Tra­gé­die en Af­gha­nis­tan

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE -

Le 11 Mars 2012, dans les heures pré­cé­dant la ma­ti­née, s’est pro­duit une épou­van­table tra­gé­die dans les vil­lages de Ba­lan­di et Al­ko­zai, dans le dis­trict de Pe­sha­war, en Af­gha­nis­tan. Un ser­gent de l’ar­mée amé­ri­caine, Robert Bales, mas­sa­cra 17 ci­toyens Af­ghans, sans mo­tif ap­pa­rent. Le sol­dat quit­ta sa base au­tour de trois heures du ma­tin, ar­mé d’une ca­ra­bine, d’un pis­to­let, et d’un lance-gre­nades, et al­la com­mettre son crime hai­neux.

Au­cune des vic­times n’avait de lien avec les Ta­li­bans ou d’autres groupes an­ti­amé­ri­cains. Elles étaient sim­ple­ment en train de dor­mir ou de com­men­cer leur jour­née, quand elles se sont brus­que­ment fait tuer sans rai­son. Six autres ci­toyens af­ghans furent bles­sés dans l’at­taque. Bales brû­la aus­si les corps de cer­taines vic­times, un acte consi­dé­ré comme obs­cène et blas­phé­ma­toire se­lon la loi is­la­mique.

Le cou­pable, pré­sen­te­ment sous dé­ten­tion à la base de l’ar­mée amé­ri­caine Fort Lea­ven­worth, au Kan­sas, fait face à 17 in­cul­pa­tions pour meurtre pré­mé­di­té, six in­cul­pa­tions pour ten­ta­tive de meurtre, et six in­cul­pa­tions pour agression cri­mi­nelle. La pé­na­li­té maxi­male que ce­la pour­rait en­cou­rir est celle de la peine de mort. La peine mi­ni­male que Bales pour­rait su­bir se­rait la pri­son à vie avec pos­si­bi­li­té de li­bé­ra­tion condi­tion­nelle. D’autres pu­ni­tions pour­raient in­clure la perte de son grade mi­li­taires, l’ex­pul­sion des forces ar­mées, et la for­fai­ture de toute pen­sion mi­li­taire at­ta­chée à son rang. Au­cune date n’a été fixée pour un pro­cès. Mais il n’y a au­cun doute que les pro­cé­dés ju­ri­diques se­ront longs.

L’acte bru­tal pour­rait avoir un im­pact ex­trê­me­ment né­ga­tif sur les re­la­tions entre les forces amé­ri­caines en­core sta­tion­nées en Af­gha­nis­tan et la po­pu­la­tion ci­vile du pays. À la suite de l’in­ci­dent, le pré­sident de l’af­gha­nis­tan, Ha­mid Kar­zai, re­nou­ve­la avec plus de fer­veur des dia­logues avec son ho­mo­logue amé­ri­cain, Ba­rack Oba­ma, qui au­raient pour but de di­mi­nuer et li­mi­ter la pré­sence amé­ri­caine en Af­gha­nis­tan, en at­ten­dant le re­trait com­plet des troupes étran­gères d’ici 2014.

La ré­ac­tion ci­vile af­ghane en­vers cet acte abo­mi­nable est des plus vé­hé­mentes. La plu­part de proches des vic­times ai­me­raient que jus­tice leur soit ren­due, et ré­clament la peine de mort pour Robert Bales. D’autres ont com­men­cé à pro­tes­ter éner­gé­ti­que­ment la pré­sence amé­ri­caine dans leur pays, ayant re­cours à des ac­tions comme brû­ler des ef­fi­gies d’oba­ma et des croix chré­tiennes. Beau­coup d’ana­lystes po­li­tiques pensent que cet in­ci­dent va gran­de­ment af­fec­ter les ef­forts de main­tien de la paix dans cette ré­gion.

Et voi­là. Les forces in­ter­na­tio­nales tra­vaillent de­puis 11 ans pour es­sayer de ra­mer la paix en Af­gha­nis­tan, et main­te­nant un seul acte in­sen­sé, en plus de tuer un nombre d’in­no­cents, va en­dom­ma­ger, peut-être en per­ma­nence, les re­la­tions Amé­rique-af­gha­nis­tan. Un seul acte de vio­lence ter­rible ré­duit à néant une dé­cen­nie d’ef­fort. Sûr et cer­tain, il faut que Robert Bales soit pu­ni.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.