6000 tonnes de to­mates se­ront pro­duites an­nuel­le­ment à Drum­mond­ville

L'Express - - ACTUALITÉS - CYN­THIA GI­GUÈRE-MARTEL cyn­thia.martel@jour­na­lex­press.ca

DÉ­VE­LOP­PE­MENT DU­RABLE. Les Pro­duc­tions Hor­ti­coles De­mers ont inau­gu­ré le 9 no­vembre der­nier ce qui est consi­dé­rée comme la plus grosse serre de pro­duc­tion de to­mates au Qué­bec sur le site de Waste Ma­na­ge­ment (WM).

La nou­velle serre à faible em­preinte éco­lo­gique triple les ins­tal­la­tions de De­mers dans le Centre-du-qué­bec, pas­sant de 3,2 à 10 hec­tares (l’équi­valent de 20 ter­rains de foot­ball) et com­plète la phase II du pro­jet to­ta­li­sant un in­ves­tis­se­ment de 40 mil­lions de dol­lars. L’agran­dis­se­ment, qui s’est éta­lé sur un an, vaut à lui seul 25 mil­lions de dol­lars. Qui plus est, le pro­jet au­ra per­mis dans son en­semble de créer plus de 90 em­plois à Drum­mond­ville. Au su­jet du re­cru­te­ment, Jacques De­mers, pré­sident de Pro­duc­tions hor­ti­coles De­mers, a ad­mis à L’ex­press que ce n’est pas une mince tâche.

« Le re­cru­te­ment cô­té pro­duc­tion c’est quelque chose de com­pli­qué. Pour nous, dans le monde agri­cole, c’est clair que ça passe par les tra­vailleurs étran­gers. Donc tous les gens aux postes d’opé­ra­tion dans la serre sont prin­ci­pa­le­ment des Gua­té­mal­tèques qui se re­laient avec des contrats de 8 à 12 mois par an­née. Si on n’avait pas les tra­vailleurs étran­gers, on n’exis­te­rait pas, c’est im­pos­sible. »

DES PRO­DUITS LO­CAUX TOUTE L’AN­NÉE

La ca­pa­ci­té de pro­duc­tion de cette nou­velle serre se­ra de plus de 100 000 kg par se­maine ou 6000 tonnes an­nuel­le­ment. De­mers, le deuxième plus gros pro­duc­teur de to­mates en sur­face, pour­ra ain­si être en me­sure d’as­su­rer un ap­pro­vi­sion­ne­ment cons­tant et adé­quat toute l’an­née pour sa­tis­faire les be­soins des chaînes et des gros­sistes-dis­tri­bu­teurs lo­caux.

«Avec l’ar­ri­vée de la pé­riode hi­ver­nale, les ama­teurs de pro­duits frais et lo­caux se­ront ra­vis d’ap­prendre que grâce à cette nou­velle serre, des to­mates en quan­ti­té se­ront do­ré­na­vant dis­po­nibles dans leurs su­per­mar­chés, et ce, dans toutes les prin­ci­pales chaînes d’ali­men­ta­tion du Qué­bec », in­dique M. De­mers, sou­li­gnant que dès mars pro­chain, ils of­fri­ront les pre­mières ré­coltes de fram­boises de serre, une pre­mière.

« Nous pour­rons mettre en place des ac­tions de com­mer­cia­li­sa­tion qui di­mi­nue­ront les be­soins d’im­por­ter des pro­duits de l’ex­té­rieur, no­tam­ment du Mexique », ajoute-t-il.

UNE SERRE DER­NIER CRI

Comme pour la pre­mière phase, De­mers conti­nue à uti­li­ser un mo­dèle de pro­duc­tion unique. Rap­pe­lons qu’en 2012, Waste Ma­na­ge­ment avait im­plan­té sur le lieu d’en­fouis­se­ment tech­nique de Drum­mond­ville, une cen­trale de pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té uti­li­sant les bio­gaz (source d’éner­gie is­sue de ma­tières or­ga­niques, dans ce cas pré­cis, les dé­chets) comme car­bu­rant pour ali­men­ter des mo­teurs, les­quels sont cou­plés à des gé­né­ra­trices. En clair, la serre est chauf­fée par la cha­leur ré­cu­pé­rée des mo­teurs. Cette mé­thode per­met d’évi­ter d’uti­li­ser des com­bus­tibles fos­siles tra­di­tion­nels pour le chauf­fage. Au to­tal, cette serre per­met de di­mi­nuer les émis­sions de gaz à ef­fet de serre (GES) de plus de 26 000 tonnes an­nuel­le­ment, soit l’équi­valent de 6500 voi­tures de moins en cir­cu­la­tion.

« La pro­duc­tion lo­cale de ces fruits per­met aus­si de di­mi­nuer la dis­tance par­cou­rue par ces pro­duits de con­som­ma­tion cou­rante pour ar­ri­ver sur les étals de nos su­per­mar­chés ; une pré­oc­cu­pa­tion de plus en plus pré­sente chez le consom­ma­teur », sou­tient le pré­sident.

Ques­tion­né sur la pos­sible fer­me­ture du site d’en­fouis­se­ment, M. De­mers de­meure confiant, quoi­qu’un peu in­quiet, quant à la ques­tion d’ali­men­ta­tion en bio­gaz.

« Le bio­gaz qu’on a pré­vu pour ré­chauf­fer la serre pour les pro­chaines an­nées a été cal­cu­lé se­lon le ton­nage des dé­chets dé­jà sur le site. À court et moyen termes, je di­rais qu’il n’y a pas de pro­blème, car les dé­chets prennent plu­sieurs an­nées à se dé­com­po­ser. Tout ça fait en sorte qu’on est confor­table 10-15 ans au moins. Mais c’est cer­tain que ça nous in­sé­cu­rise un peu. »

De son cô­té, Mar­tin Dus­sault, di­rec­teur des affaires pu­bliques chez WM, mar­tèle que la fer­me­ture de­meure tou­jours une « hy­po­thèse ». De plus, il es­time que la serre et la cen­trale pour­ront plu­tôt être ali­men­tées du­rant 20 à 25 ans.

« Lorsque nous avons mon­té le pro­jet avec Hy­dro-qué­bec, nous l’avons fait de fa­çon sé­cu­ri­taire dans le sens où nous n’avions consi­dé­ré uni­que­ment les dé­chets en­fouis. De toute fa­çon, nous ne pou­vions pas pré­su­mer les au­to­ri­sa­tions fu­tures. [...] Ain­si, nous sommes en me­sure d’ho­no­rer nos en­ga­ge­ments avec De­mers », tient-il à pré­ci­ser.

(Pho­tos Cyn­thia Gi­guère-martel)

La phase II a été en­ta­mée en oc­tobre 2016.

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