Une mère de Saint-lin-lau­ren­tides risque 10 ans de pé­ni­ten­cier pour avoir uti­li­sé sa fillette comme ob­jet sexuel

L'Express Montcalm - - ACTUALITÉS - GE­NE­VIÈVE GEOFFROY

La femme de 30 ans, ain­si que son ex­con­joint de 31 ans, qu’on ne peut nom­mer afin de pro­té­ger la fillette, ont fait vivre à cette der­nière d’im­pen­sables hor­reurs en mul­ti­pliant les crimes sexuels à son en­droit.

L’ex-couple, aus­si pa­rent d’un deuxième bam­bin, a plai­dé cou­pable, le 5 mai der­nier, à plu­sieurs ac­cu­sa­tions, dont pro­duc­tion, pos­ses­sion et dis­tri­bu­tion de por­no­gra­phie ju­vé­nile, contacts sexuels, in­ci­ta­tion à des contacts sexuels et agres­sion sexuelle.

La mère risque main­te­nant 10 ans de pé­ni­ten­cier, peine ré­cla­mée ven­dre­di par la pour­suite, lors des re­pré­sen­ta­tions sur la peine au pa­lais de jus­tice de Jo­liette. La dé­fense a de son cô­té sou­mis un quan­tum si­tué entre six et sept ans.

LE PÈRE ÉVA­LUÉ

Le père a quant à lui été en­voyé en éva­lua­tion pen­dant 60 jours à l’ins­ti­tut Phi­lippe-pi­nel de Mon­tréal, un hô­pi­tal spé­cia­li­sé en psy­chia­trie lé­gale.

À la suite de son éva­lua­tion, la pour­suite pour­rait dé­po­ser une re­quête de­vant la cour afin de le faire dé­cla­rer dé­lin­quant dan­ge­reux à contrô­ler. Elle a aus­si an­non­cé qu’elle en­vi­sa­geait de ré­cla­mer une peine de 13 ans à 14 ans de pé­ni­ten­cier contre lui.

DES MIL­LIERS DE PHO­TOS

Les gestes que le couple a com­mis contre leur fillette sont sca­breux.

Se­lon ce que la fillette a no­tam­ment ra­con­té à la po­lice, ses pa­rents pre­naient des pho­tos d’elle nue et de ses par­ties in­times, pré­tex­tant les en­voyer au mé­de­cin de la fa­mille et que son père était éga­le­ment nu lors de la prise des pho­tos parce qu’il avait le même mé­de­cin.

Sur plu­sieurs des cli­chés, la fillette por­tait un masque vert ayant été sai­si par la po­lice.

Plus de neuf mille pho­tos uniques et près d’une qua­ran­taine de vi­déos ont été sai­sies dans les or­di­na­teurs du couple.

Des pho­tos mon­trant d’autres en­fants en bas âge dans des po­si­tions sug­ges­tives ont aus­si été trou­vées dans l’or­di­na­teur du couple, en plus de celle de sa fillette.

Cer­taines de ces pho­tos im­pliquent des ob­jets et des ani­maux.

La pro­cu­reure de la pour­suite a d’ailleurs qua­li­fié le ma­té­riel de « hard ».

« Des pho­tos de leur fille se re­trouvent sur In­ter­net et le se­ront tou­jours », a sou­li­gné la pro­cu­reure de la pour­suite lors de sa plai­doi­rie.

Une des pho­tos prises re­monte à 2010, alors que l’en­fant du couple avait à peine un an.

JUS­TICE. La pour­suite ré­clame 10 ans de pé­ni­ten­cier pour une mère de fa­mille de Saint-lin-lau­ren­tides ayant uti­li­sé pen­dant des an­nées sa fillette comme ob­jet sexuel avec son ex-conjoint.

GESTES MUL­TIPLES

Le couple a aus­si fait des at­tou­che­ments sexuels de di­verses na­tures sur la fillette à de mul­tiples re­prises en plus de per­mettre qu’elle soit abu­sée par quatre autres per­sonnes.

Pour en­cou­ra­ger leur en­fant, a sou­li­gné la pro­cu­reure de la pour­suite, les pa­rents avaient mis en place un sys­tème de ré­com­pense pour la fé­li­ci­ter lors­qu’elle adop­tait les com­por­te­ments qu’ils sou­hai­taient.

« Ils ont vou­lu nor­ma­li­ser un mode de vie cri­mi­nel », a sou­le­vé celle-ci, ajou­tant que le deuxième en­fant du couple avait été une vic­time col­la­té­rale puis­qu’il avait été éle­vé dans ces condi­tions.

OF­FERTE À UN HOMME

Se­lon l’en­quête, il est dif­fi­cile de quan­ti­fier le nombre de gestes com­mis à l’en­droit de l’en­fant, mais la preuve per­met de dé­mon­trer une aug­men­ta­tion à par­tir des an­nées 2012 et 2013.

Le père au­rait no­tam­ment of­fert sa fillette à un homme qu’il avait ren­con­tré sur un fo­rum de dis­cus­sions pour qu’elle lui fasse des at­tou­che­ments et vice ver­sa, mais ce der­nier au­rait été mal à l’aise. Se­lon ce qu’a ré­vé­lé l’en­quête, les pa­rents avaient dé­jà eu des échanges sexuels avec lui ain­si que son chien.

DÉ­NON­CÉ

Le couple a été dé­non­cé par un ré­seau so­cial en juillet 2015 au Na­tio­nal Cen­ter for Mis­sing & Ex­ploi­ted Chil­dren (Centre na­tio­nal pour les en­fants disparus et ex­ploi­tés) en rai­son du té­lé­ver­se­ment d’un cli­ché conte­nant de la por­no­gra­phie ju­vé­nile.

C’est cette en­quête qui a per­mis aus­si de dé­cou­vrir ce que le couple avait fait su­bir à leur fillette en com­pa­gnie d’un autre couple de Qué­bec et de leur fille.

À une oc­ca­sion, les deux couples, qui se sont connus via un site in­ter­net pour faire de l’échan­gisme, ont eu des contacts sexuels im­pli­quant leurs fillettes res­pec­tives.

Le couple de Saint-lin-lau­ren­tides a aus­si plai­dé cou­pable à de mul­tiples ac­cu­sa­tions concer­nant cet évè­ne­ment, tout comme le couple de Qué­bec.

SOUS EMPRISE

Le père et la mère de Saint-lin-lau­ren­tides sont dé­te­nus de­puis leur ar­res­ta­tion, en juin 2016.

À l’époque, la mère avait dit aux po­li­ciers n’avoir rien em­pê­ché parce qu’elle n’aime pas la chi­cane.

Se­lon la pro­cu­reure de la pour­suite, cette der­nière « mi­ni­mise sa par­ti­ci­pa­tion » aux crimes, tan­dis que son avo­cat es­time qu’elle a d’abord agi parce qu’elle était as­su­jet­tie à son ex-conjoint en rai­son de sa per­son­na­li­té atro­phiée.

« Avec le temps, il n’y a pas de doute qu’elle était sous son emprise », a-t-il dit.

En pleurs, la mère a af­fir­mé au juge qui doit lui im­po­ser sa sen­tence qu’elle re­gret­tait « amè­re­ment » ce qu’elle avait fait et qu’elle « mé­ri­tait » d’être tra­duite en jus­tice.

« J’étais le der­nier rem­part pour ma fille et je ne l’ai pas été », a-t-elle ad­mis.

Elle et son ex-conjoint doivent re­ve­nir de­vant le tri­bu­nal en sep­tembre, mo­ment où ils pour­raient re­ce­voir leur sen­tence.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

Le couple a plai­dé cou­pable à de mul­tiples ac­cu­sa­tions de na­ture sexuelle au pa­lais de jus­tice de Jo­liette.

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