Une pièce drôle, that’s it, that’s all

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

L’ex­pres­sion —THÉÂTRE DES CAS­CADES « That’s it, that’s all », ser­vie à maintes re­prises par le per­son­nage de Gas­ton Cloutier, nous trotte en tête long­temps après la re­pré­sen­ta­tion. Peut-être parce que c’est sur cette ré­plique que se ter­mine la pièce après deux heures de rires, de si­tua­tions in­con­grues et de jeux de mots dé­li­cieux : Le mois de juillet est la sai­son morte; Faites le mort; T’es belle à mort. On dé­couvre que la mort peut nous faire rire plus qu’on pense. La met­teure en scène Jo­sée Des­chênes a bien réus­si son pa­ri de nous faire rire avec une his­toire qui se dé­roule dans un sa­lon fu­né­raire.

QUELLE HIS­TOIRE!

Ren­con­trés une semaine avant la pre­mière, les co­mé­diens et la met­teure en scène avaient de la dif­fi­cul­té à ré­su­mer la pièce, qui s’ins­talle tout l’été dans l’un des plus beaux théâtres d’été du Qué­bec. Après avoir dé­cou­vert cette his­toire des plus far­fe­lues, on com­prend mieux leur désar­roi lors­qu’on leur demande le sy­nop­sis de la pièce écrite par Jo­na­than Ga­gnon. La pièce s’ouvre sur une scène où l’on ren­contre le mal­hon­nête et dro­gué Dr Beau­chesne, in­ter­pré­té par Fran­çoisXa­vier Du­four. On com­pren­dra ra­pi­de­ment qu’il s’est aco­qui­né avec Gas­ton Cloutier et son ap­pren­ti Sté­phane Trem­blay du sa­lon fu­né­raire pour que cha­cun tire un pro­fit mo­né­taire de la mort de cer­tains pa­tients. L’his­toire est un peu longue à dé­mar­rer, alors que la pre­mière scène se dé­roule dans un dé­cor épu­ré com­po­sé d’un bu­reau et d’un ri­deau blanc. Par contre, on tombe tout de suite en amour avec le per­son­nage de M. Du­bois, in­ter­pré­té par Jean-Pierre Char­trand, dès son ar­ri­vée dans le bu­reau du doc­teur. Sa naï­ve­té, son non-ver­bal et ses er­reurs de mots sont sa­vou­reux, comme lors­qu’il af­fir­me­ra, plus tard dans la pièce, qu’il n’a pas be­soin d’un cer­cueil, car il sou­haite être « in­sé­mi­né ».

Les rires de la salle et la longue ova­tion en fin de spec­tacle, lors de la pre­mière de la pièce Ciao pa­pa! au Théâtre des Cas­cades, ven­dre­di der­nier, prouvent que la pièce se­ra un suc­cès.

That’s it, that’s all!

BUR­LESQUE À SOU­HAIT

C’est lorsque l’ac­tion se dé­place dans le la­bo­ra­toire de tha­na­to­lo­gie du sa­lon fu­né­raire qu’elle dé­colle à vive al­lure. On y fait la connais­sance de Sté­phane Trem­blay, joué par François L’Écuyer, qui se parle à lui-même, pique une ja­sette aux morts et met la mu­sique dans le ta­pis pour nous faire une dé­mons­tra­tion de son ta­lent de dan­seur. Le voir dan­ser sur un cer­cueil, donne le ton à la soi­rée. Comme le per­son­nage, le pu­blic lâ­che­ra son fou et ri­ra de bon coeur, même du par­rain de la ma­fia qui n’a plus de vi­sage. En par­lant de faces, François L’Écuyer en sert toute une bro­chette au grand plai­sir des spec­ta­teurs. Tout est exa­gé­ré, dont l’ac­cent de Ti­no, le fils du par­rain, qui veut une somp­tueuse cé­ré­mo­nie pour son père. Le co­mé­dien Daniel Tho­mas, pe­tite croix dans le cou et sou­liers ver­nis, s’en donne à coeur joie dans les sté­réo­types pour per­son­ni­fier ce per­son­nage ita­lien, qui est tom­bé amou­reux de la belle Cyn­di. Cette der­nière, in­ter­pré­tée par Ma­rie-Pier La­brecque, se re­trouve coin­cée entre son beau To­ni et son amant Gas­ton Cloutier, qui est éga­le­ment son pa­tron. De son cô­té, le co­mé­dien Ro­ger Lé­ger s’est en­lai­di pour jouer le rôle du pro­prié­taire du sa­lon fu­né­raire Cloutier : gros ventre, che­veux grais­seux et dé­marche exa­gé­rée, sans comp­ter qu’il trans­pire la mal­hon­nê­te­té. On com­prend Cyn­di de vou­loir s’en­fuir à Mexi­co avec son bel Ita­lien, plu­tôt qu’avec lui. Ro­ger Lé­ger n’en est pas à sa pre­mière pres­ta­tion dans une pièce de théâtre d’été, il est d’ailleurs pro­prié­taire du Théâtre des Cas­cades de­puis sept ans. Il maî­trise par­fai­te­ment le style : au diable le réa­lisme, bien­ve­nus à l’exa­gé­ra­tion et au plai­sir. On re­trouve dans la mise en scène de Jo­sée Des­chênes, une touche de la cé­lèbre sé­rie La Pe­tite vie dans la­quelle elle jouait : des pres­ta­tions mu­si­cales, des traits de ca­rac­tère exa­gé­rés, des jeux de mots et des per­son­nages at­ta­chants et co­lo­rés… Le rythme de l’ac­tion est ex­cellent. La salle s’amuse, ne voit pas le temps pas­ser et rit beau­coup. C’est ce qu’on es­père d’un bon di­ver­tis­se­ment es­ti­val. That’s it, thats’all.

— CA­RO­LINE BO­NIN

PHO­TOS CA­RO­LINE BO­NIN

Le per­son­nage de Cyn­di est pris entre son amant Gas­ton Cloutier et son beau Ti­no.

La pièce est pon­tuée de chan­sons, dont l’une où François L’Écuyer se dé­hanche sur un cer­cueil.

La pièce s’ouvre dans le bu­reau du Dr Beau­chesne avec le per­son­nage de M. Du­bois.

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