Dans les grandes oc­ca­sions on se lève

L'Etoile - - LA UNE -

Les choses sem­blaient —ÉDITORIAL pour­tant vou­loir se ré­sor­ber.

Jeu­di, il fai­sait quand même beau, mais pas très chaud.

Puis, les choses se sont mises à al­ler très vite. Trop vite. L’eau a mon­té.

Par­tout, ou presque. À de nom­breux en­droits di­sons. En même temps. Ri­gaud, qui avait pour­tant re­çu sa part de flotte, s’est re­trou­vée en­glou­tie. Idem à Pointe-For­tune, où les gens, qui don­naient dé­jà un coup de main à leurs voi­sins, ont vu leurs propres ré­si­dences me­na­cées. Vau­dreuil-Do­rion a été sub­mer­gé, et a vu ses égouts re­fou­ler.

Idem à Ter­rasse-Vau­dreuil, où on a lan­cé l’alerte. Pin­court, ain­si que les ri­ve­rains des îles Claude, Cadieux et Per­rot ont com­men­cé à pom­per. Ont dû être éva­cués. Aux vagues se sont mê­lées les larmes. Les émo­tions de ces gens, dé­jà à fleur de peau, ont éga­le­ment été éva­cuées.

De la tris­tesse de voir sa mai­son en­va­hie par les flots.

De la joie de voir des conci­toyens ve­nir prê­ter main-forte.

De l’exas­pé­ra­tion d’êtres éva­cués de force et lâ­cher prise sur son bien le plus pré­cieux.

DE LA GÉ­NÉ­RO­SI­TÉ

Heu­reu­se­ment, des gens se sont le­vés. Des Vau­dreuil-Sou­lan­geois ont ré­pon­du à l’ap­pel. Ils ont ré­pon­du à la pelle. Ils ont rem­pli, à grands coups de pelles rondes, des cen­taines, des mil­liers, des cen­taines de mil­liers de sacs de sable pour éri­ger des bar­ri­cades contre les élé­ments.

Ils ont trans­por­té les sacs vers les ter­rains, les ré­si­dences, les sous-sols de ces gens pris au dé­pour­vu par cette eau pas tant bienvenue. Cette eau me­na­çante, en­va­his­sante, dé­bor­dante. Cette vague qui amène plus qu’un vague à l’âme. BÉ­NÉ­VOLES AGUER­RIS

En­fants, aî­nés, adultes avec ou sans mal de dos. Ils ont em­bras­sé la cause.

S’ils ont pris le manche, ils ont aus­si pris la spa­tule. Ils ont concoc­té des re­pas pour ceux qui tra­vaillaient fort. Ils ont four­ni des beignets, des cafés, des frian­dises, mais sur­tout de la cha­leur et du ré­con­fort en ces temps dif­fi­ciles.

À cer­tains mo­ments, ils étaient si nom­breux qu’ils se re­layaient dans d’autres villes. Cer­tains ont pris la di­rec­tion des opé­ra­tions sur Fa­ce­book pour di­ri­ger amis, connais­sances, bottes d’eau et ca­mions dans les en­droits ou c’était né­ces­saire. Les Villes étant dé­bor­dées, dans un sens comme dans l’autre, en cette ère des ré­seaux so­ciaux, les com­mu­ni­ca­tions étaient ra­pides et es­sen­tielles.

Des en­tre­prises, des res­tau­rants, des gens d’af­faires, des ci­toyens, des pom­piers, des mi­li­taires, tous se sont le­vés pour dire à mère Nature qu’une fois li­gués, nous sommes forts.

J’ai été pri­vi­lé­gié de voir de près ce dé­ploie­ment. J’ai été, en com­pa­gnie de mes col­lègues de VI­VA mé­dia, sur le ter­rain, dès les pre­miers ins­tants. Ven­dre­di à Ri­gaud, nous avons rem­pli et trans­por­té des sacs de sable. Sa­me­di, sur le ter­rain, dans la grande ré­gion, dans les 10 villes du­re­ment tou­chées, nous avons pris des photos, des images, des en­tre­vues, des sacs de sable et nous avons en­cou­ra­gé les gens.

Au­tant par notre tra­vail jour­na­lis­tique, que par l’aide aux si­nis­trés et la prise en charge de nom­breuses opé­ra­tions, VI­VA mé­dia a été pré­sent et ap­pré­cié.

Bra­vo à vous tous. Bra­vo à l’équipe. Bra­vo aux bé­né­voles, gé­né­reux et dis­po­nibles. Et sur­tout bonne chance aux gens tou­chés par ces crues his­to­riques, mais aus­si par ces gestes al­truistes.

— YANICK MI­CHAUD

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