Les mêmes poches et le désen­ga­ge­ment

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Cette fin de se­maine se —ÉDITORIAL te­nait le Re­lais pour la Vie dans Vau­dreuil-Soulanges. À Saint-La­zare. Le même soir, on vi­rait à vélo dans les rues de Val­ley­field pour la Fon­da­tion de l’Hô­pi­tal du Su­roît.

Plus tard cette se­maine, on se re­laie­ra à nou­veau, cette fois à Val­ley­field, puis on le fe­ra à Beau­har­nois le 9 juin. Pour une cause fort noble, la lutte contre le can­cer. Vile ma­la­die.

Lun­di, on jouait au golf pour la Mai­son de soins pal­lia­tifs, et on le re­fe­ra à de nom­breuses re­prises cet été. Pour un nombre in­cal­cu­lable de causes.

Il y a quelques se­maines, on le­vait notre verre à la san­té de la Fon­da­tion de l’Hô­pi­tal de Vau­dreuil-Soulanges. Fu­tur hô­pi­tal. Il s’en vient. N’ayez crainte. Puis on man­geait du spa­ghet­ti pour les jeunes, les femmes, les spor­tifs, les op­ti­mistes, les aî­nés.

Toutes des causes que j’em­brasse. Mais toutes des causes qui se mul­ti­plient et qui font en sorte que le ci­toyen pige tou­jours dans sa poche pour en­cou­ra­ger les mul­tiples as­so­cia­tions, or­ga­nismes, équipes qui ef­fec­tuent des le­vées de fonds. Elles sont de plus en plus nom­breuses, et ça pa­raît.

Les ré­sul­tats en souffrent.

Le Re­lais pour la Vie a ré­col­té la somme de 140 000 $. C’est fort bien. Mais on a dé­jà ré­col­té beau­coup plus que 200 000 $. Il y a quelques an­nées. Le Sa­lon des Vins a en­gran­gé 75 000 $. La moi­tié de la somme ira aux si­nis­trés des inon­da­tions. Bra­vo. J’ap­plau­dis haut et fort. Mais on vi­sait 100 000 $. Les gens ont moins d’ar­gent. Ils donnent, ils sont gé­né­reux, mais ils ne dis­posent pas de fonds in­épui­sables.

DÉSEN­GA­GE­MENT

Dans cer­tains cas, on doit se rendre à l’évi­dence que la cause est ex­cep­tion­nelle. Qu’elle nous touche et que nous vou­lons don­ner pour of­frir un monde meilleur. Les en­fants ma­lades, je donne. La lutte au can­cer, je donne. La Fon­da­tion de l’Hô­pi­tal, j’offre en­core ce que je peux.

Mais par­fois, on doit se dire que le gou­ver­ne­ment de­vrait re­ve­nir à la source et ces­ser de se désen­ga­ger. C’est un confrère, ani­ma­teur et jour­na­liste, Yves, qui me men­tion­nait que les Fon­da­tions n’ont pas à ra­mas­ser de l’ar­gent pour faire l’étage complet d’un hô­pi­tal. C’est le tra­vail du gou­ver­ne­ment de le faire. Les Fon­da­tions servent à se pro­cu­rer des équi­pe­ments spé­cia­li­sés qui servent dans les écoles. Pas à re­faire l’étage au complet. On se trompe?

Les écoles n’ont pas à vendre de cho­co­lat pour re­faire les cours de ré­créa­tion. Pour en­jo­li­ver les parcs et mo­dules de jeu. Non?

Les Mai­sons de soins pal­lia­tifs ne de­vraient pas avoir à ré­col­ter main­te­nant près de 2 M$ par an­née pour s’as­su­rer de leur pé­ren­ni­té. Ils de­vraient avoir un ap­pui plus for­mel des gou­ver­ne­ments. Un ap­pui fi­nan­cier sub­stan­tiel.

PAS UN BLÂME

Un ins­tant. Bais­sez les bou­cliers.

Je ne blâme pas les or­ga­nismes, les fon­da­tions, les équipes spor­tives.

Ils ont be­soin d’ar­gent. Be­soin d’avan­cer, d’of­frir des ser­vices à la po­pu­la­tion. De m’of­frir des ser­vices, à moi, mes en­fants, ma com­mu­nau­té. Je conti­nue­rai de me faire ra­ser pour Leu­can et de don­ner à ceux qui se rasent les che­veux.

Je don­ne­rai pour les si­nis­trés des inon­da­tions, pour les gens qui tentent de ga­gner leur lutte contre le can­cer, du sein, de la pros­tate ou des autres. Je pi­ge­rai dans ma poche pour lut­ter contre les ma­la­dies men­tales, le sui­cide, l’Alz­hei­mer.

Mais je me dis qu’un jour, il fau­dra faire un exa­men gé­né­ral de la si­tua­tion. Se po­ser la ques­tion sur la ma­nière de se fi­nan­cer. Si les sorties d’ar­gent sont plus nom­breuses que les en­trées, il y au­ra un pro­blème.

Est-ce que le gou­ver­ne­ment doit en faire plus? Est-ce qu’il le peut? C’est une autre ques­tion.

C’est beau de dire que le gou­ver­ne­ment doit al­ler pi­ger dans le sac, mais ce porte-feuille, c’est nous qui le rem­plis­sons d’une ma­nière ou d’une autre. Quelle est-elle cette so­lu­tion?

Des pistes quel­qu’un...

CONCERT-BÉ­NÉ­FICE

J’en pro­fite pour vous dire qu’il y au­ra un concert pré­sen­té au pro­fit des si­nis­trés de la ré­gion le ven­dre­di 9 juin à Ri­gaud. Nous irons. J’irai. Nous sommes gé­né­reux et al­truistes.

Il faut ai­der son pro­chain et nous ne ces­se­rons pas de le faire, tant qu’il se­ra pos­sible d’en faire au­tant.

C’est comme ça, on est fins.

YA­NICK MI­CHAUD

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