L’illustre voi­sine

La mai­son Va­lade

L'Express Ottawa - - CHRONIQUE - Ben­ja­min Va­chet

L’ex­press pré­sente des chro­niques his­to­riques écrites en col­la­bo­ra­tion avec l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost, dans l’es­prit de la pré­pa­ra­tion des États gé­né­raux de la fran­co­pho­nie, afin de tra­cer un por­trait de la fran­co­pho­nie de la ca­pi­tale à tra­vers le temps et les em­preintes qu’elle a lais­sées et laisse en­core dans le pay­sage ot­ta­vien.

« Il est plu­tôt rare de voir se cô­toyer, bâ­ties côte à côte, deux mai­sons pa­tri­mo­niales au style com­plè­te­ment dif­fé­rent. La se­maine der­nière, nous avons par­lé de la Mai­son Fla­vien-ro­chon, le meilleur exemple de mai­son ca­na­dienne-fran­çaise de la pre­mière moi­tié du 19e siècle. Juste à ses cô­tés, au 142, rue St-pa­trick, se trouve la Mai­son Va­lade, qui re­pré­sente la mai­son ty­pique de la bour­geoi­sie fran­co­phone d’ot­ta­wa avant la Con­fé­dé­ra­tion de 1867 », ra­conte Mi­chel Pré­vost.

Cet im­po­sant bâ­ti­ment de pierres, construit vers 1864, rap­pelle les mai­sons de la Nor­man­die, dont sont ori­gi­naires plu­sieurs des an­cêtres des pre­miers ré­si­dents de langue fran­çaise d’ot­ta­wa.

Avec ses deux étages et les lu­carnes de sa toi­ture, la mai­son se dis­tingue par son im­po­sant bal­con blanc, en bois, au se­cond étage.

« On la sur­nomme même, par­fois, la «Mai­son au bal­con blanc»», note l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa.

Fran­çois-xa­vier Va­lade

La mai­son est ha­bi­tée pen­dant près d’un de­mi­siècle, de 1866 à 1918, par le doc­teur Fran­çoisXa­vier Va­lade.

En plus de s’en ser­vir de lo­ge­ment, le Dr Va­lade y ins­talle son ca­bi­net de consul­ta­tion et sa phar­ma­cie. Ce­la ex­plique pour­quoi il fait l’ac­qui­si­tion d’une de­meure aus­si im­po­sante.

À titre per­son­nel, le Dr Va­lade marque l’his­toire de la ville en étant l’un des pre­miers mé­de­cins fran­co­phones d’ot­ta­wa. Il s’ins­crit éga­le­ment dans les pages de l’his­toire du Ca­na­da en fai­sant par­tie des trois mé­de­cins sol­li­ci­tés pour se pro­non­cer sur l’état men­tal de Louis Riel, lors de son pro­cès à Ré­gi­na en 1885. Le chef mé­tis est alors ac­cu­sé de haute tra­hi­son pour son rôle dans la ré­bel­lion du NordOuest, une ré­gion qui de­vien­dra plus tard la Sas­kat­che­wan.

« Il est d’ailleurs in­té­res­sant de sou­li­gner que le Dr Va­lade est le seul des trois mé­de­cins à avoir no­tam­ment diag­nos­ti­qué, dans son rap­port, que Louis Riel n’était pas sain d’es­prit et qu’il ne pou­vait pas faire la dis­tinc­tion entre le bien et le mal », re­marque M. Pré­vost.

Le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral en juge au­tre­ment et Louis Riel est fi­na­le­ment condam­né et pen­du le 16 no­vembre 1885, ce qui pro­voque une grave crise dans le Ca­na­da fran­çais.

Une mai­son his­to­rique

De­puis la fin des an­nées 1970, la mai­son du Dr Va­lade est dé­si­gnée mo­nu­ment his­to­rique.

Comme sa voi­sine, la mai­son Fla­vienRo­chon, elle ap­par­tient dé­sor­mais à la Com­mis­sion de la ca­pi­tale na­tio­nale. Elle garde tou­jours une grande par­tie de sa vo­ca­tion puis­qu’elle sert au­jourd’hui de ré­si­dence.

M. Pré­vost rap­pelle qu’il offre des vi­sites gui­dées sur le pa­tri­moine fran­co­phone de la Basse-ville pen­dant toute la belle sai­son pour les groupes de 10 per­sonnes et plus.

Pour ré­ser­ver, com­po­sez le 613-562-5825 ou en­voyez un cour­riel à mi­chel.pre­vost@uot­ta­wa.ca.

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