Les al­ler­gies prin­ta­nières en­gendrent l’ir­ri­ta­tion des yeux et le risque de dé­ve­lop­per une ma­la­die ocu­laire dé­gé­né­ra­tive

L'Express Ottawa - - SANTÉ - L’édi­tion Nou­velles

Pour cer­tains, le prin­temps et l’été sont une source de ré­jouis­sance. Pour des cen­taines de mil­liers de Ca­na­diens qui souffrent d’al­ler­gies, la sai­son chaude se tra­duit par des frot­te­ments des yeux pour sou­la­ger les dé­man­geai­sons cau­sées par la pré­sence ac­crue de pol­len et d’autres al­ler­gènes.

Les mé­de­cins nous pré­viennent tou­te­fois que le frot­te­ment per­sis­tant des yeux qui ac­com­pagne gé­né­ra­le­ment la sai­son des al­ler­gies peut me­ner au ké­ra­to­cône, un trouble dé­gé­né­ra­tif de l’oeil qui af­fai­blit la cor­née. Comme cette der­nière est en forme de dôme, le frot­te­ment ré­pé­ti­tif en pro­voque la dé­for­ma­tion.

« Le frot­te­ment des yeux peut contri­buer au dé­ve­lop­pe­ment du ké­ra­to­cône, ce qui peut en­gen­drer, au fil du temps, l’amincissement et le gon­fle­ment en forme de cône de la cor­née af­fai­blie et ain­si trou­bler la vi­sion », af­firme le doc­teur Mark Co­hen de LASIK MD. « À me­sure que l’ano­ma­lie pro­gresse, la vi­sion se dé­té­riore », ajoute-t-il.

La ma­la­die est ha­bi­tuel­le­ment dé­tec­tée du­rant l’ado­les­cence, ou même au dé­but de l’âge adulte, mais les dom­mages peuvent dé­jà com­men­cer lorsque les en­fants ont des al­ler­gies et se frottent les yeux vi­gou­reu­se­ment.

Dans les cas les plus lé­gers, le ké­ra­to­cône peut être trai­té à l’aide de lu­nettes ou de verres de contact, mais ceux-ci n’em­pêchent pas l’ano­ma­lie de pro­gres­ser. Au fil du temps, la forme de la cor­née af­fai­blie peut de­ve­nir de plus en plus ir­ré­gu­lière, à un point tel que même les pres­crip­tions éle­vées de lu­nettes et de len­tilles cor­néennes ne four­nissent plus une cor­rec­tion adé­quate de la vi­sion. Dans les cas graves et avan­cés, une greffe cor­néenne peut être né­ces­saire.

Heu­reu­se­ment, au cours des 10 der­nières an­nées, une nou­velle tech­nique ap­pe­lée « ré­ti­cu­la­tion du col­la­gène cor­néen (CXL) » a été dé­ve­lop­pée et uti­li­sée pour trai­ter la ma­la­die. Il s’est avé­ré que la CXL peut frei­ner la pro­gres­sion du ké­ra­to­cône en ren­for­çant la cor­née.

« L’in­ter­ven­tion est in­do­lore et non in­va­sive », as­sure Dr Co­hen. « Il suf­fit de po­lir dé­li­ca­te­ment la sur­face de la cor­née et de pla­cer des gouttes de vi­ta­mine ri­bo­fla­vine sur l’oeil. Une lu­mière ul­tra­vio­lette est en­suite ap­pli­quée, ce qui forme des liai­sons du col­la­gène qui dur­cissent la cor­née. »

Dans les cli­niques LASIK MD à l’échelle du Ca­na­da, les trai­te­ments CXL sont com­bi­nés à une in­ter­ven­tion au la­ser ex­ci­mère. Cette ap­proche pro­cure le double avan­tage de frei­ner la pro­gres­sion du ké­ra­to­cône et de cor­ri­ger cer­tains des ef­fets de la ma­la­die. Le trai­te­ment dé­bute par une in­ter­ven­tion au la­ser ex­ci­mère gui­dée par les to­po­gra­phies qui re­mo­dèle la cor­née pour ré­duire la pres­crip­tion anor­ma­le­ment éle­vée. La CXL est en­suite ef­fec­tuée, ce qui ren­force la cor­née et em­pêche la pro­gres­sion du ké­ra­to­cône. L’in­ter­ven­tion double sta­bi­lise et ren­force la cor­née, elle per­met donc au pa­tient d’avoir une meilleure vi­sion lors­qu’il porte des lu­nettes ou des len­tilles cor­néennes.

Bien que la CXL et le trai­te­ment au la­ser ne consti­tuent pas un re­mède, ils freinent la pro­gres­sion du ké­ra­to­cône, ce qui re­pré­sente un avan­ce­ment ma­jeur au ni­veau des op­tions thé­ra­peu­tiques of­fertes à ceux qui souffrent de la ma­la­die dé­gé­né­ra­tive.

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