L’île de dé­chets

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE - Ch­loé Desjardins Omer-Des­lau­riers

La mer recueille beau­coup de dé­chets re­je­tés par les hu­mains au quo­ti­dien. L’am­pleur de ce dé­sastre en­vi­ron­ne­men­tal peut être me­su­rée phy­si­que­ment grâce aux cou­rants ma­rins de l’océan Pacifique.

Une in­quié­tude in­ter­na­tio­nale se cris­tal­lise sur « La grande plaque de dé­chets du Pacifique », connue aus­si sous le nom de «l’île de dé­chets » et qui se com­pose d’un ras­sem­ble­ment gran­dis­sant de dé­chets à l’est et à l’ouest de l’Océan Pacifique.

Dans ce ra­mas­sis qui s’étend sur 3,43 mil­lions de km2, soit la taille du tiers de l’Eu­rope, on ren­contre es­sen­tiel­le­ment et à hau­teur de 90%, des ré­si­dus en plas­tique tels que des sacs de plas­tique. « L’Al­ga­li­ta Ma­rine Re­search Foun­da­tion » , qui a ob­ser­vé ce phé­no­mène du­rant quinze ans, nous in­dique que ces dé­chets ont flot­té sur l’océan pen­dant des an­nées trans­por­tés par les cou­rants ma­rins. Plus pré­ci­sé­ment, on parle ici des tour­billons du Nord-Pacifique, si­tués géo­gra­phi­que­ment entre la Ca­li­for­nie et Ha­waii.

Se­lon le rap­port, « les dé­bris plas­tiques et les océans » de Green­peace, la quan­ti­té ac­tuelle est éva­luée entre 750 000 et un mil­lion de dé­bris par km2. D’ailleurs, cet amas de dé­chets est com­pa­ré à un conti­nent mor­tel, dû à un pro­blème que nous connais­sons tous. Le plas­tique ne peut se dé­gra­der fa­ci­le­ment et prend alors entre 500 ans et 1000 ans pour se dé­com­po­ser. Ce­la laisse am­ple­ment de temps à cette pol­lu­tion de se dis­per­ser au sein des chaînes ali­men­taires où, comme le dé­montre Green­peace, en­vi­ron un mil­lion d’oi­seaux et 100 000 mam­mi­fères ma­rins vont pé­rir à cause de l’in­ges­tion du plas­tique par an. De ce fait, ce phé­no­mène est ex­pli­qué par la sé­pa­ra­tion des mo­lé­cules de plas­tiques. C’est ain­si que Re­bec­ca Asch, cher­cheuse de l’ins­ti­tut d’Océa­no­gra­phique Scripps, ex­plique que « ce sont de tout pe­tits mor­ceaux de plas­tique de la taille d’un confet­ti (lar­geur in­fé­rieure à 5 mm) […] ils ont la même taille que le planc­ton dont se nour­rissent les pois­sons. Ces der­niers mangent le plas­tique parce qu’ils le confondent avec du planc­ton ».

Il est aus­si im­por­tant de sou­li­gner que les oi­seaux ne sont pas les seuls à man­ger les pois­sons, car l’es­pèce hu­maine fait aus­si par­tie de cette chaîne ali­men­taire.

Ain­si, les dé­chets que nous re­je­tons dans la mer semblent se ras­sem­bler dans le but de for­mer l’image d’une créa­ture que nous avons en­gen­drée en toute naï­ve­té. Cette créa­ture conti­nue­ra à prendre sa re­vanche tant que nous ne fai­sons au­cun ef­fort pour l’ar­rê­ter.

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