Ni­co­las Bean est à la croi­sée des che­mins

L’olym­pien ita­lien d’Or­léans se ques­tionne sur son fu­tur en pa­ti­nage de vi­tesse

L'Express Ottawa - - SPORTS - Par Dan Plouffe

Après une an­née olym­pique, il y a plein d’ath­lètes qui prennent leur re­traite à la suite d’une der­nière ten­ta­tive vers la gloire. Mais ce n’est pas aus­si com­mun pour un jeune de 22 ans de prendre cette dé­ci­sion après ses pre­miers Jeux. Néan­moins, c’est une des op­tions sur la table pour Ni­co­las Bean, pa­ti­neur de vi­tesse sur courte-piste d’Or­léans.

«Je consi­dère ne pas conti­nuer à Sot­chi, a dit Bean en en­tre­vue di­rec­te­ment de l’Ita­lie au len­de­main de la fin de sa sai­son de 50 se­maines, qui s’est ter­mi­née avec les cham­pion­nats mon­diaux par équipe les 27 et 28 mars à Bor­mio. Je n’ai pas en­core dé­ci­dé ce que je fe­rai dans le fu­tur.»

«J’ai­me­rais conti­nuer mes études. J’ai­me­rais aus­si conti­nuer à pa­ti­ner, alors j’es­saie un peu de jon­gler avec tout ça et trou­ver quelle op­tion est la meilleure», a pour­sui­vi l’ath­lète.

Bean sou­ligne que rien n’est dé­ci­dé à ce mo­ment, mais ra­joute qu’il ne re­tour­ne­ra «pro­ba­ble­ment» pas la sai­son pro­chaine à Bor­mio, site du centre d’en­traî­ne­ment de l’équipe ita­lienne.

En plus des sa­cri­fices per­son­nels obli­gés par son dé­mé­na­ge­ment loin de la mai­son, l’an­cien pa­ti­neur des Con­cordes de Glou­ces­ter a aus­si dû re­pous­ser ses études en gé­nie in­dus­triel à l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal.

Avec deux an­nées com­plé­tées sur les quatre exi­gées par son pro­gramme, Bean n’a pas com­plé­té de cours de­puis qu’il s’est dé­pla­cé de Mon­tréal il y a deux ans pour re­pré­sen­ter le pays na­tal de son grand-père – une dé­ci­sion prise pour lui don­ner la chance de se rendre aux Jeux olym­piques de Vancouver en s’échap­pant de l’équipe ca­na­dienne, qui af­fi­chait beau­coup de pro­fon­deur.

«C’était le pa­ti­nage de vi­tesse et rien d’autre, alors c’est une des rai­sons pour les­quelles c’est fort im­por­tant de re­tour­ner à mes études», a ex­pli­qué Bean, qui a réus­si son meilleur ré­sul­tat aux Jeux de Vancouver dans l’épreuve de 1000 mètres, une 12e place.

Si Bean choi­sit de re­tour­ner à Mon­tréal, ça ne veut pas dire que le pa­ti­nage de vi­tesse est né­ces­sai­re­ment ex­clu de ses plans. Il s’at­tend d’être ca­pable de s’en­traî­ner au centre na­tio­nal canadien à l’Aré­na Mau­rice-Ri­chard, mais pas avec les meilleurs hommes ca­na­diens.

Ce se­rait lui rendre ser­vice que de lui per­mettre de s’en­traî­ner là, puis­qu’il s’agit d’un ri­val in­ter­na­tio­nal, a no­té Bean, alors il se­rait pro­ba­ble­ment pla­cé dans un groupe d’en­traî­ne­ment avec les meilleures femmes du pays.

«Ça ne se­rait pas la meilleure qua­li­té d’en­traî­ne­ment que je pour­rais ob­te­nir, a dit Bean. Mais ils ont des rè­gle­ments à suivre, et c’est to­ta­le­ment com­pré­hen­sible.»

Ty­son Heung, un olym­pien al­le­mand né au Ca­na­da, a peut-être four­ni à Bean un mo­dèle à suivre – s’en­traî­ner au Ca­na­da pen­dant qu’il étu­die, et puis éle­ver son pa­ti­nage plus sé­rieu­se­ment quelques d’an­nées avant les Jeux olym­piques.

«Ce sont toutes des op­tions dif­fé­rentes, a ajou­té Bean. Le scé­na­rio idéal pour moi se­rait d’étu­dier à une uni­ver­si­té dont je sais que le pro­gramme est bon et être ca­pable de m’en­traî­ner avec un groupe qui me per­met­trait d’at­teindre le top 10 au monde en même temps. C’est pas mal dif­fi­cile de trou­ver cette com­bi­nai­son.»

Bean re­vien­dra à Ottawa bien­tôt pour re­laxer et aus­si pour pla­ni­fier la pro­chaine étape.

S’il dé­cide que sa car­rière est com­plé­tée, il l’au­ra ter­mi­né avec style grâce à sa per­for­mance aux cham­pion­nats mon­diaux par équipe où il a éta­bli un nou­veau re­cord ita­lien au 1000 m et un autre re­cord per­son­nel au 500 m.

«Pour moi, ça a été une com­pé­ti­tion ex­cel­lente, a dit Bean, en no­tant que le ré­sul­tat de qua­trième place au monde pour l’Ita­lie est une autre rai­son de cé­lé­brer. C’était ma meilleure fin de se­maine à date.»

Bean n’a pas res­sen­ti une baisse d’émo­tion après les Jeux; il s’est même trou­vé une éner­gie ad­di­tion­nelle afin de conti­nuer à la suite du plus grand évé­ne­ment spor­tif pla­né­taire.

« C’était une ex­pé­rience tel­le­ment re­mar­quable, a ra­con­té Bean. C’est un peu dif­fi­cile à croire qu’après toutes ces an­nées, j’ai en­fin ga­gné le titre d’olym­pien. C’est un grand sen­ti­ment de réus­site per­son­nelle – c’est ça la meilleure par­tie.»

Ce se­rait cer­tai­ne­ment très dif­fi­cile pour Bean d’aban­don­ner le pa­ti­nage de vi­tesse, lui qui voue un grand amour pour la course et la com­pé­ti­tion.

«Jus­qu’à main­te­nant, je suis ex­trê­me­ment content de tout ce que j’ai fait. Je me sens ca­pable aus­si de m’amé­lio­rer en­core», a dit Bean.

«C’est un des mo­ments dé­ci­sifs dans ma vie. De­vrais-je conti­nuer dans cette di­rec­tion (le pa­ti­nage) ou dans l’autre (les études), ou dans les deux? C’est dif­fi­cile à dire.»

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