Des tra­vailleurs de chan­tier qui craignent pour leur vie

Des in­ci­dents avec des usa­gers de la route sur­viennent presque toutes les se­maines

L'Express Montcalm - - LANAUDIÈRE - GE­NE­VIÈVE GEOF­FROY

« Je suis une grand-mère de huit pe­tits-en­fants qui m’at­tendent toutes les fins de se­maine pour que j’aille leur dire bon­jour et ça ne me tente pas de mou­rir sur un chan­tier rou­tier parce que les gens sont pres­sés, dis­traits, ne res­pectent pas la si­gna­li­sa­tion ou roulent trop vite », lance Syl­vie Fa­vron.

IM­PA­TIENCE

La femme de 52 ans tra­vaille comme conduc­trice de ca­mion dans des chan­tiers rou­tiers mo­biles de La­nau­dière de­puis huit ans.

Se­lon elle, en plus de de­voir com­po­ser avec des au­to­mo­bi­listes dis­traits – elle es­time que plu­sieurs d’entre eux le sont par leur té­lé­phone cel­lu­laire – les tra­vailleurs doivent presque tous les jours faire face à l’im­pa­tience des au­to­mo­bi­listes.

Par­fois, l’im­pa­tience de­vient même de la vio­lence. Cet été, ra­conte-t-elle, l’un de ses col­lègues a été pous­sé vio­lem­ment par un au­to­mo­bi­liste dans un chan­tier en plein coeur du vil­lage de La­no­raie.

DIS­TRAC­TION

« Dans le fond, on les dérange si on ne bloque pas les trous et on les dérange quand on les bloque », ré­sume son col­lègue Guy Gin­gras, 54 ans et si­gna­leur rou­tier à plein temps, aus­si dans La­nau­dière.

Comme si­gna­leur rou­tier, c’est lui qui en charge d’être en contact avec les au­to­mo­bi­listes pour les ra­len­tir ou les faire ar­rê­ter. Il est en quelque sorte le gar­dien de sécurité du chan­tier se dé­rou­lant der­rière lui. Or, seule­ment cet été, c’est à plus d’une re­prise qu’il a craint pour sa vie et celle de ses co­équi­piers en rai­son de la dis­trac­tion d’au­to­mo­bi­listes.

PRÉ­VEN­TION.RAGE au vo­lant, im­pa­tiente, ex­cès de vi­tesse, dis­trac­tion, ce n’est pas rare que les tra­vailleurs de chan­tier aient peur pour leur vie lors­qu’ils oeuvrent sur la route en rai­son des mau­vais com­por­te­ments des usa­gers de la route.

LA PEUR DE SA VIE

Guy Gin­gras est no­tam­ment pas­sé à un cheveu de se faire frap­per un au­to­mo­bi­liste qui a don­né un coup de roue juste avant de l’évi­ter.

« Il a don­né un deuxième coup de roue et il est pas­sé entre une glis­sière et un po­teau élec­trique. S’il ne don­nait pas le deuxième coup de roue, ce sont les huit tra­vailleurs en ar­rière qu’il tuait. Ça a été la peur de ma vie », ra­conte-t-il.

LES COM­POR­TE­MENTS EN CAUSE

La dis­trac­tion et l’in­at­ten­tion au vo­lant re­pré­sentent près de la moi­tié (44 %) des ac­ci­dents en­traî­nant des dom­mages cor­po­rels. La vi­tesse et suivre un vé­hi­cule de trop près sont quant à eux res­pon­sables cha­cune d’un ac­ci­dent sur cinq.

DES ÊTRES HU­MAINS

Syl­vie Fa­vron et Guy Gin­gras ai­me­raient que les usa­gers de la route soient plus at­ten­tifs aux zones de chan­tier et qu’ils prennent conscience que ce sont « des êtres hu­mains qui y tra­vaillent ».

« On n’est pas juste des cônes orange, on est des frères, des pères, des grands-pères », men­tionne Guy Gin­gras, qui est lui-même grand-père.

POSTES DIS­PO­NIBLES

À no­ter que quatre postes se­ront en élec­tion au sein du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. Tout membre in­té­res­sé à se pré­sen­ter à titre d’ad­mi­nis­tra­teur doit faire par­ve­nir le for­mu­laire de mise en can­di­da­ture com­plé­té au plus tard le 18 oc­tobre 2017 à 16 h. Pour connaître les cri­tères d’éli­gi­bi­li­té pour pos­tu­ler à titre d’ad­mi­nis­tra­teur il suf­fit de joindre par cour­riel au jo­see.gagne@ sadc.org ou en té­lé­pho­nant au 450 839-9218, poste 130. On de­mande de con­fir­mer votre pré­sence avant le 13 oc­tobre.

(Pho­to TC Me­dia – Ge­ne­viève Geof­froy)

Syl­vie Fa­vron et et Guy Gin­gras.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.