Le dé­bit va di­mi­nuer au bar­rage Ca­rillon

L'Etoile - - LA UNE -

La fonte de —EN­VI­RON­NE­MENT quan­ti­tés im­por­tantes de neige dans le nord du ré­ser­voir Bas­ka­tong, et toute la pluie qui est tom­bée en avril et en mai, a fait aug­men­ter consi­dé­ra­ble­ment les ap­ports en eau du bas­sin. Parce que oui, tout part du ré­ser­voir Bas­ka­tong et plus loin, se trouve le bar­rage Mer­cier qui contri­bue à re­te­nir les eaux, ce dont ne bé­né­fi­cie pas le bar­rage Ca­rillon.

« Je com­prends que les gens soient pré­oc­cu­pés, mais pour bien com­prendre la si­tua­tion, il faut d’abord men­tion­ner qu’en rai­son des fortes pré­ci­pi­ta­tions du mois d’avril, le ni­veau des ré­ser­voirs du bas­sin de l’Ou­taouais est plus éle­vé que la nor­male. Au­tant de pluie, c’est ça qui est dif­fi­cile à pré­voir. C’est vrai­ment ex­cep­tion­nel. On parle du double de pré­ci­pi­ta­tion que l’on re­çoit ha­bi­tuel­le­ment », in­dique Louis-Oli­vier Bat­ty, porte-pa­role d’Hy­dro-Qué­bec.

TOUT PART DE L’OU­TAOUAIS

« Le vo­lume d’eau dé­ver­sé par le ré­ser­voir Bas­ka­tong a no­tam­ment été ajus­té afin de te­nir compte de l’abon­dance des pré­ci­pi­ta­tions, de la sé­cu­ri­té de l’ins­tal­la­tion , des risques d’inon­da­tions à Ma­ni­wa­ki et dans les mu­ni­ci­pa­li­tés avoi­si­nantes, ex­plique le porte-pa­role. Comme chaque an­née, le ré­ser­voir a été vi­dé la pre­mière se­maine d’avril et a été mis à contri­bu­tion pour ré­duire les inon­da­tions entre le 15 et le 22 avril der­nier. Comme les autres ré­ser­voirs sur la ri­vière des Ou­taouais, la contri­bu­tion du ré­ser­voir Bas­ka­tong prend tou­jours en compte les condi­tions an­ti­ci­pées sur la ri­vière Ga­ti­neau. Le ré­ser­voir Bas­ka­tong re­çoit en­core des ap­ports naturels im­por­tants ce qui fait re­mon­ter le ni­veau ra­pi­de­ment. Nous de­vons donc faire une ges­tion fine des dé­bits, entre les inon­da­tions et le rem­plis­sage du ré­ser­voir. Si le ré­ser­voir était à pleine ca­pa­ci­té, nous de­vrions dé­ver­ser plus du double du dé­bit ac­tuel. Ce­ci oc­ca­sion­ne­rait des inon­da­tions très im­por­tantes, éla­bote-t-il.

« On re­tient l’eau du ré­ser­voir Bas­ka­tong, mais il faut bien en laisser pas­ser un cer­tain dé­bit. On a lais­sé 500 mètres cubes d’eau à la se­conde, mais avec la pluie, le ré­ser­voir Bas­ka­tong re­ce­vait 1 300 mètres cubes à la se­conde », ré­vèle Louis-Oli­vier Bat­ty.

Au bar­rage Ca­rillon, on parle du contrôle de l’eau de la ri­vière des Ou­taouais. « Avec toute cette pluie, on réus­sit à contrô­ler 40 % du dé­bit, mais le reste on ne peut le contrô­ler puisque ce­la dé­pend des ca­prices de la nature », dit-il.

Sur la dou­zaine de cen­trales d’Hy­dro­Qué­bec si­tuées sur la ri­vière des Ou­taouais et la ri­vière Ga­ti­neau, la presque to­ta­li­té est au fil d’eau. Une cen­trale au fil de l’eau n’est pas conçue pour em­ma­ga­si­ner de l’eau en amont. Le dé­bit qui tra­verse la cen­trale est ce­lui de la ri­vière et ten­ter de le re­te­nir en amont en­traî­ne­rait des risques sé­rieux pour l’ins­tal­la­tion et les ri­ve­rains.

« C’est la rai­son pour la­quelle on ne peut re­te­nir l’eau au bar­rage Ca­rillon. Pour quelques heures, on pour­rait le faire, mais ce sont les ri­ve­rains qui se trouvent avant le bar­rage qui en su­bi­raient les consé­quences. Nous ne pou­vons même pas faire des in­ter­rup­tions mo­men­ta­nées », jus­ti­fie Louis-Oli­vier Bat­ty.

Au plus haut, Hy­dro-Qué­bec a lais­sé pas­ser 8 900 mètres cubes à la se­conde, un dé­bit nor­mal pour…un fleuve. Mais là, on parle d’une ri­vière. « La crue nor­male est de 5 000 mètres cubes par se­conde dans ce sec­teur. » La bonne nou­velle? « L’ab­sence de pluie per­met­tra de ré­duire le dé­bit à 8 500 mètres cubes pour au­jourd’hui (9 mai) et les 10 et 11 mai ce­la va di­mi­nuer de 400 mètres cube se­conde et ce­la va tou­jours al­ler en di­mi­nuant », an­nonce le porte-pa­role d’Hy­dro-Qué­bec.

Hy­dro-Qué­bec avait deux bonnes nou­velles à dif­fu­ser le 9 mai der­nier pour les ri­ve­rains de Pointe-For­tune et Ri­gaud à sa­voir que les dé­bits d’eau de­vraient di­mi­nuer au cours de pro­chains jours.

ET DE L’AUTRE CÔTÉ

Du côté du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Louis, le dé­bit est contrô­lé par la Com­mis­sion mixte in­ter­na­tio­nale (CMI). La Com­mis­sion mixte in­ter­na­tio­nale est une or­ga­ni­sa­tion ca­na­do-amé­ri­caine dont la fonc­tion est la ges­tion ju­di­cieuse de ces eaux li­mi­trophes entre les deux pays.

— STÉ­PHANE FOR­TIER

PHO­TO STÉ­PHANE FOR­TIER

Pour quelques heures, Hy­dro-Qué­bec pour­rait re­te­nir les eaux, mais ce sont les ri­ve­rains qui se trouvent avant le bar­rage qui en su­bi­raient les consé­quences.

PHO­TO STÉ­PHANE FOR­TIER

Hy­dro-Qué­bec avait deux bonnes nou­velles à dif­fu­ser le 9 mai der­nier à sa­voir que les dé­bits d’eau de­vraient di­mi­nuer au cours de pro­chains jours.

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