Un droit de ci­toyen que l’on doit uti­li­ser

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Je ne vous di­rai pas pour —ÉDI­TO­RIAL qui je vais vo­ter.

Ja­mais.

Et je ne vous di­rai pas non plus pour qui al­ler vo­ter.

Pas plus que ça ne m’in­té­resse de sa­voir pour qui vous al­lez vo­ter.

En se­cret, der­rière l’iso­loir.

Mais ce que je vais vous dire. Ce que je vais vous de­man­der, c’est d’al­ler vo­ter. Al­ler exer­cer votre droit, mais sur­tout, votre de­voir de ci­toyen.

C’est im­por­tant de le faire.

Pour avoir le droit de pou­voir in­ter­ve­nir dans les quatre pro­chaines an­nées au­près de vos élus.

D’in­ter­pel­ler votre maire, votre conseiller et de lui de­man­der quelque chose pour votre vie de quar­tier. Pour qu’il bouge en votre fa­veur, pour qu’il in­ter­vienne dans la vie so­ciale de votre fa­mille, de votre com­mu­nau­té. Pour qu’il vous re­pré­sente.

C’EST ENRAGEANT

Au Qué­bec, au Ca­na­da, c’est un droit que nous avons.

C’est ai­sé. Vous pre­nez dix, quinze mi­nutes de votre temps, à proxi­mi­té de la mai­son, pour al­ler faire une croix sur le can­di­dat de votre choix.

Et pour faire un X sur ce­lui qui vous plaît moins. (Je plai­sante. Ne faites pas ça, votre vote se­ra an­nu­lé.)

Vous avez une jour­née com­plète pour le faire et à l’in­té­rieur de celle-ci, la loi oblige votre em­ployeur à vous ac­cor­der quatre heures consé­cu­tives pour vous rendre à l’urne, y dé­po­ser votre bul­le­tin et croi­ser les doigts pour avoir fait le bon choix.

Fa­cile.

Pas comme dans ces pays op­pri­més. Ces gens bat­tus, mal­me­nés parce qu’ils dé­si­rent vo­ter.

Et mal­gré tout, j’ai en­ten­du au cours de la cam­pagne, des can­di­dats croisés ici et là, me ra­con­ter des choses in­croyables. Im­pos­sibles à croire.

Ils me disent qu’en ses­sions de por­teà-porte ils se sont fait dire que les gens ne dé­si­raient pas al­ler vo­ter.

« Cesse de me vendre ton ba­ra­tin. Moi, je m’en fous, je ne vote pas. » Avez-vous dé­jà vu une mâ­choire tom­ber? La mienne.

Comment en 2017, tu peux sa­voir, trois, quatre se­maines à l’avance que cette jour­née-là, tu vas t’en sa­crer comme de l’an­née qui s’est dé­rou­lée il y a 77 ans? Et pour­quoi? Pour­quoi tu te fous de ce qui se passe au ni­veau po­li­tique le plus près de toi? J’ai peine à conce­voir.

Mais ça va chia­ler. Ça va se per­mettre de ger­ber son dû à la pre­mière oc­ca­sion. J’en re­viens pas.

C’est d’une tris­tesse.

ET DES VAN­DALES

Vous connais­sez mon amour des van­dales. Ces êtres qui ar­rivent loin der­rière les mou­fettes, les larves et le cho­lé­ra dans les choses que j’aime le moins.

Des idiots ont frap­pé fort cette fin de se­maine à Saint-Zo­tique.

Ar­més d’une canne de pein­ture, de cou­teaux et en ayant re­mi­sé à la mai­son leurs cer­veaux dans le pot de vi­naigre qui contient aus­si leur ju­ge­ment, ils ont cre­vé les pneus de voi­tures d’un can­di­dat et or­né sa porte de ga­rage d’un blas­phème, heu­reu­se­ment trais byen hor­to­gra­fiai. Bra­veau! Des cham­pions.

Au nom de quoi? De la li­ber­té d’ex­pres­sion? Si tu n’aimes pas le can­di­dat, tu le dis der­rière l’iso­loir, sur le car­ton que tu dé­poses dans l’urne.

C’est vrai que c’est un peu com­pli­qué à com­prendre pour une couche de de­meu­rés bien édu­qués.

AUX URNES CI­TOYENS

C’est une ex­pres­sion gal­vau­dée s’il en est une, mais elle dit ce qu’elle a à dire. Il est né­ces­saire de se poin­ter di­manche dans les centres de scru­tin. Al­lez-y en fa­mille, en pre­nant une marche, au dé­tour d’une com­mis­sion, mais al­lez-y.

Et ne vo­tez pas pour ou contre du chan­ge­ment. Ne vo­tez pas pour des pro­messes, des hausses ou des baisses de taxes. Vo­tez pour le can­di­dat qui vous au­ra plu. Vo­tez pour ce­lui qui re­joint vos idéaux, vos va­leurs.

Ils ont des ban­nières. Des sites in­ter­net, des pages Fa­ce­book. Avec des nu­mé­ros, des cour­riels. Vous pou­vez les joindre, ils veulent et vont vous ré­pondre. Ils s’en­gagent pour quatre ans à être à votre ser­vice.

Par­lez à vos can­di­dats, éli­sez-les et en­suite vous pour­rez les in­ter­pel­ler. Leur faire des de­mandes et nous conti­nue­rons à vivre dans une dé­mo­cra­tie saine et brillante.

C’est di­manche. Al­lez vo­ter.

YA­NICK MICHAUD

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