle avait don­né le man­dat aux Forces ar­mées ca­na­diennes d’ap­por­ter leur aide aux ser­vices d’in­ter­ven­tion dé­jà sur place. Vers 15 h 30, deux VBL6 (vé­hi­cules blindés lé­gers) ar­ri­vaient à la Poin­teSé­guin. Plus tard en soi­rée, deux zo­diacs se sont ajou­tés à l’équi­pe­ment dé­jà en place. Ces vé­hi­cules am­phi­bies ont fait le tour des zones si­nis­trées, pen­dant les jours qui ont pré­cé­dé. « Nous sommes là pour ai­der à l’éva­cua­tion des si­nis­trés. Nous avons donc un man­dat de trans­port », in­dique Éliane Tra­han, lieu­te­nante de

Le maire de Ri­gaud Hans Gruen­wald a te­nu le fort pen­dant des jours et s’est avé­ré le phare de ses ci­toyens tout au long de cette crue his­to­rique.

ma­rine. Cette der­nière ré­vèle que 1200 sol­dats étaient dé­ployés à tra­vers le Qué­bec, dont une di­zaine à Ri­gaud, en date de di­manche. De nom­breux autres se sont ajou­tés de­puis. « Nous se­rons pré­sents aus­si long­temps que la Ville au­ra be­soin de nos ser­vices », ré­pond Éliane Tra­han. Mar­di ma­tin, le Chef d’état-ma­jor de la Dé­fense, le gé­né­ral Jo­na­than Vance est ve­nu ins­pec­ter ses troupes et il en a pro­fi­té pour ren­con­trer le maire Hans Gruen­wald, vi­si­ble­ment ému de cette vi­site et de cet hon­neur.

— YANICK MI­CHAUD

ET STÉ­PHANE FOR­TIER

PHO­TO STÉ­PHANE FOR­TIER

Les mi­li­taires ont mis le pied à Ri­gaud di­manche et ont tout de suite pris part aux opé­ra­tions, entre autres à la Pointe Sé­guin.

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