Des gestes gé­né­reux

L'Etoile - - LA UNE -

Les offres plus gé­né­reuses les unes que les autres fusent de toutes parts de­puis la se­maine der­nière. La grande com­mu­nau­té met l’épaule à la roue pour ai­der ceux qui en ont be­soin.

À Ri­gaud, le mé­ca­nisme — COM­MU­NAU­TÉ est bien en place pour co­or­don­ner les nom­breux bé­né­voles qui af­fluent pour ai­der. « C’est comme des four­mis qui se pro­mènent par­tout. Ça fonc­tionne et on a du per­son­nel en place pour bien les or­ga­ni­ser. On tra­vaille fort pour les di­ri­ger à la bonne place pour être le plus ef­fi­cace pos­sible », sou­ligne Hans Gruen­wald. Le maire, qui ne dort que quelques heures par jour, est très tou­ché par tout le tra­vail se fai­sant sur le ter­rain par les bé­né­voles.

Véronique Cunche, di­rec­trice des loi­sirs et des ser­vices com­mu­nau­taires de Ri­gaud avoue qu’ils en ont même trop par mo­ment. Celle qui co­or­donne le Centre de ser­vices et d’ac­cueil des si­nis­trés sou­ligne que la ré­gion est très mo­bi­li­sée.

« C’est ef­frayant de voir toute la mo­bi­li­sa­tion de la ré­gion pour nous ve­nir en aide. Je suis cer­taine que ça doit être pa­reil par­tout dans Vau­dreuil-Soulanges main­te­nant. Les gens sont tel­le­ment gé­né­reux, les res­tau­ra­teurs, les four­nis­seurs. J’ai plein d’offres et je ne peux pas tout ac­cep­ter. Je vou­drais re­mer­cier tout le monde pour leur gé­né­ro­si­té », de dé­cla­rer Véronique Cunche, fai­sant re­mar­quer qu’il faut aus­si se gar­der des forces pour après, quand l’eau va se re­ti­rer.

Ef­fec­ti­ve­ment, les gestes de gé­né­ro­si­té on en voit beau­coup sur le ter­rain, par­ti­cu­liè­re­ment de­puis quelques jours. Il est au­tant dif­fi­cile de comp­ta­bi­li­ser le nombre de ci­toyens tou­chés par les inon­da­tions dans dans la ré­gion, que d’énu­mé­rer tous les gestes de so­li­da­ri­té po­sés par des ci­toyens, des com­mer­çants et des or­ga­nismes. NOUR­RIR LES GENS

De nom­breux res­tau­ra­teurs dis­tri­buent de la nour­ri­ture gra­tui­te­ment aux si­nis­trés et aux bé­né­voles. À Vau­dreuil-Do­rion, le res­tau­ra­teur Jo­na­than Au­ger du res­tau­rant Oli­via s’est dé­pla­cé pen­dant plu­sieurs jours à Vau­dreuil-Do­rion et Pin­court pour of­frir des cen­taines de re­pas aux bé­né­voles, aux em­ployés de la Ville ain­si qu’au ser­vice d’urgence. Lun­di, il conti­nuait de don­ner de son temps, même si l’eau s’était ac­cu­mu­lée dans le sta­tion­ne­ment de son éta­blis­se­ment, l’obli­geant à fer­mer. « L’équipe tra­vaille fort. On s’est le­vé très tôt ce ma­tin pour tout pré­pa­rer. On fait notre pos­sible pour ai­der la com­mu­nau­té. C’est la moindre des choses d’ai­der les autres », dit ce­lui qui a con­nu deux inon­da­tions dans le pas­sé. Pour lui, c’est comme don­ner au sui­vant.

À Ri­gaud, l’or­ga­nisme le Ca­fé de la dé­brouille, qui des­sert ha­bi­tuel­le­ment une cin­quan­taine de fa­milles, a ar­rê­té de comp­ter le nombre de per­sonnes aux­quelles il dis­tri­bue de la nour­ri­ture de­puis trois se­maines. Les si­nis­trés qui se sont en­re­gis­trés à la bi­blio­thèque peuvent ve­nir les voir avec les cou­pons de la Croix-Rouge pour ob­te­nir des den­rées et des re­pas pré­pa­rés. « La pre­mière jour­née que ç’a com­men­cé la Ville nous a de­man­dé si l’on pou­vait re­ce­voir une com­mande de Mois­son Sud-Ouest pour dé­pan­ner. Tout s’est mis en branle et c’est de­puis ce temps-là qu’on aide », ex­plique le di­rec­teur gé­né­ral, Ri­chard Le­febvre. De sur­croît, chaque jour, le Ca­fé de la dé­brouille ap­porte des col­la­tions, des fruits et des pe­tites gâ­te­ries à la bi­blio­thèque pour les bé­né­voles et les si­nis­trés qui y tran­sitent. L’or­ga­nisme n’a pas be­soin de bé­né­voles sup­plé­men­taires pour le mo­ment, mais an­ti­cipe le mo­ment où l’eau va se re­ti­rer et que les ré­si­dents au­ront des be­soins mas­sifs en nour­ri­ture lors­qu’ils re­tour­ne­ront chez eux.

BIEN AU CHAUD

De nom­breux ci­toyens re­fusent de quit­ter leur ré­si­dence, sou­hai­tant y res­ter pour ten­ter de sau­ver leur mai­son et les biens qui s’y trouvent. Ce­pen­dant, il vient un mo­ment où cer­tains baissent les bras ou qu’ils sont obli­gés de quit­ter les lieux. Sur les ré­seaux so­ciaux, plu­sieurs per­sonnes offrent d’ac­cueillir des fa­milles sous leur toit. Les fa­milles et les amis des ré­si­dents de­vant quit­ter leur mai­son sont aus­si d’une grande aide. Les si­nis­trés qui s’ins­crivent au­près de la Croix-Rouge à Ri­gaud sont hé­ber­gés dans des éta­blis­se­ments comme le Col­lège des douanes, le Col­lège Bour­get et les hô­tels de la ville. De leur propre chef, les propriétaires du cam­ping Choisy, si­tué à Ri­gaud, ont dé­ci­dé d’of­frir l’hé­ber­ge­ment gra­tuit aux si­nis­trés des inon­da­tions. L’idée leur est ve­nue lors­qu’un si­nis­tré s’est in­for­mé des ta­rifs pour s’ins­tal­ler tem­po­rai­re­ment au cam­ping.

«En­suite ça s’est dé­ve­lop­pé. L’un de nos cam­peurs a té­lé­pho­né pour of­frir sa rou­lotte pour quel­qu’un qui en avait be­soin. On a fait une tour­née des cam­peurs et on a nos rou­lottes de lo­ca­tion qu’on peut of­frir aus­si. Avec les rou­lottes c’est pos­sible d’avoir des couples avec des en­fants, qui pour­ront prendre l’au­to­bus pour al­ler à l’école à par­tir d’ici», pré­cise Ri­chard Poi­rier, pro­prié­taire du cam­ping de­puis cinq ans.

Son offre est bonne tant que les si­nis­trés en au­ront be­soin. Les 24 douches du ter­rain de cam­ping sont éga­le­ment dis­po­nibles pour les per­sonnes dans le be­soin qui, même si elles ne sont pas hé­ber­gées sur le site, sou­hai­te­raient prendre une bonne douche chaude.

Les évé­ne­ments uniques vé­cus pour les ci­toyens de la ré­gion, en­gendre des gestes ex­cep­tion­nels de la part de toute la com­mu­nau­té. Par­fois, l’aide de­vient trop nom­breuse et les mu­ni­ci­pa­li­tés sont obli­gées de mettre un frein à l’en­thou­siasme pour quelques heures ou de mo­di­fier leurs de­mandes. D’autres pro­po­si­tions de sou­tien, comme celle de Conte­neurs Ex­perts S.D., une en­tre­prise de Vau­dreuilDo­rion ayant of­fert ses conte­neurs aux mu­ni­ci­pa­li­tés tou­chées, reste in­uti­li­sées à ce jour.

PHO­TO CAROLINE BO­NIN

Le Ca­fé de la dé­brouille a ou­vert ses portes sept jours par se­maine pour sou­te­nir les si­nis­trés.

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