Bi­lin­guisme uto­pique ou « Rêve ca­na­dien » ?

L'Express Ottawa - - ÉTUDIANT - Diego Eli­zon­do Gi­sèle-La­londe

Est-ce la fin du « Rêve ca­na­dien » ? Ce­lui où l’on nous fait croire que le Ca­na­da est un pays bi­lingue ? Que l’éga­li­té existe réel­le­ment entre francophones et an­glo­phones ? Il semble que de­puis plus de 40 ans, des sé­ries d’évè­ne­ments ont don­né rai­son aux dé­trac­teurs de la dua­li­té lin­guis­tique et que le rêve du bi­lin­guisme est bel et bien mort.

En 1969, ins­pi­rée par la com­mis­sion Lau­ren­deau-Dun­ton, (crée en 1963 par Les­ter B. Pear­son) et char­gé de faire le point sur la si­tua­tion du bi­lin­guisme et du bi­cul­tu­ra­lisme au Ca­na­da d’alors, Pierre El­liott Tru­deau pro­clame la dua­li­té lin­guis­tique au pays.

L’hé­ri­tage le plus pré­cieux de cette com­mis­sion est sans doute la pro­cla­ma­tion d’un Ca­na­da bi­lingue. Pous­sé par la mon­té du na­tio­na­lisme qué­bé­cois dès les an­nées 1960 et les re­ven­di­ca­tions des francophones hors-Qué­bec qui rê­vaient de « prendre leur place » dans leur pro­vince res­pec­tive, le bi­lin­guisme est de­ve­nu le thème le plus ré­cu­rant de la po­li­tique in­té­rieure ca­na­dienne, d’où viens la mé­ta­phore du « Rêve ca­na­dien ».

Pous­sé par des hé­ros hors pair tel que l’an­cien dé­pu­té et sé­na­teur Jean-Ro­bert Gau­thier, le Ca­na­da a su se rap­pro­cher de l’idéal de son rêve, de­puis. Mais après plus de 40 an­nées de­puis la nais­sance du « Rêve », il semble qu’en 2011, le temps soit ré­so­lu de ti­rer un bi­lan som­maire de l’état de la bi­lin­gui­sa­tion ca­na­dienne.

Que des ques­tions aus­si simples telles de dé­si­gner Ot­ta­wa, au sta­tut de « ville bi­lingue », la bi­lin­gui­sa­tion de l’af­fi­chage com­mer­cial dans la mu­ni­ci­pa­li­té de Rus­sell, la qua­li­té des ser­vices bi­lingues of­ferts dans des ins­ti­tu­tions comme Air Ca­na­da et Via Rail Ca­na­da, ou en­core la bi­lin­gui­sa­tion of­fi­cielle des juges nom­més à la Cour Su­prême, sont des ac­tuels exemples par­mi tant d’autres de la la­cune de « l’in­faillible Rêve ca­na­dien », que nos gou­ver­ne­ments ont prô­né de­puis plus de 40 ans.

Il semble que pour cer­taines choses, des dis­pa­ri­tés ne sont pas ré­con­ci­liables. La dis­pa­ri­té fran­co­phone an­glo­phone donne des maux de têtes à nos gou­ver­ne­ments de­puis des an­nées. Est-ce que le bi­lin­guisme et la dua­li­té sont réel­le­ment at­tei­gnables au Ca­na­da, ou s’agit-il simple d’un rêve construit qu’à la base sur des es­poirs et pen­sées op­ti­mistes ? Est-ce que le bi­lin­guisme s’ap­plique à L’en­semble du ter­ri­toire ca­na­dien ou seule­ment qu’à quelques ré­gions ?

Voi­là des es­sen­tielles ques­tions qui mé­ritent d’être ré­flé­chies de nos jours.

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