Il faut prendre soin des abeilles, car notre ave­nir en dé­pend

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

En pas­sant, le nom de la ferme —NA­TURE a été pui­sé à même la pe­tite his­toire de Pointe-For­tune puisque ce vil­lage était au­pa­ra­vant ap­pe­lé Pe­tites-Écorces, (si­gni­fiant es­car­pe­ment d’une côte) et, plus tard, Pe­tit-Ca­rillon.

Au cours de l’été, les vi­si­teurs se­ront in­vi­tés à vi­si­ter le site de la ferme et ses dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés dont une qui se veut des plus fas­ci­nantes, l’api­cul­ture. À la Ferme Les Pe­tites Écores, les abeilles, c’est l’af­faire d’Éric Bé­lan­ger. « C’est un ha­sard, si je suis de­ve­nu api­cul­teur. À l’ori­gine, je me des­ti­nais au do­maine de l’in­for­ma­tique, mais dès l’ins­tant où mon père a fait l’ac­qui­si­tion de la terre en 2007, je m’y suis in­té­res­sé et suis al­lé étu­dier au Cé­gep d’Al­ma pour suivre une for­ma­tion en ex­ploi­ta­tion d’une en­tre­prise api­cole », re­late Éric Bé­lan­ger d’en­trée de jeu, lui qui à l’ori­gine, ne vou­lait que se créer un em­ploi d’été pour payer ses études en in­for­ma­tique.

C’est lors de cette for­ma­tion qu’il a vrai­ment eu la pi­qûre pour l’api­cul­ture. Tout a com­men­cé avec une ving­taine de ruches en 2009 et, en 2012, il en était à 80 ruches. « Nous de­vrions dis­po­ser de 180 ruches au cours de l’été », an­nonce-t-il. Et quand on sait qu’une ruche abrite 50 000 abeilles, faites le cal­cul. On parle de 9 mil­lions d’abeilles à la ferme pointe-for­tu­naise.

LES ABEILLES EN DAN­GER?

Éric Bé­lan­ger a dé­ve­lop­pé une pas­sion pour les abeilles, des êtres très so­ciaux, très or­ga­ni­sés et très in­tel­li­gents et ayant dé­ve­lop­pé un mode de com­mu­ni­ca­tion très so­phis­ti­qué. Les siennes sont ori­gi­naires d’Ita­lie et de Russie. « En fait, toutes les abeilles pour la pro­duc­tion de miel des­ti­née au consom­ma­teur au Qué­bec sont ori­gi­naires d’autres pays. Elles sont de­ve­nues des abeilles du Qué­bec avec le temps », d’ex­pli­quer l’api­cul­teur. Bien sûr, il y a tou­jours eu des abeilles au Qué­bec comme par­tout ailleurs dans le monde. Leur pré­sence sous forme de fos­sile re­monte à 40 mil­lions d’an­nées. C’est tout dire. UN RÔLE CA­PI­TAL

Le rôle des abeilles est pri­mor­dial pour l’équi­libre éco­lo­gique de­la pla­nète et la sur­vie de tout être vi­vant. La pré­sence de ruches amé­liore la pro­duc­ti­vi­té d’une foule de cultures (bleuets et autres pe­tits fruits, pom­miers, ca­no­la, can­ne­berges, to­mates, concombres et courges, etc.). L’abeille do­mes­tique est l’in­secte pol­li­ni­sa­teur le plus abon­dant dans les ré­gions agri­coles du Qué­bec. La pol­li­ni­sa­tion per­met d’aug­men­ter le ren­de­ment des cultures par la quan­ti­té des fruits pro­duits et par leur taille. Elle amé­liore la forme des fruits et lé­gumes et leur du­rée de conser­va­tion. Pour­tant, de­puis quelques an­nées on parle de plus en plus des abeilles comme d’une es­pèce en dan­ger. Qu’en est-il vrai­ment? Près de 85 % de ce que l’on mage est le ré­sul­tat du travail d’in­sectes pol­li­ni­sa­teurs, dont les abeilles en grande par­tie.

« Il y a une aug­men­ta­tion de la culture bio­lo­gique où l’on re­trouve moins de pes­ti­cides. Ain­si, les abeilles ont plus de chance de trou­ver ce dont elles ont be­soin sans dan­ger », ex­plique un Éric Bé­lan­ger plus op­ti­miste. In­ci­dem­ment, Vau­dreuilSou­langes est une ré­gion où se fait beau­coup de culture bio­lo­gique.

Se­lon Éric Bé­lan­ger, la po­pu­la­tion, et l’hu­main en gé­né­ral, est cons­cient du dan­ger qu’en­gen­dre­rait la dis­pa­ri­tion des abeilles. « Culti­ver des plantes mel­li­fères pro­dui­sant de bonnes quan­ti­tés de nec­tar et de pol­len de bonne qua­li­té, et ac­ces­sibles par les abeilles, est sans doute la meilleure fa­çon de les ai­der », in­dique Éric Bé­lan­ger. En ef­fet, les abeilles sont tou­jours à la re­cherche de fleurs afin de com­bler leur be­soin en nec­tar et pol­len. Lors­qu’elles trouvent de

Culture de l’ar­gou­sier, lé­gumes du jar­din, api­cul­ture et, de­puis cette an­née, agro­tou­risme, la Ferme Les Pe­tites Écores à Pointe-For­tune a su se di­ver­si­fier, de­puis sa créa­tion en 2009 et trans­for­mée en en­tre­prise fa­mi­liale en 2013.

grandes va­rié­tés de fleurs, elles s’em­pressent de pas­ser le mot afin d’en pro­fi­ter au maxi­mum. Par­mi les plantes mel­li­fères, on re­trouve no­tam­ment l’Avoine, la Co­riande et le Sar­ra­sin.

« À long terme, tout de­vrait bien se pas­ser, vous sa­vez, les abeilles ont sur­vé­cu pen­dant des mil­lions d’an­nées. Elles ont tou­jours su s’adap­ter », fait re­mar­quer Éric Bé­lan­ger tout en ad­met­tant du même souffle qu’elles sont tou­jours en dan­ger et qu’il faut en prendre soin. En at­ten­dant, si une vi­site de la Ferme Les Pe­tites Écores et goû­ter du miel vous in­té­resse, al­lez vi­si­teur leur site web pour en sa­voir plus.

STÉ­PHANE FOR­TIER

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À la Ferme Les Pe­tites Écores de Pointe-For­tune, on compte des ruches re­grou­pant pas moins de 9 mil­lions d’abeilles.

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Éric Bé­lan­ger a dé­ve­lop­pé une vé­ri­table pas­sion pour l’api­cul­ture.

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