Prê­cher à des convertis

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Nous pour­rions en —ÉDI­TO­RIAL dis­cu­ter en long et en large.

Tiens, on pour­rait se don­ner ren­dez­vous dans un ca­fé ou un pub et ja­ser. On par­le­rait de cette femme qui a poi­gnar­dé sa fillette. Cette en­fant, douce, sans dé­fense, âgée de 7 ans. Sept. On se cho­que­rait. Vous et moi. Cho­qués noirs. On crie­rait des in­sultes, on la trai­te­rait de nom. Puis on la vi­li­pen­de­rait sur la place pu­blique.

Mais ça n’ar­ri­ve­ra pas comme ça. Cette femme a en­le­vé la vie de sa propre fillette et elle a été ju­gée non criminellement res­pon­sable de son geste. Elle n’était pas consciente de son geste, ou de ses gestes au mo­ment des faits. Ses gestes, parce que c’est à de nom­breuses re­prises qu’elle a poi­gnar­dé l’en­fant. Frêle, pe­tite, en py­ja­ma, cou­chée dans son lit.

Tu te lèves, tu em­poignes une arme et tu tues ta fille. Tu fais pé­né­trer un ob­jet conton­dant à de nom­breuses re­prises dans son corps.

On au­ra beau ten­ter de me faire croire à une foule de choses. Alié­na­tion, ma­la­dies, troubles, je ne peux m’en­le­ver de la tête que tu ne peux pas faire ça. Poi­gnar­der un être hu­main. Poi­gnar­der ta fille. La chair de ta chair.

Les éva­lua­tions ont été faites et on a ju­gé qu’elle n’était pas apte au mo­ment du meurtre. De l’in­fan­ti­cide.

Quand même j’en par­le­rais ici. Quand même nous irions prendre un ca­fé ou huit bières en­semble, nous ne pour­rions chan­ger les choses.

Les faits se sont pas­sés et la der­nière chose que cette en­fant a vu, c’est celle qui était sen­sée la pro­té­ger des aléas de la vie, sa mère, lui en­le­ver la vie. Vous et moi, je sais ce que nous en pen­sons. Et je sais aus­si que je re­ce­vrai des cour­riels de psy­cho­logues, de psy­chiatres, d’in­ter­ve­nants qui me di­ront que ça peut ar­ri­ver à tout le monde. Qu’on ne peut pré­voir ce qui va ar­ri­ver quand on sombre dans une dé­pres­sion. Qu’elle ne sa­vait plus ce qu’elle fai­sait. Abs­te­nez-vous cette fois. Je sais ce que c’est. Mais je sais aus­si que ça ne ra­mè­ne­ra pas ce pe­tit ange.

Que des in­ter­ve­nants au­raient dû agir. Que le père de la fillette avait fait des dé­marches et qu’elles n’ont pas abou­ti. Qu’il s’est heur­té à des portes closes, des ré­pon­deurs et des bu­reaux fer­més. Que cette femme et que le sys­tème sont ma­lades. J’ar­rête, car je suis dé­jà cho­qué et je sais que vous aus­si. MAIS QU’EST-CE QUE JE DI­SAIS Mais je dé­sire chan­ger de su­jet. Je veux m’adres­ser à ce lec­teur in­con­nu, cri­tique, mais sur­tout ano­nyme. Cette per­sonne qui me fait par­ve­nir, sans se pré­sen­ter, mes éditoriaux, dé­cou­pés mal­adroi­te­ment, avec des ins­crip­tions sur mon écri­ture. Ma ma­nière de faire, mon style. D’ha­bi­tude, je re­mer­cie les gens pour les cri­tiques construc­tives.

Mais cette fois je ne le fe­rai pas. Pre­miè­re­ment parce que vous êtes in­con­nu jus­qu’à ce que vous dai­gnez si­gner vos mis­sives.

En­suite parce que lors­qu’on dé­sire re­prendre quel­qu’un sur son écri­ture, on ne le fait pas de cette ma­nière : Adop­tons une écri­ture d’adulte!!!

À moin de par­ler, ou écrire comme on marche!!! Les « MAIS ». Inu­tile trop sou­vent ils sont des (condi­tions), condi­tions!!!

La su­ru­ti­li­sa­tion des points d’ex­cla­ma­tion. Ça, c’est adulte. Et on met tou­jours un s au mot moins. Et per­so, j’au­rais op­té pour un d’ avant le verbe écrire. Ça au­rait mieux son­né : À moins de par­ler ou d’écrire. Mais, vous l’écri­vez comme vous vou­lez. C’est vous l’adulte. À votre pro­chain en­voi, si­gnez votre nom. On se don­ne­ra ren­dez-vous dans un ca­fé ou un pub et on pren­dra le temps de ja­ser de notre langue, entre adultes.

Et de prendre un ca­fé ou huit bières. ROU­LER EN SÉ­CU­RI­TÉ

Sur une autre note, ma col­lègue Ca­ro­line pré­pare un dos­sier sur la sé­cu­ri­té rou­tière dans Vau­dreuil-Soulanges. Elle a re­çu énor­mé­ment de com­men­taires sur des coins dan­ge­reux, sur des routes où les vé­los et les au­to­mo­bi­listes s’af­frontent constam­ment dans une course qui risque de mal se ter­mi­ner. Vous avez tous un en­droit qui vous fait fré­mir juste à l’idée de l’em­prun­ter. Une rue trop étroite, une piste cy­clable qui em­piète sur la voie, une au­to­route qui passe en mi­lieu ur­bain à trop courte proxi­mi­té des pié­tons.

Vous pou­vez lui écrire au cbo­nin@vi­va­me­dia.ca pour lui faire connaître cet en­droit in­adé­quat.

Entre-temps je vous sou­haite une ex­cel­lente Fête na­tio­nale. Célébrez notre Qué­bec. Fê­tez, amu­sez-vous, mais sur­tout gar­dez nos routes sé­cu­ri­taires. Et si ça vous tente, ap­pe­lez-moi, on ira prendre huit bières au pub.

YA­NICK MI­CHAUD

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