Ré­no­va­tion ma­jeure de 1,1 M$ au Pa­villon de l’as­sué­tude

L'Express - - ACTUALITÉS - CYN­THIA GIGUÈRE-MAR­TEL cyn­thia.mar­tel@jour­na­lex­press.ca

DÉ­PEN­DANCE. D’im­por­tants tra­vaux de l’ordre de 1,1 M$ réa­li­sés au cours des der­niers mois au Pa­villon de l’as­sué­tude à Saint-guillaume per­met main­te­nant à l’or­ga­nisme de bo­ni­fier « si­gni­fi­ca­ti­ve­ment » ses ser­vices.

Ins­tal­lé de­puis 2010 dans un an­cien couvent, le centre de trai­te­ment des dé­pen­dances ne ré­pon­dait plus aux be­soins.

« La de­mande pour nos ser­vices étant gran­dis­sante, il fal­lait se do­ter d’in­fra­struc­tures adé­quates », a sou­li­gné Alexandre Rat­té, di­rec­teur gé­né­ral du Pa­villon de l’as­sué­tude, lors de l’inau­gu­ra­tion, lundi.

«Par cet in­ves­tis­se­ment, nous amé­lio­rons si­gni­fi­ca­ti­ve­ment la qua­li­té des ser­vices que nous of­frons en plus de nous don­ner les moyens d’op­ti­mi­ser les res­sources dont nous dis­po­sons. Notre équipe et nos ad­mi­nis­tra­teurs ont tra­vaillé pen­dant deux ans avec nos dif­fé­rents par­te­naires afin de réa­li­ser cet im­por­tant pro­jet et au­jourd’hui nous sommes très heu­reux de pou­voir of­frir un en­vi­ron­ne­ment confor­table et convi­vial. »

Il s’agit prin­ci­pa­le­ment de tra­vaux de ré­amé­na­ge­ment et de ré­fec­tion, dont les salles de bain et les cages d’es­ca­liers, qui ont été réa­li­sés de fa­çon à res­pec­ter le ca­rac­tère his­to­rique du bâ­ti­ment.

Les nou­veaux lo­caux per­mettent d’ac­cueillir un maxi­mum de 44 per­sonnes pour un trai­te­ment avec hé­ber­ge­ment. Il s’agit d’un ajout de 12 places.

Le pro­jet a bé­né­fi­cié du fi­nan­ce­ment de dif­fé­rents par­te­naires, no­tam­ment la Fi­du­cie du Chan­tier de l’économie so­ciale avec un mon­tant de 797 239 $.

Le Pa­villon de l’as­sué­tude est un centre de trai­te­ment des dé­pen­dances telles que les drogues et l’al­cool et est cer­ti­fié et fi­nan­cé par le CIUSSS de la Mau­ri­cie-et-du-centre-du-qué­bec. En plus de per­mettre aux clients d’ac­qué­rir une pé­riode d’abs­ti­nence, les ob­jec­tifs gé­né­raux du pro­gramme sont d’ame­ner les clients à dé­ve­lop­per de nou­velles com­pé­tences et de saines ha­bi­tudes de vie. L’éta­blis­se­ment se dis­tingue no­tam­ment par un ser­vice d’ac­cueil et d’éva­lua­tion ra­pide (dé­lai de 24 h lors­qu’il y a des places dis­po­nibles) et par un taux de com­plé­tion des pro­grammes de près de 50%, ce qui est par­mi les plus éle­vés de la ré­gion, se­lon le di­rec­teur gé­né­ral.

« JE RE­TROUVE L’HOMME EN MOI »

Lors de la con­fé­rence de presse, un homme, dont le nom ne se­ra pas dé­voi­lé afin de pré­ser­ver son ano­ny­mat, a bien vou­lu par­ta­ger son his­toire et té­moi­gner de son ex­pé­rience au Pa­villon de l’as­sué­tude. Après seule­ment cinq se­maines de trai­te­ments, il a confié d’em­blée qu’il se sent beau­coup mieux et qu’il re­gagne peu à peu de la confiance.

«Je re­trouve l’homme en moi. Je vais mieux et j’ai plus d’es­time de soi et de confiance. Je prends la thé­ra­pie très au sé­rieux et je trouve qu’elle n’est pas ba­sée sur la confron­ta­tion, donc ça aide. Je suis bien ici », a-t-il ex­po­sé.

L’homme a dé­jà eu il y a plu­sieurs di­zaines d’an­nées des pro­blèmes de consom­ma­tions. Il s’en était sor­ti. En 2006, il a re­çu un diag­nos­tic de can­cer co­lo­rec­tal. Il avait 42 ans.

« Mon monde s’est écrou­lé. J’ai tou­jours été un tra­vaillant et un homme très ac­tif et du jour au len­de­main, j’ai dû ar­rê­ter de tra­vailler et ra­len­tir mes ac­ti­vi­tés pour suivre mes trai­te­ments. S’en est sui­vi une sé­rie de chocs et d’in­com­pré­hen­sion. Me re­gar­der dans le mi­roir sans che­veux, ça me trou­blait. Et je ne com­pre­nais pas pour­quoi ma conjointe res­tait avec moi et vou­lait tant m’ai­der. »

Puis, un jour, il a flan­ché.

«J’ai re­com­men­cé à consom­mer. Je suis aus­si re­tour­né au tra­vail, mais comme j’ai été long­temps en ar­rêt, on di­rait que je vou­lais rat­tra­per le temps per­du, donc je fai­sais des 60-70 heures par se­maine. (...) Un mo­ment don­né, je me suis éloi­gné de mes proches et moi, la so­li­tude, ça me tue... Donc je consom­mais da­van­tage. En fait, je tra­vaillais pour consom­mer et je de­vais consom­mer pour tra­vailler. C’était une roue qui tour­nait sans cesse. »

Ne voyant au­cune is­sue de­vant lui, il a pris son cou­rage à deux mains et est ve­nu co­gner au Pa­villon.

« Je suis ici jus­qu’au 19 jan­vier. Je tra­vaille fort, car j’ai des ob­jec­tifs à ma sor­tie. Je suis conscient par contre qu’il va fal­loir une dis­ci­pline. Je re­com­mande ce ser­vice à toutes les per­sonnes dans le be­soin », a-t-il lais­sé tom­ber, les yeux pé­tillants.

(Photo Cyn­thia Giguère-mar­tel)

Alexandre Rat­té, di­rec­teur gé­né­ral du Pa­villon de l’as­sué­tude, Line Ba­ril, pré­si­dente du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, et Jacques Cha­rest, di­rec­teur gé­né­ral de la Fi­du­cie du Chan­tier et de l’économie so­ciale.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.