«Al­lez cher­cher du sup­port» - Su­san

Can­cer du sein

L'Express Ottawa - - ACTUALITÉS - Ste­pha­nie Stein

Su­san a cru pour la pre­mière fois qu’elle était at­teinte du can­cer du sein lors­qu’elle a vu ap­pa­raître une pe­tite bosse sur l’un de ses seins, en les ins­pec­tant alors qu’elle pre­nait sa douche, en dé­cembre 2004.

Le sen­ti­ment a été «ab­so­lu­ment ter­ri­fiant». Elle en a par­lé à d’autres femmes en­suite.

C’était juste le com­men­ce­ment. Le pire était à ve­nir.

Ce se­rait une longue et ter­rible jour­née, conduite par la peur, le déses­poir et la frus­tra­tion.

«Tu passes au tra­vers de la peur de la mort, de la dé­pres­sion et tu te mets en marge de la so­cié­té, ra­conte Su­san. Le plus frus­trant est de sa­voir que le reste du monde avance pen­dant que tu es prise dans une zone floue.»

Su­san n’est pas la seule à avoir à se battre contre le can­cer du sein. Chaque an­née, 9 000 femmes re­çoivent un diag­nos­tic de ce type de ma­la­die et 1 950 en mour­ront se­lon la So­cié­té ca­na­dienne du can­cer.

Chez les femmes on­ta­riennes, le can­cer du sein est le type de can­cer le plus sou­vent dé­ce­lé, sui­vi par ceux des poumons et du cô­lon.

In­quiète, Su­san a po­sé le bon geste. Elle a ap­pe­lé im­mé­dia­te­ment le doc­teur et a ob­te­nu un ren­dez-vous la jour­née sui­vante. Après l’ins­pec­tion du mé­de­cin, elle a su qu’elle avait 90% de chances d’avoir contrac­té le can­cer du sein.

Tout ce qui a sui­vi a été une route par­se­mée par l’at­tente, ce qui est com­mun chez les femmes ca­na­diennes.

Dans deux mois, Su­san de­vait su­bir une in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale. Elle se sou­vient s’être sen­tie en plein nau­frage lors­qu’elle a connu le temps d’at­tente.

«Lorsque tu re­çois le diag­nos­tic fi­nal, ayant at­ten­du avant de voir le mé­de­cin, et que tu te fais dire qu’il a ce genre de liste d’at­tente et que tu dois at­tendre jus­qu’à la fin jan­vier… », dit Su­san sans ter­mi­ner sa phrase.

Au mo­ment où elle est al­lée à son pre­mier ren­dez-vous pour les ul­tra­sons, la tu­meur était de seule­ment 1,5 cm2. Au mo­ment de pas­ser sous le bis­tou­ri, le can­cer s’était dé­ve­lop­pé de fa­çon im­por­tante. Il y avait deux tu­meurs de 4,5 cm2.

«Deux se­maines avant ma chi­rur­gie, le doc­teur de­vant ef­fec­tuer l’opé­ra­tion a quit­té Ot­ta­wa. À ce mo­ment, il n’y avait que deux chi­rur­giens ca­pables d’ef­fec­tuer ce type d’in­ter­ven­tion.»

Pho­to : Ste­pha­nie Stein

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