Zone dé­vas­tée à Vau­dreuil-Do­rion

L'Etoile - - LA UNE -

De nom­breuses mai­sons —EN­TRAIDE étaient tou­chées et plu­sieurs autres étaient à risque, entre autres sur la rue Pé­ro­deau. Plu­sieurs ré­si­dents se sont éveillés sa­me­di ma­tin avec une im­por­tante quan­ti­té d’eau sur la pro­prié­té. « Nous nous sommes ré­veillés ce ma­tin avec de l’eau sur le ter­rain. De­puis ce temps, j’ai trois pompes qui fonc­tionnent afin d’éva­cuer l’eau », in­dique Laurent Des­jar­dins, un ré­sident de la rue Pé­ro­deau.

D’autres propriétaires de ce sec­teur, tou­chés, ont re­mer­cié le ciel que les ré­si­dents soient si so­li­daires. Plu­sieurs sont ve­nus dé­po­ser des sacs de sable tan­tôt chez un voi­sin, tan­tôt chez un autre. « Tout le monde fait la na­vette chez l’un et chez l’autre. Tout le monde s’en­traide », dit Laurent Des­jar­dins.

GESTES DE SO­LI­DA­RI­TÉ

La Ville sur le qui-vive, le maire de Vau­dreuil-Do­rion, Guy-Pi­lon, a te­nu à faire le point sur la si­tua­tion à de nom­breuses re­prises. Sa­me­di, contrai­re­ment à ce qui avait été an­non­cé, le so­leil s’est poin­té pour quelques heures. Ça n’a pas em­pê­ché de nom­breuses rues d’être inon­dées, sur­tout en rai­son du ré­seau d’égout qui ne pou­vait plus conte­nir au­tant d’eau. « Un autre pro­blème, ce sont les dé­bris qui sont em­por­tés par l’eau qui sont no­tam­ment à sur­veiller », men­tionne le maire. Ce der­nier de­mande aux cu­rieux d’évi­ter les zones inon­dées. « D’abord, ce­la contri­bue à créer du stress, et ça nuit aux dif­fé­rents ser­vices qui viennent en aide aux gens tou­chés et en­suite, ils risquent eux-mêmes de se mettre en dif­fi­cul­té s’ils ne font pas preuve de pru­dence », pré­vient-il.

Il a aus­si te­nu à re­mer­cier cha­leu­reu­se­ment les nom­breux bé­né­voles qui sont ve­nus of­frir un vaillant coup de main de­puis les 96 der­nières heures. « Les gens viennent en grand nombre. Les en­fants, des adultes, des per­sonnes âgées. Ils sont mu­nis de pelles et rem­plissent des mil­liers de sacs de sable. Ceux qui viennent pour ap­por­ter de la nour­ri­ture, du sou­tien, des tables, des pelles, des sacs, sont aus­si nom­breux. On a vu un bel élan de gé­né­ro­si­té. À un cer­tain mo­ment, nous avions même trop de bé­né­voles. Ce qui est bien. Mais il faut que les gens gardent un peu d’éner­gie. Car dans deux ou trois se­maines, il fau­dra faire le mé­nage de tout ça. Nous au­rons be­soin d’en­core plus de gens », a dit ce­lui qui s’est re­trou­vé au coeur des opé­ra­tions de bé­né­vo­lat tout au cours des quatre ou cinq der­niers jours.

CIR­CU­LA­TION DIF­FI­CILE

Autre désa­gré­ment, les cu­rieux qui ve­naient consta­ter l’am­pleur des dé­gâts dans de nom­breuses rues inon­dées. « Les gens doivent être pru­dents. Ça crée des vagues et sou­vent ces re­mous nuisent beau­coup plus qu’ils n’aident. Les gens sont à quelques pouces d’être inon­dés et les voi­tures en­voient de l’eau sur ces ter­rains. Ce n’est pas idéal. En plus de nuire aux vé­hi­cules d’urgence qui doivent cir­cu­ler, par­fois dans des en­droits res­treints », avance Guy Pi­lon.

Il a d’ailleurs te­nu à re­mer­cier ses em­ployés, de tous les ser­vices, pour leur spon­ta­néi­té à ré­pondre à l’urgence. « Ils sont ren­trés cette fin de se­maine, ont pris des ap­pels, ont trans­por­té des sacs, ont pris les com­mandes des bé­né­voles, ont ras­su­ré des gens. C’est in­croyable de voir ça », in­dique-t-il.

Les ser­vices d’urgence, les pom­piers, pa­trouillent le ter­ri­toire 24 heures sur 24. Il a sa­lué les res­tau­ra­teurs, les com­mer­çants, qui ont four­ni nour­ri­ture et eau en bou­teille aux bé­né­voles. « Pa­ci­ni, Ben & Flo­ren­tine, Oli­via, La Ri­boul­dingue, et j’en ou­blie sû­re­ment, ils sont ve­nus pour ser­vir des re­pas chauds. Des gens de la com­mu­nau­té is­la­mique, des gens de Mon­tréal, des villes qui sont moins tou­chées par les inon­da­tions, sont ve­nus pour nous ai­der », dit Guy Pi­lon.

C’était à craindre, la si­tua­tion s’est dé­té­rio­rée, cette fin de se­maine à Vau­dreuil-Do­rion

TROP D’EAU PAR­TOUT

En cette pé­riode où l’eau est beau­coup trop pré­sente, la Ville de­mande iro­ni­que­ment aux ci­toyens de ne pas sur­char­ger le sys­tème. Il faut à tout pris évi­ter de rem­plir ou de vi­der sa pis­cine, de vi­der son spa, les longues douches, les bains trop rem­plis, les cycles de lave-vais­selle trop fré­quents. « Le ré­seau d’égout est sur­char­gé. Les douches trop longues, le la­vage de voi­ture, vi­der ou rem­plir les pis­cines, ce n’est pas le mo­ment idéal. Ça pour­rait créer des pro­blèmes en­core plus graves que ce qui se passe à l’heure ac­tuelle », ex­plique Sté­phane Côté, un plom­bier, devenu bé­né­vole pour ai­der ses conci­toyens pen­dant de nom­breuses heures. « Ce que ça risque de faire, c’est que l’eau s’in­filtre dans le sa­ni­taire. Ce se­rait pro­blé­ma­tique », dit-il.

YANICK MI­CHAUD

ET STÉ­PHANE FOR­TIER

PHO­TO MI­CHEL MOQUIN

Le maire Guy Pi­lon, pré­sent pres­qu’en per­ma­nence sur les lieux de l’Hô­tel de Ville, lors­qu’il n’était pas au centre de contrôle éta­bli à la ca­serne de pom­piers, a même pris les ma­noeuvres de la pelle à cer­tains oc­ca­sions.

PHO­TO YANICK MI­CHAUD

Dès les pre­mières mi­nutes sa­me­di, et mal­gré la tem­pé­ra­ture me­na­çante, ils étaient des cen­taines à rem­plir des sacs de sable. Le nombre de bé­né­voles s’est mul­ti­plié au fil des heures et des jours, at­tein­gnant par­fois 300 et plus.

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