«L’heure est ve­nue de re­haus­ser l’édu­ca­tion post­se­con­daire»

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE TRIBUNE LIBRE -

Ac­tuel­le­ment, beau­coup de cher­cheurs d’em­ploi n’ont pas la ca­pa­ci­té d’oc­cu­per les postes à pour­voir, parce qu’ils n’ont pas la qua­li­fi­ca­tion de­man­dée et les com­pé­tences avan­cées qui sont exi­gées.

Le Con­fe­rence Board du Canada a es­ti­mé que l’in­adé­qua­tion des com­pé­tences coûte an­nuel­le­ment à l’On­ta­rio plus de 24,3 milliards de dol­lars en perte d’ac­ti­vi­té éco­no­mique. L’On­ta­rio tente de ré­soudre le pro­blème de l’in­adé­qua­tion des com­pé­tences, il est im­por­tant de pou­voir four­nir une gamme plus éten­due de pro­grammes axés sur une car­rière et me­nant à un grade.

L’On­ta­rio se doit de re­le­ver un tel dé­fi. Le gou­ver­ne­ment doit éla­bo­rer, en col­la­bo­ra­tion avec les en­tre­prises et les édu­ca­teurs, une stra­té­gie glo­bale pour ai­der un plus grand nombre de per­sonnes – de jeunes, sur­tout – à trou­ver un em­ploi va­lo­ri­sant. Il faut mettre da­van­tage l’ac­cent sur une for­ma­tion su­pé­rieure axée sur les car­rières, ce qui com­prend la mise en place de nou­velles me­sures des­ti­nées à ai­der plus d’étu­diantes et étu­diants à suivre une combinaison d’études col­lé­giales et uni­ver­si­taires. Pa­ral­lè­le­ment, des ré­formes sont né­ces­saires pour rendre les études col­lé­giales plus at­trayantes au­près d’un plus grand nombre d’étu­diantes et étu­diants et de pa­rents.

L’une des me­sures les plus im­por­tantes que peut adop­ter l’On­ta­rio est de per­mettre en­fin aux col­lèges d’of­frir des pro­grammes de trois ans me­nant à un grade dans cer­tains do­maines pro­fes­sion­nels spé­ci­fiques. La si­tua­tion ac­tuelle en On­ta­rio est très in­ha­bi­tuelle. Dans la plu­part des pays membres de l’OCDE, les fi­nis­sants de pro­grammes post­se­con­daires de trois ans – y com­pris ceux axés sur les car­rières – se voient confé­rer un grade.

Tou­te­fois, tel n’est pas le cas dans notre pro­vince. Alors que cer­tains offrent des pro­grammes de quatre ans me­nant à un grade, les col­lèges se voient contraints à confé­rer un di­plôme aux fi­nis­sants de leurs pro­grammes de trois ans.

Cette si­tua­tion doit chan­ger. De plus en plus d’em­ployeurs re­cherchent des di­plô­més post­se­con­daires dé­te­nant un grade et dotés des com­pé­tences et des qua­li­fi­ca­tions avan­cées qui leur per­met­tront d’être im­mé­dia­te­ment fonc­tion­nels dans cer­taines car­rières. Pa­ral­lè­le­ment, plu­sieurs étu­diantes et étu­diants sont in­té­res­sés par des études post­se­con­daires ap­pli­quées me­nant à un grade. En outre, les di­plô­més de la plu­part des pro­grammes col­lé­giaux de trois ans mé­ritent plei­ne­ment d’ob­te­nir un grade.

Dans plu­sieurs cas, les pro­grammes col­lé­giaux de trois ans se conforment dé­jà aux normes pro­vin­ciales et in­ter­na­tio­nales d’études sanc­tion­nées par un bac­ca­lau­réat. Ain­si, les étu­diantes et étu­diants qui ter­minent de tels pro­grammes de­vraient se voir dé­cer­ner un titre qui re­con­naît leurs réa­li­sa­tions à leur juste va­leur et leur per­met de li­vrer une concur­rence plus ef­fi­cace en vue d’une car­rière en­ri­chis­sante.

Le gou­ver­ne­ment n’est pas sans igno­rer l’ef­fi­ca­ci­té des pro­grammes col­lé­giaux me­nant à un grade. En ef­fet, une étude in­dé­pen­dante – en­tre­prise au nom du gou­ver­ne­ment – des pro­grammes col­lé­giaux de quatre ans me­nant à un grade a ré­vé­lé que les col­lèges livrent avec suc­cès de tels pro­grammes axés sur les car­rières et les­quels ne sont pas of­ferts par les uni­ver­si­tés. En plus d’in­tro­duire des pro­grammes de trois ans me­nant à un grade, le gou­ver­ne­ment de­vrait éga­le­ment étendre la gamme de pro­grammes col­lé­giaux de quatre ans sanc­tion­nés par un grade.

De plus en plus d’étu­diantes et étu­diants re­con­naissent dé­jà la va­leur des pro­grammes axés sur les car­rières dans l’éco­no­mie d’au­jourd’hui. À preuve, les ins­crip­tions col­lé­giales n’ont ja­mais été aus­si éle­vées. Qui plus est, le nombre de di­plô­més uni­ver­si­taires qui s’ins­crivent à des études col­lé­giales s’est ac­cru de plus de 40 pour cent au cours des cinq der­nières an­nées.

Le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial doit ti­rer par­ti de ce suc­cès. Le fait d’étendre la gamme de pro­grammes col­lé­giaux sanc­tion­nés par un grade per­met­tra aux col­lèges d’at­ti­rer en­core plus d’étu­diantes et étu­diants et de pro­duire da­van­tage de di­plô­més. Ain­si, l’On­ta­rio dis­po­se­ra d’une main-d’oeuvre plus qua­li­fiée et d’un plus grand nombre d’em­ployés qui obtiennent un travail en­ri­chis­sant.

Nous croyons que l’heure est ve­nue de re­haus­ser l’édu­ca­tion post­se­con­daire en On­ta­rio au ni­veau in­ter­na­tio­nal, en pro­po­sant une gamme plus im­por­tante de pro­grammes col­lé­giaux me­nant à un grade.

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