Les tra­vailleurs ré­clament 15$ de l’heure

L'Express d'Outremont - - LA UNE - ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC anne-fre­de­rique.he­bert-dolbec@tc.tc

GRÈVE. Pour la pre­mière fois, 3000 tra­vailleurs de 42 ré­si­dences pri­vées par­tout à tra­vers le Qué­bec ont été en grève du­rant la même jour­née, le 11 mai, pour dé­non­cer l’im­passe dans les né­go­cia­tions de leurs conven­tions col­lec­tives et pour ré­cla­mer de meilleures condi­tions de tra­vail.

Une di­zaine de tra­vailleurs se sont ras­sem­blés de­vant la ré­si­dence L’Image d’Ou­tre­mont, sur la rue Ro­ck­land, pour don­ner le coup d’en­voi de ce 24 heures de grève, en com­pa­gnie de leurs re­pré­sen­tants syn­di­caux.

« Une bonne par­tie d’entre nous gagnent en moyenne 12,50 $ de l’heure, ce qui est net­te­ment in­suf­fi­sant pour le tra­vail que l’on fait, sou­tient Va­lé­rie, in­fir­mière auxi­liaire à la ré­si­dence L’Image. Nous de­man­dons un mi­ni­mum de 15$ de l’heure.»

En com­pa­rai­son, une pré­po­sée aux bé­né­fi­ciaires dans un hô­pi­tal en dé­but de car­rière gagne 18,86 $ de l’heure. « Pour­tant, nous ef­fec­tuons plu­sieurs tâches que les em­ployés du sec­teur pu­blic n’ont pas le droit de faire, comme pas­ser des mé­di­ca­ments, don­ner de l’in­su­line. Nous re­ce­vons des for­ma­tions sup­plé­men­taires », ajoute-t-elle.

PREMIÈRES ENTENTES

Au cours des der­niers jours, le syn­di­cat est par­ve­nu à conve­nir de trois ententes de prin­cipe dans trois ré­si­dentes dif­fé­rentes. Au Ma­noir d’Ou­tre­mont, la ré­si­dente voi­sine de L’Image, les per­sonnes syn­di­quées se pro­non­ce­ront au dé­but de la se­maine pro­chaine sur une offre que le co­mi­té de né­go­cia­tion consi­dère sa­tis­fai­sante.

« Les pro­prié­taires qui ne dé­tiennent qu’une seule ré­si­dence semblent consi­dé­rer que le tra­vail de leur per­son­nel a une cer­taine va­leur, sou­ligne M. Bel­hu­meur. C’est tout le contraire pour les grands groupes comme le groupe Mau­rice, qui ont une plus grande ca­pa­ci­té fi­nan­cière. Ils sont très durs aux tables de né­go­cia­tions et n’offrent que des miettes.

Trois des éta­blis­se­ments du groupe Mau­rice, au­quel ap­par­tient la ré­si­dence L’Image d’Ou­tre­mont, sont concer­nés par les né­go­cia­tions.

SERVICES ESSENTIELS

Même si des cen­taines de tra­vailleurs ont été en grève au même mo­ment, la grande ma­jo­ri­té des services ont été main­te­nus dans les dif­fé­rentes ré­si­dences, en ac­cord avec la loi sur les services essentiels.

Chaque em­ployé doit se pré­sen­ter se­lon l’ho­raire de tra­vail éta­bli, et peut exer­cer son droit de grève pen­dant 10 % de son ho­raire, soit pen­dant 42 mi­nutes pour une jour­née de sept heures. Cer­tains services, tels que des tâches mé­na­gères et le ser­vice aux tables des des­serts, n’ont pas été ef­fec­tués.

Le Syn­di­cat qué­bé­cois des em­ployées et des em­ployés de ser­vice as­sure que la san­té et la sé­cu­ri­té des per­sonnes âgées ne sont en au­cun cas mises en cause.

« Nous com­pre­nons les re­ven­di­ca­tions des tra­vailleurs, et par­ta­geons leur vo­lon­té d’amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail, spé­ci­fie Ri­ta Ka­ta­royan, vice-pré­si­dente mar­ke­ting et ventes du groupe. Nous sommes tou­te­fois contraints de le faire gra­duel­le­ment, en consi­dé­rant les in­té­rêts de toutes les par­ties pre­nantes, et en res­pec­tant la ca­pa­ci­té de payer de nos clients. »

Le groupe Mau­rice a an­non­cé un in­ves­tis­se­ment d’un mil­liard $ en 2015 pour la construc­tion de nou­velles ré­si­dences pour per­sonnes âgées.

(TC Me­dia – Fe­lix O.J. Four­nier)

La FTQ sou­tient que les sa­laires des em­ployés des ré­si­dences pri­vées pour per­sonnes âgées ne suivent pas la crois­sance de ces der­nières.

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