L’Ukraine au bord du gouffre

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE - Jé­ré­mie Com­tois La Ci­ta­delle

De­puis quatre mois, le peuple ukrai­nien ( L’Ukraine est un pays de l’ex­trême Est de l’Eu­rope, voi­sin de la Rus­sie) est en guerre contre son propre gou­ver­ne­ment. Tout a com­men­cé lorsque le gou­ver­ne­ment du 4ième pré­sident de l’Ukraine, Vik­tor Ia­nou­ko­vytch, a dé­ci­dé de sus­pendre un ac­cord d’as­so­cia­tion avec l’UE (Union eu­ro­péenne). Le peuple était mé­con­tent de la dé­ci­sion suite à un vote, en 2008, qui in­di­quait que 44 % de la po­pu­la­tion était pour l’adhé­sion à l’UE, contre 35 % du peuple qui était contre cette adhé­sion. C’est alors qu’une par­tie de la po­pu­la­tion de l’Ukraine, jus­qu’à 800 000 per­sonnes, a ma­ni­fes­té dans les rues de Kiev de­puis no­vembre. Mais, ce n’est qu’en fé­vrier 2014 que les choses ont pris une tour­nure vio­lente, fai­sant une cen­taine de morts, tant du cô­té des ma­ni­fes­tants que du cô­té des po­li­ciers.

Le gou­ver­ne­ment ukrai­nien pour sa part est pris entre deux unions pos­sibles : l’UE ou la Rus­sie. L’Ukraine manque d’ar­gent et ne peut plus payer ses créanciers dont un des prin­ci­paux est la Rus­sie. Si l’Ukraine signe une union avec la Rus­sie, le gou­ver­ne­ment de Vla­di­mir Pou­tine pro­met de le­ver les bar­rières doua­nières, de bais­ser les prix de son gaz na­tu­rel et d’of­frir un prêt de 15 milliards de dol­lars à son voi­sin. L’UE a re­fu­sé l’offre de l’Ukraine en échange d’un prêt de 20 milliards d’eu­ros mais elle lui pro­met une offre fi­nan­cière im­por­tante.

De­puis dé­cembre, des ma­ni­fes­tants re­fusent l’union avec la Rus­sie car ils croient que ce­la n’ap­por­te­rait rien de pros­père à leur pays. Ils ma­ni­festent dans des condi­tions dif­fi­ciles par­tout au pays. Non seule­ment les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques sont dif­fi­ciles à cause des basses tem­pé­ra­tures et des fortes chutes de neige mais aus­si à cause des com­bats entre po­li­ciers et ma­ni­fes­tants qui sont très vio­lents.

De­puis le 20 fé­vrier, avec l’ac­cord du mi­nistre de l’in­té­rieur, les po­li­ciers tirent dé­sor­mais de vraies balles et non des balles en ca­ou­tchouc comme au­pa­ra­vant. Les ma­ni­fes­tants ont aus­si été la cible de sni­pers ukrai­niens qui ont ti­ré sur la foule et tué, seule­ment le 20 fé­vrier, 77 per­sonnes. Les vio­lences conti­nuent en­core au­jourd’hui sur la Place de l’in­dé­pen­dance, à Kiev, où le nombre de ma­ni­fes­tants ne fait qu’aug­men­ter.

Suite à ces vio­lences ex­trêmes, la scène in­ter­na­tio­nale a re­gar­dé les atro­ci­tés com­mises contre les ma­ni­fes­tants et y a ré­agi. Une skieuse olym­pique ukrai­nienne et son en­traî­neur se sont même re­ti­rés des Jeux olym­piques de Sot­chi en signe de pro­tes­ta­tion contre la vio­lence qui a tué des di­zaines de per­sonnes dans son pays na­tal. Le vice-pré­sident des États-Unis, Joe Bi­den, a pré­ve­nu le gou­ver­ne­ment ukrai­nien qu’il était dis­po­sé à prendre des sanctions contre les per­sonnes cou­pables d’avoir or­don­né de ti­rer sur des ma­ni­fes­tants. Des re­pré­sen­tants de la France et de l’Al­le­magne ont ren­con­tré le pré­sident ukrai­nien plus tôt cette se­maine sans en ar­ri­ver à une en­tente. Le pré­sident a pro­mis une élec­tion vers la fin de 2014.

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