Le but du siècle colle tou­jours à la peau de Hen­der­son

L'Express Ottawa - - SPORTS - Bryan Mi­chaud

Tous se sou­viennent du but qu’a comp­té Paul Hen­der­son lors du hui­tième match de la Sé­rie du siècle, mais peu se rap­pellent que l’an­cien des Maple Leafs a en fait com­plé­té un tour du cha­peau par­ti­cu­lier, mar­quant éga­le­ment les buts vic­to­rieux lors des ren­contres six et sept.

Près de 40 ans après avoir sou­le­vé tout un pays, Paul Hen­der­son était de pas­sage à Ot­ta­wa avec quelques-uns de ses co­équi­piers de l’équipe ca­na­dienne, dont Ron El­lis et Yvan Cour­noyer, dans le cadre d’une tour­née ca­na­dienne du chan­dail qu’il por­tait lors de cette fa­meuse ren­contre et qui le conduit dans une qua­ran­taine de villes.

D’une ama­bi­li­té exem­plaire, M. Hen­der­son ren­contre joyeu­se­ment toutes les per­sonnes qui se pré­sentent à lui, que ce soit pour se faire prendre en pho­to avec leur idole ou pour pi­quer un brin de ja­sette, et ce, comme si c’était la pre­mière fois qu’on l’ap­pro­chait pour le fé­li­ci­ter d’avoir fait la dif­fé­rence dans cette sé­rie op­po­sant l’Est à l’Ouest.

Même s’il n’a pas réa­li­sé im­mé­dia­te­ment l’am­pleur que son but al­lait prendre il y a près de 40 ans, Paul Hen­der­son ne se lasse pas d’en par­ler en­core et en­core. Et ça ne lui dé­plait pas que tous se sou­viennent de son mo­ment de gloire, mais moins de ses 236 buts dans la Ligue na­tio­nale de hockey.

« Je ne suis plus sur­pris, confie M. Hen­der­son. À l’époque, je croyais que dans 20 ou 30 ans, ça ne se­rait plus le cas, mais ça semble me col­ler. C’est même de plus en plus gros. Mon chan­dail a été ven­du aux en­chères pour 1,7 mil­lion $. Il y a quelque chose de mys­tique au­tour de ce but. En­core au­jourd’hui, les gens me disent où ils étaient et ce qu’ils fai­saient le jour de l’af­fron­te­ment.»

D’ailleurs, il voit dé­jà les grands titres lors du jour de son dé­cès. «Le joueur qui a mar­qué le but de 1972 a juste frap­pé la ron­delle», dit M. Hen­der­son en sou­riant.

Belle ex­po­si­tion

De pas­sage à Ot­ta­wa les 2 et 3 oc­tobre, la ca­ra­vane du chan­dail de Paul Hen­der­son est une ex­po­si­tion tem­po­raire ras­sem­blant des pho­tos, des vi­déos, un jeu-ques­tion­naire ain­si que les chan­dails de Paul Hen­der­son et du gar­dien russe, Vla­di­slav Tre­tiak.

Une ex­po­si­tion qui rap­pelle beau­coup de sou­ve­nirs et qui est très ap­pré­ciée par M. Hen­der­son.

« Je suis très im­pres­sion­né, ra­conte la lé­gende. Ils ont ten­té de re­créer un aré­na et ils ont fait un ex­cellent tra­vail. La chose que j’aime beau­coup sur l’ex­po­si­tion est que l’on voit les sept buts que j’ai mar­qués et six d’entre eux en sont de très beaux. Il y a plu­sieurs ar­ticles qui étaient dans mon sous-sol et d’autres pro­viennent de do­na­teurs. Ça nous éduque en même temps, ça per­met de voir qui étaient ces joueurs.»

Mo­ment dif­fi­cile

Lors de cette sé­rie de huit matchs, les joueurs ca­na­diens sont pas­sés à tra­vers toute la gamme des émo­tions. S’at­ten­dant à un af­fron­te­ment à sens unique, « l’équipe du siècle » s’est ra­pi­de­ment ren­du compte que l’URSS comp­tait sur des joueurs ra­pides, en forme et ca­pables de ri­va­li­ser avec n’im­porte qui.

En re­tard 2-1-1 dans la sé­rie après le der­nier match dis­pu­té en sol ca­na­dien, les par­ti­sans ont hué leurs pro­té­gés à leur sor­tie de la glace. Mal­gré ce mo­ment plu­tôt hu­mi­liant pour les joueurs, ce n’est pas ce­lui qui a été le plus dif­fi­cile pour Paul Hen­der­son au cours de la sé­rie.

«J’ai su­bi une com­mo­tion cé­ré­brale lors de la cin­quième par­tie et on m’a dit que je ne pou­vais plus jouer, ra­conte M. Hen­der­son. Lors­qu’on a une com­mo­tion, nous ne sommes pas sup­po­sés jouer et Dieu mer­ci, on n’en connais­sait pas en­core beau­coup sur le su­jet à l’époque. L’en­traî­neur m’a lais­sé jouer.»

L’an­cien ath­lète sait qu’il a été chan­ceux de ne pas se bles­ser de nou­veau à la tête. «C’est comme ça que je suis au­jourd’hui. J’ai eu le can­cer et six com­mo­tions cé­ré­brales. J’ai une ex­cuse pour tout ce que je fais», lance en riant l’homme sym­pa­thique.

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