«Il faut conti­nuer de pro­gres­ser pour at­ti­rer des pro­fes­sion­nels»

Glen­gar­ry-pres­cott-rus­sell

L'Express Ottawa - - ACTUALITÉS - Bryan Mi­chaud

24 juin 2001. Le dé­pu­té de Glen­gar­ry-Pres­cottRus­sell (GPR), Jean-Marc La­londe, ef­fec­tue un tour de force. Fait rare en po­li­tique pro­vin­ciale, un élu sié­geant dans l’op­po­si­tion réus­sit à faire adop­ter à l’una­ni­mi­té par Queen’s Park un pro­jet de loi pri­vé, as­su­rant la lé­gi­ti­mi­té de l’em­blème fran­co-on­ta­rien.

L’an­nonce des ré­sul­tats du der­nier scru­tin pro­vin­cial au­ra son­né le chant du cygne de l’une des car­rières po­li­tiques les plus prolifiques de l’his­toire de GPR. Nou­vel­le­ment re­trai­té, Jean-Marc La­londe voit en l’adop­tion du dra­peau fran­co-on­ta­rien par Queen’s Park et l’ins­tau­ra­tion d'un ser­vice am­bu­lan­cier à temps plein pour tous en On­ta­rio ses deux plus belles réa­li­sa­tions.

«C’est un res­pect que les gens ont dé­mon­tré en­vers les fran­co­phones, ex­prime M. La­londe. Je peux tou­jours dire qu’à Queen’s Park, dans les trois par­tis re­pré­sen­tés en Chambre à l’As­sem­blée lé­gis­la­tive, j’ai tou­jours re­çu le res­pect et l’ap­pui des autres.»

Pour ce qui est du dos­sier des am­bu­lan­ciers, l’an­cien dé­pu­té se rap­pelle du temps où une bonne par­tie de sa po­pu­la­tion, vi­vant en mi­lieu ru­ral, n’avait pas ac­cès à ce type de ser­vice à temps plein. Les am­bu­lan­ciers étaient sur at­tente, ce qui pou­vait coû­ter de pré­cieuses mi­nutes en cas d’in­ter­ven­tion d’ur­gence.

«Ça a com­men­cé avec un cer­tain Da­niel Mo­rin, qui est dé­cé­dé à Ro­ck­land sur la rue Caron, se rap­pelle M. La­londe. Il de­meu­rait à quatre portes de la sta­tion d’am­bu­lance. Mon fils (un am­bu­lan­cier) était en at­tente. Il a été ap­pe­lé et est al­lé cher­cher l’am­bu­lance. Par le temps qu’il ar­rive à la mai­son, M. Mo­rin est dé­cé­dé. Ça m’avait por­té à re­gar­der le tout.»

Trente-cinq ans en po­li­tique

La po­li­tique, M. La­londe y a bai­gné une très grande par­tie de sa vie. Avant d’être élu pour une pre­mière fois pour re­pré­sen­ter les ci­toyens de GPR à Queen’s Park, en 1995, l’an­cien em­ployé de Ser­vice pu­blic Ca­na­da de 1956 à 1990 a été maire de Ro­ck­land de 1976 à 1991. Vote de confiance de ses pairs, il est nom­mé pré­sident de l’As­so­cia­tion des mu­ni­ci­pa­li­tés de l’On­ta­rio et est de­meu­ré dans cette po­si­tion du­rant 11 ans. Qu’est-ce qu’il a re­te­nu de sa car­rière en po­li­tique?

«C’est le tra­vail d’équipe, dit M. La­londe.

GPR change de vi­sage

Un point qui est im­por­tant pour toute per­sonne qui sert le pu­blic, c’est d’être à l’écoute des be­soins, ré­pond M. La­londe. Même si, par­fois, les lois ne le per­mettent pas, on doit ana­ly­ser toutes les de­mandes afin de pou­voir ré­pondre aux be­soins des ci­toyens.»

«Lorsque tu es élu pour re­pré­sen­ter une cir­cons­crip­tion, tu es aus­si un élu pro­vin­cial, ajoute-t-il. Ce qui veut dire que lorsque tu dois dis­cu­ter ou dé­battre d’un pro­jet de loi, tu dois re­gar­der l’im­pact qu’il a pour toutes les com­mu­nau­tés on­ta­riennes.» De­puis son pre­mier man­dat à Queen’s Park, GPR a beau­coup chan­gé. Certes, la carte élec­to­rale de la cir­cons­crip­tion a été mo­di­fiée, mais les mu­ni­ci­pa­li­tés ont ac­cep­té d’in­ves­tir da­van­tage dans leurs ser­vices afin d’at­ti­rer de jeunes pro­fes­sion­nels. Par contre, même si le fran­çais de­meure la langue ma­ter­nelle nu­mé­ro un de cette ré­gion, la pro­por­tion de fran­co­phones est en baisse.

«Il faut conti­nuer de pro­gres­ser pour at­ti­rer des pro­fes­sion­nels, croit M. La­londe. Lors­qu’on a be­soin de mé­de­cins, les pro­fes­sion­nels vont re­gar­der les ser­vices of­ferts pour leur fa­mille ou pour leur épouse. Je l’ai vu sou­vent lorsque j’ai fait le tour de la pro­vince.»

Pour ce qui est de la perte de poids dé­mo­gra­phique des fran­co­phones, M. La­londe croit que ce fait n’est pas uni­que­ment at­tri­buable à un exode des gens d’Ot­ta­wa vers ses voi­sins ru­raux. Le re­dé­cou­page de la carte élec­to­rale y est éga­le­ment pour quelque chose. «Il y a beau­coup de gens (fran­co­phones) du Nord de l’On­ta­rio qui dé­mé­nagent dans notre ré­gion», ajoute-t-il.

Pho­to : Bryan Mi­chaud

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