Le pa­ra­dis des bé­né­voles

L'Express Ottawa - - OPINION - Gé­rald POU­LIN Ré­flexions

C’est la Se­maine du bé­né­vo­lat et je me sens tel­le­ment en ad­mi­ra­tion de­vant cette mul­ti­tude de gens qui donnent si gé­né­reu­se­ment de leur temps pour rendre ser­vice à leurs sem­blables. Puis, je me suis rap­pe­lé d’une his­toire que j’avais en­ten­due dans le pas­sé au su­jet du bé­né­vo­lat.

Ce sont les bé­né­voles qui se trouvent au pa­ra­dis à la fin des temps. Ils ont une place de choix qui leur est ré­ser­vée au ciel. Ils sont trai­tés aux pe­tits oi­gnons, fau­teuils confor­tables, cous­sins sa­ti­nés et ta­bou­rets pour y po­ser leurs pieds.

Mais sur­tout, plus de pré­si­dents de co­mi­té, ni de chefs de groupe. Ni co­voi­tu­rage, pas d’équipes qui ont be­soins d’en­trai­neurs, pas de ventes d’ar­ti­sa­nat, rien à agra­fer, à plier ou à pos­ter et les listes té­lé­pho­niques sont ban­nies.

Puis, ils sont ser­vis comme des rois à un par­ty sans fin. Mais qui vont leur don­ner tout ce plai­sir et cette ré­com­pense? C’est bien simple, ce se­ra tous ceux qui sur Terre, au­ront pro­fi­té des autres sans ja­mais rien don­ner à leur tour.

Voi­là une belle his­toire qui illustre bien le tra­vail mé­ri­toire que font les bé­né­voles. On ne sau­rait me­su­rer la va­leur en dol­lars que le pays éco­no­mise grâce à l’ac­tion bé­né­vole. Ça se si­tue dans les mil­liards. Et quoi de plus beau que de don­ner ce qu’on a de plus pré­cieux, c’est-àdire notre temps?

On ne sau­rait ex­plo­rer les milles et une rai­sons qui poussent les gens à de­ve­nir bé­né­vole. Bien sûr que les be­soins qui nous en­tourent sont tel­le­ment grands qu’il faut que les gens mettent la main à la pâte pour com­bler le plus de ces be­soins pos­sible.

Sou­vent, on trouve sa ré­com­pense tout sim­ple­ment dans la sa­tis­fac­tion per­son­nelle de sa­voir qu’on rend ser­vice, qu’on al­lège la tâche de quel­qu’un, qu’on fait plai­sir à quel­qu’un et qu’on ac­com­plit un de­voir qui nous semble es­sen­tiel.

Ma femme, par exemple, est bé­né­vole au Mu­sée des ci­vi­li­sa­tions de­puis au-de­là de trente ans. Elle s’y rend deux ou trois fois par se­maine et sert d’in­ter­prète au­près des jeunes, de vi­si­teurs et des groupes de toute sorte. Dans toutes ces an­nées, elle a ac­quis des connais­sances sur l’his­toire du Ca­na­da, sur des cultures étran­gères grâce aux ex­po­si­tions spé­ciales. Parce que voyez-vous, pour pou­voir rem­plir sa tâche, elle doit d’abord être for­mée, pré­pa­rée et ce­la de­mande des heures de for­ma­tion au Mu­sée par des spé­cia­listes.

Comme bo­ni, elle a ren­con­tré au cours des ans des per­sonnes qui sont de­ve­nues de grandes amies. Ces dames se ren­contrent en de­hors du Mu­sée, passent de nom­breuses heures en­semble soit au res­tau­rant, soit à d’autres ac­ti­vi­tés cultu­relles ou tout sim­ple­ment à la mai­son de l’une ou de l’autre et s’en­ri­chissent énor­mé­ment et mu­tuel­le­ment.

Les aî­nés à la re­traite de­viennent sou­vent bé­né­voles. Ils s’oc­cupent de conduite de ma­lades à des ren­dez-vous ou en­core d’or­ga­ni­ser des ac­ti­vi­tés de toute sorte pour les aî­nés dans les clubs. Le Ren­dez-vous des aî­nés à Or­léans compte plus de 200 ai­nés qui y tra­vaillent comme bé­né­vole. Il n’y a au­cun doute qu’ils se rendent utiles mais aus­si ajoutent une qua­li­té de vie à tous ceux qui les en­tourent. On peut en dire au­tant de tous les clubs d’aî­nés dans la ré­gion et au pays.

Per­son­nel­le­ment, j’es­père mé­ri­ter une place dans ce pa­ra­dis des bé­né­voles quand vien­dra le temps de rendre mes comptes. Mais je suis sûr que même dans cet Éden de bé­né­voles, moi comme bien d’autres trou­ve­ront le temps d’ai­der en­core, dans le grand confort si bien mé­ri­té, les autres qui n’au­ront rien fait de leur temps libre sur Terre. Que vou­lez-vous, c’est dans la na­ture du bé­né­vole d’être comme ça.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.