Mar­cel Jet­té nie tout

L'Express Montcalm - - ACTUALITÉS - GE­NE­VIÈVE GEOF­FROY

JUS­TICE. Le maire de Sainte-ju­lienne nie toutes les al­lé­ga­tions et ac­cu­sa­tions vi­sant son im­pli­ca­tion di­recte dans le fi­nan­ce­ment po­li­tique illé­gal de son par­ti lors des élec­tions mu­ni­ci­pales de 2009.

«C’est faux!», a-t-il mar­te­lé à plu­sieurs re­prises lors de son té­moi­gnage à son pro­cès, le 1er fé­vrier der­nier au pa­lais de jus­tice de Jo­liette.

Mar­cel Jet­té est ac­cu­sé par le Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions du Qué­bec d’avoir par­ti­ci­pé au fi­nan­ce­ment illé­gal de son par­ti pen­dant la pé­riode élec­to­rale de 2009, à Sainte-ju­lienne. Il fait face à trois constats d’in­frac­tion.

« JA­MAIS »

Mar­cel Jet­té a af­fir­mé n’avoir «ja­mais» re­çu d’ar­gent à des fins de rem­bour­se­ment élec­to­ral lors de cette cam­pagne. Se­lon lui, il est ac­cu­sé « à tort et à tra­vers d’avoir fait de la sol­li­ci­ta­tion illé­gale ».

Il a d’ailleurs nié ca­té­go­ri­que­ment avoir lui-même sol­li­ci­té deux membres de son équipe, Jean-pierre Char­ron et Jo­ce­lyne La­rose, pour qu’ils lui re­mettent un chèque de 1000 $ alors qu’il n’était pas l’agent of­fi­ciel de son par­ti po­li­tique.

UNE DÉ­CI­SION D’ÉQUIPE

Mar­cel Jet­té af­firme qu’une en­tente était in­ter­ve­nue entre tous les membres de l’équipe pour qu’ils donnent cha­cun 1000$ à la caisse du par­ti. Se­lon lui, il est faux d’af­fir­mer que c’est lui qui a fait cette demande à l’équipe.

«On s’est réuni et, le maxi­mum, c’était ça. C’est l’équipe qui a dé­ci­dé », a-t-il dit.

Lors de son té­moi­gnage, Jo­ce­lyne La­rose avait plu­tôt men­tion­né qu’il avait été de­man­dé aux membres de l’équipe de ver­ser une somme de 1000 $ au par­ti.

«Mme La­rose ne doit pas se sou­ve­nir que ça s’est dé­ci­dé en équipe», a ré­tor­qué Mar­cel Jet­té lorsque confron­té à cette af­fir­ma­tion de l’ex-conseillère.

« JE NE TOUCHAIS PAS À ÇA »

Mar­cel Jet­té a aus­si ca­té­go­ri­que­ment contes­té le té­moi­gnage de Jean-pierre Char­ron dans le­quel ce der­nier avait men­tion­né à la cour que le maire l’avait di­rec­te­ment sol­li­ci­té pour ob­te­nir sa contri­bu­tion po­li­tique.

«Dans la cam­pagne, il m’a ap­pe­lé dans le bu­reau et m’a dit: “tout le monde a don­né son chèque, il faut que tu donnes ton chèque”», avait-il al­lé­gué.

Jean-pierre Char­ron avait at­tes­té avoir re­mis son chèque à Mar­cel Jet­té dès le len­de­main soir dans le même bu­reau.

«C’est faux!», a af­fir­mé Mar­cel Jet­té lors de son té­moi­gnage.

Se­lon lui, c’est sa femme, Ca­role Lé­ger, alors agente of­fi­cielle du par­ti, qui s’oc­cu­pait de toutes les fac­tures et de la cueillette des chèques.

« C’était clair entre ma conjointe et moi que moi, je ne touchais pas à ça », a-t-il dit.

PAS DE REM­BOUR­SE­MENT

Mar­cel Jet­té a aus­si nié avoir re­mis une en­ve­loppe d’ar­gent à un autre membre de son équipe, Lu­cien Thi­bo­deau, pour lui rem­bour­ser sa contri­bu­tion po­li­tique de 1000 $.

Lu­cien Thi­bo­deau avait aus­si af­fir­mé lors de son té­moi­gnage avoir joué le rôle d’in­ter­mé­diaire entre Mar­cel Jet­té et Mi­chel La­londe, alors pré­sident-di­rec­teur de la firme Sé­guin. Mi­chel La­londe a af­fir­mé la même chose lors de son té­moi­gnage, mais Mar­cel Jet­té ré­fute leurs ver­sions des faits.

«Si j’avais vou­lu le ren­con­trer, je n’avais pas be­soin d’un in­ter­mé­diaire pour ça. C’est com­plè­te­ment faux », a-t-il dit.

PAS RE­ÇU D’AR­GENT

Mar­cel Jet­té dit n’avoir ja­mais ren­con­tré Mi­chel La­londe, alors pré­sident du Groupe Sé­guin (Gé­nius), dans un res­tau­rant de La­che­naie en 2009, avant les élec­tions mu­ni­ci­pales, et en­core mois l’avoir sol­li­ci­té mo­né­tai­re­ment.

En dé­cembre der­nier, Mi­chel La­londe avait pour­tant té­moi­gné avoir ren­con­tré le maire de Sainte-ju­lienne à cette époque puis de lui avoir par la suite re­mis 5000 $ en ar­gent comp­tant lors d’une deuxième ren­contre.

«Les élec­tions s’or­ga­ni­saient, on es­sayait de se po­si­tion­ner dans les mu­ni­ci­pa­li­tés. On vou­lait s’as­su­rer de conti­nuer le pro­jet [de sur­veillance des tra­vaux de l’usine de fil­tra­tion] à Sainte-ju­lienne et en avoir d’autres », avait-il dit.

L’en­tre­prise pour la­quelle Mi­chel La­londe tra­vaillait à l’époque avait ob­te­nu le con­trat de sur­veillance des tra­vaux de l’usine de fil­tra­tion et ce­lui de l’éla­bo­ra­tion des plans et de­vis avant l’élec­tion de Mar­cel Jet­té, sous le règne de l’an­cienne ad­mi­nis­tra­tion, et il vou­lait s’as­su­rer de pou­voir pour­suivre.

En 2005, Mar­cel Jet­té s’était en ef­fet pré­sen­té aux élec­tions mu­ni­ci­pales, mais il avait été bat­tu. À l’époque, Mi­chel La­londe af­firme avoir fait un don de 3000 $ à sa cam­pagne élec­to­rale en échange de contrats s’il était élu.

« Je n’ai ja­mais re­çu d’ar­gent de Mi­chel La­londe ou de son en­tou­rage », a vi­ve­ment ré­tor­qué Mi­chel Jet­té lors de son té­moi­gnage.

MÊ­LÉ

Il af­firme avoir bel et bien ren­con­tré Mi­chel La­londe dans un res­tau­rant de La­che­naie, mais en oc­tobre 2011 parce que la mu­ni­ci­pa­li­té vou­lait se faire rem­bour­ser une par­tie des tra­vaux ef­fec­tués à l’usine de fil­tra­tion en rai­son d’une pompe dé­fec­tueuse qu’elle im­pu­tait à des pro­blèmes d’in­gé­nie­rie.

« M. La­londe était un peu mê­lé […] On s’est ren­con­tré en 2011 et le su­jet de la dis­cus­sion, c’était la fac­ture de 62000$ [de plus] qu’on nous ré­cla­mait. Je lui ai dit que la ville ne pou­vait payer», a-t-il dit, sou­li­gnant que le li­tige n’était tou­jours pas ré­glé.

Mar­cel Jet­té doit re­ve­nir de­vant la cour en mars.

(Pho­to TC Media – Ge­ne­viève Geof­froy)

Mar­cel Jet­té a té­moi­gné à son pro­cès le 1er fé­vrier.

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