Le sen­ti­ment du de­voir ac­com­pli

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

Après 25 ans de loyaux ser­vices à la tête du collège Bour­get, Jean-Marc St-Jacques tire sa révérence avec le sen­ti­ment d’avoir fait tout ce qui pou­vait l’être pour gar­der l’ins­ti­tu­tion dans la sphère de qualité qui a fait sa re­nom­mée.

En 1988, Jean-Marc —ÉDU­CA­TION

St-Jaques est ar­ri­vé au collège en tant qu’en­sei­gnant et c’est cinq ans plus tard qu’il plon­geait dans l’aven­ture de la ges­tion. « Je dois dire que l’en­sei­gne­ment, c’est ma fibre na­tu­relle et j’ai de qui re­te­nir puisque ma mère était en­sei­gnante. Mais il y avait un peu de naï­ve­té dans ma dé­ci­sion d’ac­cep­ter ce poste. On di­sait de moi que j’avais un bon sens de l’or­ga­ni­sa­tion, un ta­lent pour ré­di­ger et sur­tout, que j’étais un mo­ti­va­teur et un… op­ti­miste », jus­ti­fie Jean-Marc St-Jacques. Pour lui, ac­cep­ter de prendre la re­lève re­pré­sen­tait un beau dé­fi. « Mais il me fal­lait al­ler cher­cher de l’ex­per­tise ailleurs, des gens qui ap­por­te­raient des idées nou­velles », dit-il. Lors­qu’il est ar­ri­vé en 1988, le collège ac­cueillait quelque 1300 élèves et en 1996, il y en avait moins de 800. « Les cinq pre­mières an­nées, ce­la a été plus une ges­tion de crise. Comme il n’y avait plus de ré­si­dents, le nombre d’élèves a chu­té consi­dé­ra­ble­ment. Nous avons dû nous ajus­ter », rap­pelle-t-il. Il dit tou­jours nous ou on parce que, en ce qui le concerne, pen­dant toutes ces an­nées, il a tra­vaillé avec une équipe hors pair.

AC­COM­PLIS­SE­MENTS

En un quart de siècle, le collège Bour­get a beau­coup évo­lué. Se­lon son di­rec­teur, il le fal­lait. Plu­sieurs ser­vices ont été mis en place tou­jours dans l’op­tique des va­leurs prô­nées par le collège soit la ri­gueur, le dé­pas­se­ment de soi, l’en­traide et le res­pect sans ou­blier la réus­site sco­laire. « Le collège Bour­get, ce n’est pas que de l’ap­pren­tis­sage, c’est de l’édu­ca­tion, c’est toute la vie sco­laire dans son en­semble. C’est aus­si, le sen­ti­ment d’ap­par­te­nance. One le voit no­tam­ment avec nos équipes spor­tives et le pa­ra­sco­laire en gé­né­ral », d’in­di­quer le fu­tur re­trai­té. Les ac­ti­vi­tés pa­ra­sco­laires per­mettent aux élèves de dé­ve­lop­per d’autres in­té­rêts, d’autres ta­lents et contri­buent à don­ner en­core plus le goût de l’école. Au collège Bour­get, on parle d’un taux de ré­ten­tion de 80 % et 98 % des élèves fi­nis­sants pour­suivent des études post­se­con­daires.

Au fil des an­nées, le collège Bour­get s’est in­ter­na­tio­na­li­sé. L’ou­ver­ture sur le monde était un as­pect im­por­tant pour Jean-Marc St-Jacques. Pas moins d’une qua­ran­taine d’élèves ins­crits au collège pro­viennent de l’étran­ger, comme la Chine, le Mexique et le conti­nent afri­cain. Nous avons dé­ve­lop­pé de beaux par­te­na­riats, no­tam­ment avec la Chine et, chaque an­née, nous ac­cueillons des étu­diants chi­nois lors de camps d’été et des étu­diants d’ici font de même en Chine », ex­plique le di­rec­teur. D’autres échanges sont ef­fec­tués avec le Pé­rou, le Ja­pon et Haï­ti, en­droits où les Clercs de Saint-Via­teur pos­sèdent des écoles, d’ailleurs. Parce que, faut-il le rap­pe­ler, le collège Bour­get est ad­mi­nis­tré par les Clercs de Saint-Via­teur.

L’ar­ri­vée de l’école pri­maire à Bour­get a été éga­le­ment un mo­ment dé­ter­mi­nant, dé­bu­tant avec le deuxième cycle et en­suite s’est ajou­té le pre­mier cycle. « On compte 352 élèves ac­tuel­le­ment, nous sou­hai­tons aug­men­ter le nombre à 388, la ca­pa­ci­té maxi­male.»

Tou­jours dans l’élan de l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion, le collège Bour­get a ob­te­nu, son sta­tut d’école as­so­ciée à l’UNES­CO.

RÉUS­SITE SCO­LAIRE

Le collège Bour­get a tou­jours été re­con­nu pour ac­cueillir des élèves du pri­maire dont les ré­sul­tats aca­dé­miques ne jus­ti­fiaient pas né­ces­sai­re­ment qu’ils soient ac­cep­tés dans une ins­ti­tu­tion pri­vée. « Nous nous sommes tou­jours fait un de­voir de re­ce­voir des élèves ayant un rythme d’ap­pren­tis­sage va­rié et avec des groupes de sou­tien à l’ap­pren­tis­sage, ce­la contri­bue à la réus­site sco­laire de ceux qui éprouvent un peu plus de dif­fi­cul­tés », d’ex­pli­quer le di­rec­teur gé­né­ral.

Si Jean-Marc St-Jacques prend sa re­traite, il ne laisse pas tout tom­ber puis­qu’il de­meu­re­ra pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion et se­ra tou­jours im­pli­qué à la Fon­da­tion. « Au­jourd’hui, je ne re­com­man­de­rais pas à quel­qu’un de pas­ser 25 an­nées à la tête d’une ins­ti­tu­tion. Les choses ne sont plus ce qu’elles étaient au dé­but des an­nées 1990. Je vais con­ti­nuer à voir les choses al­ler et quant aux élèves, je ne suis pas in­quiet. Ils ont une belle conscience hu­ma­ni­taire et so­ciale », constate-t-il en conclu­sion.

STÉ­PHANE FOR­TIER

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