Faire des mi­racles jour après jour

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Dans le cadre de la Se­maine na­tio­nale des proches ai­dants, VI­VA mé­dia a re­çu ce texte d’opi­nion de Diane Fran­coeur, M.D. L’au­teure est pré­si­dente de la Fon­da­tion de la Fé­dé­ra­tion des mé­de­cins spé­cia­listes du Qué­bec (FFMSQ).

— Il n’y a pas de

PROCHES AI­DANTS doute : les proches ai­dants sont des femmes et des hommes qui, jour après jour, font de vé­ri­tables mi­racles en pre­nant soin d’un pa­rent vieillis­sant en perte d’au­to­no­mie, d’un en­fant pré­sen­tant un han­di­cap phy­sique ou in­tel­lec­tuel, d’une conjointe ou d’un conjoint qui éprouve des pro­blèmes de san­té ponc­tuels ou dont le pro­nos­tic vi­tal est sombre. Le spectre de leurs in­ter­ven­tions est aus­si va­rié que les si­tua­tions qui né­ces­sitent de l’aide. Quel­qu’un qui n’hé­site pas à ac­com­pa­gner la per­sonne qui a be­soin d’aide pour me­ner à bien ses ac­ti­vi­tés quo­ti­diennes, à faire le sui­vi des soins et as­su­rer la prise de mé­di­ca­ments, à pro­di­guer les soins d’hy­giène, à ef­fec­tuer l’en­tre­tien mé­na­ger… Tout pour of­frir ou pour main­te­nir une qua­li­té de vie qui ne sau­rait être pos­sible au­tre­ment.

Ces per­sonnes dé­vouées au­près des membres de leur fa­mille ou de leur en­tou­rage font un « tra­vail » em­preint d’amour et d’ab­né­ga­tion, en plus de va­quer à leurs oc­cu­pa­tions pro­fes­sion­nelles et per­son­nelles. Il n’est donc pas éton­nant de consta­ter que bon nombre d’entre elles souffrent d’épui­se­ment et ont de plus en plus de dif­fi­cul­té à joindre les deux bouts. Elles ont be­soin d’être sou­te­nues, elles aus­si. Elles ont be­soin de souf­fler et de bé­né­fi­cier de mo­ments de ré­pit. L’ap­port des proches ai­dants est fon­da­men­tal. En dé­pit des pro­grammes so­ciaux dont notre so­cié­té s’est do­tée, le sys­tème pu­blic de san­té ne sau­rait ré­pondre aux be­soins des per­sonnes vul­né­rables sans l’aide co­los­sale des proches ai­dants. En ef­fet, il se­rait illu­soire de croire que notre sys­tème de san­té se­rait en me­sure d’as­su­mer les tâches qui leur sont dé­vo­lues, de four­nir ces ser­vices ou de prendre leur re­lève adé­qua­te­ment. Chaque an­née, leur ap­port se tra­duit en mil­lions d’heures de soins et de ser­vices pro­di­gués, et ce, sans au­cune ré­mu­né­ra­tion; une va­leur es­ti­mée par des cher­cheurs à plus de 5 mil­liards de dol­lars par an­née, au Qué­bec seule­ment.

Il y a cinq ans, notre Fé­dé­ra­tion a choi­si de créer sa propre Fon­da­tion et d’épou­ser la cause des proches ai­dants. Nous avons dé­ci­dé de sou­te­nir fi­nan­ciè­re­ment des pro­jets des­ti­nés à leur of­frir du ré­pit, sans dis­tinc­tion quant à l’âge. Et nous avions vu juste, car les be­soins sont im­menses et ne ta­rissent ja­mais. Au gré des pro­jets, nous avons eu la chance de tis­ser des liens étroits et sou­te­nus avec des or­ga­nismes qui font, eux aus­si, un tra­vail ex­tra­or­di­naire. Nous avons ain­si dé­cou­vert des femmes et des hommes de coeur, qui se dé­vouent en­tiè­re­ment à la cause des proches ai­dants et qui, à l’image de celles et ceux qui bé­né­fi­cient de leurs ser­vices, font éga­le­ment des mi­racles jour après jour.

En cette Se­maine na­tio­nale des proches ai­dants, soyons à l’écoute, of­frons notre aide, don­nons un coup de pouce à celles et à ceux qui prennent soin d’un proche, sans re­lâche et sans faillir à la tâche. Sur­tout, re­mer­cions-les en leur of­frant le bien le plus pré­cieux qui soit : un peu de notre temps, un mo­ment de ré­pit. —

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