Ris­quer sa vie et celle des autres

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

On a vu de drôles d’images —ÉDI­TO­RIAL de­puis le dé­but de la se­maine, de si­tua­tions cho­quantes qui se dé­roulent sur nos routes.

En­core que, je dis drôles, mais il n’y a rien d’amu­sant.

Sur les ré­seaux so­ciaux cir­cu­laient ces images d’un cy­cliste, cir­cu­lant à haute vi­tesse, à moins de cinq pieds du train ar­rière d’un poids lourd. Il est fier d’avoir cir­cu­lé à plus de 70 miles ou ki­lo­mètres à l’heure. Je me fous que ce soit des miles, ou des ki­lo­mètres, il au­rait bien pu se ra­mas­ser six pieds sous terre. Et ça, ça n’au­rait fait rire per­sonne. Quand on voit ou sur­tout qu’on en­tend par­ler d’un ac­ci­dent im­pli­quant un cy­cliste, on a tout de suite ten­dance à pen­ser que c’est la faute du méchant au­to­mo­bi­liste. Mais il faut tou­jours re­gar­der des deux cô­tés de la roue. Il n’y a pas tou­jours d’images ou de té­moins. Il faut alors se fier sur les en­quêtes. Mais quand on joue de pru­dence à la base, on risque sur­tout d’évi­ter les ac­ci­dents bêtes et par­fois fa­tals.

RIS­QUER LA VIE DES AUTRES Autre vi­déo ayant cir­cu­lé à grande vi­tesse cette se­maine, cette chauf­feuse d’au­to­bus ré­glant ses comptes de dé­pense et uti­li­sant son cel­lu­laire, alors qu’elle conduit sur l’au­to­route.

Elle jette à peine un oeil sur la route à l’oc­ca­sion, le temps de voir si elle joue avec la vie de sa cin­quan­taine de pas­sa­gers, ou avec la vie d’au­to­mo­bi­listes cir­cu­lant de­vant, der­rière ou à côté de son im­mense en­gin fi­lant à haute vi­tesse sur la voie.

C’est ir­res­pon­sable. C’est in­sen­sé. C’est dan­ge­reux et sur­tout illé­gal.

Le temps de voir clair dans l’en­quête ins­ti­tuée par les images ti­rées du cel­lu­laire d’un pas­sa­ger, elle a été sus­pen­due. J’es­père qu’elle se­ra vi­rée. Illi­co. À quoi pensent les gens?

ET CE POIDS LOURD

Dé­jà que de tex­ter au vo­lant c’est ir­res­pon­sable, c’est in­sen­sé.

Dé­jà que de ris­quer une contra­ven­tion, ou pire, un ac­ci­dent, lorsque l’on conduit une voi­ture, ima­gi­nez les risques dans un vé­hi­cule lourd.

Alors que je voyais ces images de la conduc­trice d’au­to­bus lun­di soir, mar­di ma­tin, je me rends à Val­ley­field pour une oc­cu­pa­tion pro­fes­sion­nelle.

Sur l’au­to­route 20, peu avant 7 h le ma­tin, je vois ce poids lourd tan­guer, de gauche à droite, tout juste de­vant moi. Ac­cé­lé­rer. Ra­len­tir. Conduire de ma­nière er­ra­tique. De­ve­nir un dan­ger pu­blic. Une arme sur 18 roues.

Je me risque à le dé­pas­ser pour évi­ter d’être trop dans son gi­ron.

Et je vois cette tête de pie, pen­chée sur son cel­lu­laire, ou son pad, ou une re­vue, ou al­lez sa­voir.

Je me fous de sa­voir ce qu’il consulte. Je veux juste pou­voir em­prun­ter la route sans pen­ser que je pour­rais me ra­mas­ser avec un vé­hi­cule pe­sant des mil­liers de tonnes dans mon pa­re­choc.

C’est la mort as­su­rée pour moi. Pour mes pas­sa­gers, mes en­fants, pour les vé­hi­cules dans les alen­tours. Mais pas pour ce haut ju­ché chauf­feur qui avait l’air de se foutre de ce qui se pas­sait au­tour de lui.

Et, mal­heu­reu­se­ment il n’est pas le seul. C’est dé­plo­rable.

Alors la pro­chaine fois qu’il li­ra au vo­lant de sa ma­jes­tueuse ma­chine, j’es­père que ce se­ra cet édi­to­rial.

J’es­père qu’il se ren­dra compte que la route ne lui ap­par­tient pas à lui plus qu’à ces mil­lions d’autres uti­li­sa­teurs.

ET DANS LA COUR D’ÉCOLE

En­fin, je veux dé­crier la ma­nière d’agir de cer­tains pa­rents aux abords des cor­ri­dors sco­laires.

Une fois leur pro­gé­ni­ture en lieu sûr, cer­tains ath­lètes de haute vol­tige de­viennent des pi­lotes de haut ni­veau. Ils sla­loment, contournent, doublent tout ce qui se trouve dans leur champ de vi­sion. Tou­jours dans la cour d’école ou dans les rues ad­ja­centes.

Est-ce qu’il fau­drait vous ap­plau­dir? Ou plu­tôt joindre les po­li­ciers pour qu’ils sur­veillent de plus près les abords des écoles le ma­tin?

Parce qu’on n’en voit pas sou­vent des po­li­ciers près des écoles.

Il fau­drait peut-être as­su­rer une pro­tec­tion et une sur­veillance.

Pas be­soin d’émettre des contra­ven­tions. Juste une pré­sence apai­sante. Par­fois le vé­hi­cule blanc, or­né de gy­ro­phares fait lon­gue­ment ré­flé­chir les cow­boys des pe­tites rues.

Mais en­core faut-il, pour cha­cun des cas ci­tés, que la vo­lon­té parte du conduc­teur même. Du cy­cliste, du ca­mion­neur, de la chauf­feuse d’au­to­bus, de l’au­to­mo­bi­liste. Cha­cun doit prendre conscience de la pré­sence des autres. YANICK MICHAUD

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