Une co­ha­bi­ta­tion vi­vable

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

— Gilles Bes­ner connaît bien le ter­ri­toire et le vé­lo,

VÉ­LO il peut men­tion­ner de nom­breux en­droits et si­tua­tions à haut risque pour les cy­clistes, dont Hen­ry-Ford à Vau­dreuil-Do­rion, Har­wood entre Saint-Jean-Bap­tiste et le pont Ta­sche­reau, la piste bi­di­rec­tion­nelle sur l’ave­nue Saint-Charles à Vau­dreuil-Do­rion, le bou­le­vard Ci­té-des-Jeunes, le che­min de l’Anse, la 325, les in­ter­sec­tions en ville et les voi­tures qui sortent des sta­tion­ne­ments.

« Le che­min de l’Anse à Hud­son est une route pit­to­resque, sauf que ça n’a au­cun sens com­ment c’est dé­fon­cé. C’est dan­ge­reux parce qu’en rou­lant à 30 km/h, tu dois évi­ter les trous, mais il y a des voi­tures qui s’en viennent. Je ne me mets ja­mais sur le bord de la route quand elles sont vrai­ment abî­mées. Je me mets à 4 ou 5 pieds du bord pour me lais­ser une marge de ma­noeuvre. Je sauve ma vie », d’ex­pli­quer Gilles Bes­ner.

PLUS D’AGRES­SI­VI­TÉ

Même s’il y a plus de cy­clistes sur la route, Gilles Bes­ner ne consi­dère pas que les conflits entre voi­tures et vé­los aient aug­men­té. Par contre, les conduc­teurs agres­sifs le sont plus, se­lon lui. Il af­firme même s’être fait lan­cer des can­nettes et des ci­ga­rettes ain­si que de s’être fait tas­ser par une voi­ture. « Ce­la fait 45 ans que je fais du vé­lo. Il y a tou­jours des cré­tins au­tant sur le vé­lo que dans les voi­tures, mais en gé­né­ral ça va bien. Les gens disent sou­vent que les cy­clistes ne font pas leur stop. C’est évident, on est sur notre erre d’al­ler, on passe s’il n’y a pas de voi­ture. S’il y a des voi­tures qui se pré­sentent, on ar­rête ou l’on ra­len­tit. Je di­rais que 9 fois sur 10, les au­to­mo­bi­listes nous font un signe de pas­ser. Je ne manque ja­mais de sa­luer les gens », lance Gilles Bes­ner, croyant que la cour­toi­sie est la base. Se­lon lui, il n’y a ja­mais eu au­tant de cy­clistes sur la route que de­puis 10 ans, car le vé­lo est un phé­no­mène de so­cié­té, pas seule­ment au Qué­bec, mais à tra­vers le monde.

QUES­TION D’ES­PACE

S’il n’est pas vrai­ment crain­tif sur la route, le cy­cliste d’ex­pé­rience avoue avoir peur des voi­tures qui le frôlent lors­qu’il roule. L’es­pace pu­blic est à tout le monde. Le mes­sage doit être rap­pe­lé aux au­to­mo­bi­listes.

« J’ai écrit un édi­to­rial dans le ma­ga­zine Mu­ti­sports qui s’in­ti­tule Huit se­condes dans une jour­née. J’y rap­pelle juste d’at­tendre quelques se­condes que le cy­cliste qui est de­vant toi soit en sé­cu­ri­té », for­mule Gilles Bes­ner. Il y a plus d’ac­ci­dents en zone ur­baine, ce qui ne veut pas dire qu’en cam­pagne ce n’est pas dan­ge­reux, car le flot de vé­hi­cules peut être as­sez éle­vé et très ra­pide. » L’an­née der­nière, la So­cié­té de l’as­su­rance au­to­mo­bile du Qué­bec a lan­cé une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion pour rap­pe­ler aux au­to­mo­bi­listes de res­pec­ter une dis­tance de 1,5 mètre entre eux et les vé­los. Une pu­bli­ci­té que Gilles Bes­ner trouve très à-pro­pos. Le cy­cliste est obli­gé de l’avouer : il se sent plus en sé­cu­ri­té lors­qu’il roule en On­ta­rio qu’au Qué­bec. Pour­quoi? D’abord, parce que les routes sont plus belles. En­suite, parce que les au­to­mo­bi­listes font plus at­ten­tion aux cy­clistes.

Gilles Bes­ner, di­rec­teur gé­né­ral du Centre Mul­ti­sports et cy­cliste de­puis 45 ans, est bien pla­cé pour par­ler de la co­ha­bi­ta­tion entre les voi­tures et les vé­los.

CHOIX SÉ­CU­RI­TAIRES

Cer­tains amé­na­ge­ments aug­mentent la sé­cu­ri­té des cy­clistes, comme une piste cy­clable sé­pa­rée de la chaus­sée ou une piste cy­clable uni­di­rec­tion­nelle à droite de la chaus­sée. Des pic­to­grammes au sol in­di­quant que la voie est par­ta­gée sont aus­si un rap­pel simple et peu dis­pen­dieux, tout comme des bol­lards qui ré­duisent l’es­pace et rap­pellent aux au­to­mo­bi­listes de faire at­ten­tion aux pié­tons et aux cy­clistes.

« Tu sé­cu­rises tes routes, tu as plus de cy­clistes. Au Qué­bec, on est à l’Âge de pierre au ni­veau des amé­na­ge­ments. C’est sou­vent des gens qui ne font pas de vé­lo qui font des amé­na­ge­ments. Ça fait 20 ans que Vé­lo Qué­bec dit de ne pas faire des pistes bi­di­rec­tion­nelles sur une route. C’est dan­ge­reux, mais il y a en­core des villes qui le font. Il y a des villes aux États-Unis sur la Côte Ouest, qui sont for­mi­dables pour les pié­tons et les cy­clistes. Il y a un res­pect qui s’est im­plan­té et une culture qui s’est dé­ve­lop­pée », conclut Gilles Bes­ner, qui ai­me­rait bien voir la créa­tion d’un sous-co­mi­té de la sé­cu­ri­té rou­tière et de l’amé­na­ge­ment ur­bain à la MRC pour qu’il y ait une vi­sion glo­bale ain­si qu’une uni­for­mi­té dans la si­gna­li­sa­tion et la ré­gle­men­ta­tion dans la ré­gion.

— CA­RO­LINE BONIN

PHOTO CAROLI NEBON IN

De­vant l’école Pierre-El­liott-Tru­deau, a Ville de Vau­dreuil-Do­rion a été contrainte d’ins­tal­ler des bol­lards en dia­go­nale à l’in­té­rieur de a piste cy­clable pour em­pê­cher les au­to­mo­bi­listes de s’y sta­tion­ner.

PHOTO DA­NICK DENIS

Le che­min de l’Anse est une route pit­to­resque étant don­né e dé­cor et la vue, mais l’état de la chaus­sée et la vi­tess ed es vé­hi­cules aug­mentent l’insécurité des cy­clistes.

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