Sau­vée in ex­tre­mis par une greffe

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Tam­my —À DEUX DOIGTS DE LA MORT

Tit­ley, dès l’ado­les­cence, a dû conju­guer avec une ma­la­die peu ré­pan­due, une hé­pa­tite au­to-im­mune, une hé­pa­tite dite chro­nique ac­tive. Au­to im­mune in­dique une at­taque du sys­tème im­mu­ni­taire sur une autre par­tie du corps, dans ce cas-ci, le foie. Au Qué­bec, il n’y a que cinq femmes qui souffrent ac­tuel­le­ment de cette ma­la­die. « Ma vie, dès l’âge de 15-16 ans, a été chan­gée à ja­mais.

Au fil du temps, une cir­rhose s’est ins­tal­lée, et ce, mal­gré la mé­di­ca­tion pres­crite (pred­ni­sone et imu­ran) », ra­con­tet-elle. Nor­ma­le­ment, l’es­pé­rance de vie, pour une per­sonne at­teinte de cette ma­la­die, est de 20 ans au maxi­mum. « Mais j’ai com­po­sé avec cette ma­la­die de 1989 jus­qu’à 2016 soit pen­dant 27 ans grâce à une mé­di­ca­tion adé­quate et un sui­vi plus que ré­gu­lier », ex­plique Tam­my Tit­ley.

En mai 2016, la gas­troen­té­ro­logue ré­vèle à Tam­my que seule une greffe du foie pour­ra lui sau­ver la vie. « La mé­di­ca­tion n’était plus suf­fi­sante pour as­su­rer ma sur­vie », dit-elle. L’été et une par­tie de l’au­tomne ont été les pires mo­ments de la vie de Tam­my Tit­ley. « J’étais tel­le­ment ma­lade, faible, fa­ti­guée, amai­grie. J’étais at­teinte d’une jau­nisse et d’une en­cé­pha­lo­pa­thie hé­pa­tique. Je dé­cli­nais de jour en jour sous les yeux de mon en­tou­rage. Tous m’ont vu perdre une par­tie de mon au­to­no­mie, de­ve­nir confuse, dor­mir constam­ment. La vie quit­tait mon corps, comme un souffle. J’étais lit­té­ra­le­ment aux portes de la mort et j’avais peur de mou­rir », dé­crit-elle tout en sou­li­gnant qu’elle s’as­su­rait de se don­ner une image po­si­tive pour moins in­quié­ter sa fa­mille.

MI­RACLE

Ren­due au bout de ses li­mites, Tam­my Tit­ley a été pla­cée sur une liste d’at­tente pour une greffe du foie. Une se­maine avant, on ne lui don­nait qu’une ving­taine de jours à vivre. « Dès que j’ai été pla­cée sur la liste, mon nom s’est re­trou­vé en prio­ri­té », fait-elle re­mar­quer.

Dé­jà de trou­ver un don­neur et un foie, n’est pas fa­cile, mais en plus, Tam­my Tit­ley est do­tée d’un groupe san­guin très rare soit B+.

Tam­my Tit­ley se sou­vien­dra toujours de la date fa­ti­dique soit le 27 oc­tobre 2016, mo­ment où elle a re­çu le don de vie grâce à la gé­né­ro­si­té ex­cep­tion­nelle d’une fa­mille qui a ac­cep­té qu’un don d’or­gane soit ef­fec­tué. Je n’ai at­ten­du que six jours. Si je n’avais pas eu une greffe aus­si vite, mon nom se se­rait re­trou­vé sur la liste ca­na­dienne. Je me consi­dère ex­trê­me­ment chan­ceuse. La chi­rur­gie s’est très bien pas­sée et dès mon ré­veil, je me suis sen­tie comme un pa­pillon qui sor­tait de son co­con, je me sen­tais re­naître. J’avais droit à une deuxième chance et il n’y avait pas de mots as­sez grands pour ex­pri­mer mon éter­nelle re­con­nais­sance », ré­sume Tam­my Tit­ley, bien connue à Ri­vière-Beau­dette où elle agit en tant que conseillère mu­ni­ci­pale.

Cette der­nière a d’ailleurs écrit à la fa­mille du don­neur, par le biais de Trans­plant Qué­bec, pour la re­mer­cier de leur gé­né­ro­si­té et leur com­pré­hen­sion.

L’his­toire de Tam­my Tit­ley, de Ri­vière-Beau­dette est tout sauf ba­nale, au point où l’on au­rait pu faire un do­cu-film sur son ex­pé­rience.

NOU­VELLE VIE

Au­jourd’hui, Tam­my Tit­ley se consi­dère chan­ceuse d’être en vie. « Adop­ter un nou­veau style de vie n’est pas fa­cile. Je dois suivre une mé­di­ca­tion des plus strictes et un sui­vi plus que ré­gu­lier sans ou­blier toutes les re­com­man­da­tions et res­tric­tions.» Par exemple? « Dans un buf­fet, je ne peux me ser­vir dans des plats où d’autres per­sonnes se sont ser­vies. Je dois être la pre­mière ou avoir des plats à part », de jus­ti­fier Tam­my.

Et là, elle ne parle pas de la quan­ti­té de mé­di­ca­ments qu’elle doit prendre. « Ce­la me coûte près de 656 $ de mé­di­ca­ments par se­maine, et je suis en­core en train de m’y adap­ter à cette mé­di­ca­tion. Mais tout ce­la est mieux que de ne plus être là », confie Tam­my Tit­ley qui est heu­reuse de pou­voir as­sis­ter à la gra­dua­tion de sa plus jeune fille au cé­gep. L’IM­POR­TANCE DU DON D’ORGANES À la fin du mois d’avril, Trans­plant Qué­bec sou­li­gnait la Se­maine na­tio­nale du don d’organes et de tis­sus et Tam­my Tit­ley ne ces­se­ra ja­mais de sen­si­bi­li­ser le pu­blic à l’im­por­tance du don d’organes.

« La moyenne de temps d’at­tente pour un foie en 2016 est de 202 jours. J’ai at­ten­du 6 jours. Il y a eu 104 per­sonnes en at­tente d’un foie dont 99 per­sonnes ont été gref­fées. On compte 40 dé­cès de per­sonnes en at­tente. On en­re­gistre seule­ment 170 don­neurs d’organes au Qué­bec en 2016 sur une po­pu­la­tion de plus de 8 mil­lions », men­tionne Tam­my Tit­ley. Celle-ci rap­pelle que des gens at­tendent toujours une greffe. « J’ai ap­pris ré­cem­ment qu’une per­sonne, dont je sui­vais le che­mi­ne­ment, ve­nait de mou­rir faute d’une greffe. C’est tel­le­ment triste », dé­plore-t-elle.

« C’est parce que quel­qu’un a si­gné sa carte que j’ai pu avoir vie sauve, mais en­core faut-il que la fa­mille donne son ap­pro­ba­tion et elle l’a fait. Il convient d’aver­tir­la fa­mille lors­qu’on ac­cepte de faire un don d’organes », af­firme Tam­my Tit­ley qui rap­pelle éga­le­ment l’im­por­tance de don­ner du sang.

En conclu­sion, la mi­ra­cu­lée te­nait à af­fir­mer qu’il est pri­mor­dial de toujours don­ner es­poir aux gens at­teints d’une ma­la­die et qui sont en at­tente d’une greffe. « Et puis, n’hé­si­tez pas à ex­pri­mer vos sen­ti­ments aux per­sonnes qui vous en­tourent », lance-t-elle en re­mer­ciant du fond du coeur sa fa­mille, son conjoint, qui au­rait tout fait pour elle, et son en­tou­rage en gé­né­ral pour un sou­tien in­dé­fec­tible. STÉPHANE FORTIER

PHO­TO STÉPHANE FORTIER

Tam­my Tit­ley, une vé­ri­table mi­ra­cu­lée, qui doit la vie à un don d’organes.

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