SPORTS « Nos par­ti­sans sont en­core échau­dés »

L'Express - - ANNONCES CLASSÉES - JO­NA­THAN HABASHI jo­na­than.habashi@jour­na­lex­press.ca

HO­CKEY. Au mo­ment où les foules sont en hausse un peu par­tout à tra­vers la Ligue de ho­ckey ju­nior ma­jeur du Qué­bec (LHJMQ), les spec­ta­teurs se font de moins en moins nom­breux au Centre Mar­cel-dionne. Fai­sant fi de leur jeu­nesse, les Vol­ti­geurs trônent pour­tant par­mi les meilleures équipes au clas­se­ment gé­né­ral.

Alors qu’on ap­proche du cap de la mi-sai­son, une moyenne d’à peine 1753 spec­ta­teurs a as­sis­té aux 16 pre­miers matchs lo­caux des Vol­ti­geurs. Il s’agit d’une im­por­tante baisse de 15,6 % par rap­port à la der­nière cam­pagne, dé­jà la pire de la der­nière dé­cen­nie au cha­pitre des as­sis­tances à Drum­mond­ville. Et si on com­pare ces chiffres à ceux de la der­nière sai­son ga­gnante des Vol­ti­geurs, en 2013-2014, on ob­serve une for­mi­dable di­mi­nu­tion de 27,3 % aux gui­chets.

Mal­gré ce constat in­quié­tant, le pré­sident des Vol­ti­geurs, Éric Ver­rier, ne s’alarme pas outre me­sure. Il es­time que l’or­ga­ni­sa­tion paye ac­tuel­le­ment pour ses in­suc­cès des trois der­nières sai­sons.

« Notre équipe de mar­ke­ting a beau être une ré­fé­rence à tra­vers ligue, mais comme ad­mi­nis­tra­teur d’une équipe spor­tive, je sais que le meilleur ou­til de mar­ke­ting de­meure la vic­toire. C’est vrai, quelle que soit la ligue ou le sport. Cette sai­son, la vic­toire est au ren­dez-vous, mais il faut re­gar­der notre his­to­rique. Ces trois der­nières an­nées, nos par­ti­sans n’ont pas été choyés : on était dans le bas du clas­se­ment. Le ho­ckey ju­nior est un cycle, mais le der­nier cycle a lais­sé des traces », a-t-il mis en contexte.

Dès l’an der­nier, les di­ri­geants des Vol­ti­geurs ont sen­ti ve­nir le coup, alors que de nom­breux dé­ten­teurs de billets de sai­son ont ces­sé de se pré­sen­ter aux matchs. Ré­sul­tat, 10 % d’entre eux n’ont pas re­nou­ve­lé leur abon­ne­ment cette sai­son.

« Cette di­mi­nu­tion de l’as­si­dui­té était com­pre­nable, parce que les ré­sul­tats n’étaient pas au ren­dez-vous. Cette an­née, les gens sont en­core échau­dés. Je les com­prends, mais je suis convain­cu qu’ils vont re­ve­nir tran­quille­ment. Ce n’est qu’une ques­tion de temps. Dé­jà, je m’at­tends à ce qu’il y ait plus de spec­ta­teurs en deuxième moi­tié de sai­son », a af­fir­mé le pré­sident des Vol­ti­geurs.

En at­ten­dant, les Vol­ti­geurs fi­gurent par­mi les pires équipes du cir­cuit au cha­pitre des as­sis­tances se­lon les ré­cents cal­culs du Jour­nal de Qué­bec. En com­pa­rai­son, les Ca­ta­ractes at­tirent tou­jours plus de 3000 spec­ta­teurs par match en moyenne mal­gré leur piètre ren­de­ment sur la glace.

« Les Ca­ta­ractes ont connu du suc­cès ces der­nières an­nées. Pré­sen­te­ment, ils sont au bas du clas­se­ment, mais les gens com­prennent que ça fait par­tie du cycle. À Ba­thurst, le Ti­tan a long­temps été dans le bas du clas­se­ment. Cette sai­son, l’équipe gagne, mais les gens tardent à re­ve­nir à l’aré­na », a ex­pli­qué Ver­rier.

« Sou­vent, ça prend une sai­son com­plète pour in­ver­ser une ten­dance aux gui­chets. Notre meilleure sai­son en termes de vente de billets de sai­son, ce fut en 2009-2010, soit l’an­née sui­vant la conquête de la coupe du Pré­sident. Ça prouve que ça ne se fait pas de fa­çon ins­tan­ta­née. »

UNE BONNE VI­BRA­TION

Avec une fiche de 19-8-1-1, force est de cons­ta­ter que la troupe de l’en­traî­neur-chef et di­rec­teur gé­né­ral Do­mi­nique Du­charme avance dans la bonne di­rec­tion.

« Non seule­ment on a des vic­toires, mais comme on est très jeunes, ce n’est pas juste pour cette an­née. Les vic­toires se­ront au ren­dez-vous pour en­core deux ou trois sai­sons. Alors for­cé­ment, les gens vont re­ve­nir à l’aré­na », a fait va­loir Éric Ver­rier.

«Au­tour de moi, je sens une bonne vi­bra­tion. Les gens constatent que Do­mi­nique Du­charme a un plan et qu’il fonc­tionne. En l’es­pace d’une seule sai­son, il a fait vi­rer la roue. L’équipe est jeune, ta­len­tueuse et dé­jà, elle per­forme de belle fa­çon. C’est ce qui me rend op­ti­miste », a ajou­té ce­lui qui a congé­dié le dg Do­mi­nic Ri­card au prin­temps 2016.

Cette jeu­nesse fait-elle jus­te­ment dou­ter les par­ti­sans de la ca­pa­ci­té de l’équipe à conti­nuer de faire la barbe aux puis­sances les plus ex­pé­ri­men­tées du pla­teau pen­dant toute la sai­son ?

« His­to­ri­que­ment, la LHJMQ est une ligue de joueurs de 19 et 20 ans, mais cette an­née, il y a moins de vé­té­rans d’im­pact. C’est de­ve­nu une ligue de jeunes, a ré­tor­qué Ver­rier. Les joueurs de 18 ans et moins sont à l’avant-plan. Avec ses bons ré­sul­tats, notre équipe re­flète ce vent de chan­ge­ment.»

MOINS DE PRES­SION SUR LA BILLET­TE­RIE

Dans un autre ordre d’idées, le pré­sident Ver­rier a rap­pe­lé que de nos jours, ce ne sont plus seule­ment les re­ve­nus aux gui­chets qui as­surent la sur­vie d’une équipe de la LHJMQ. C’est pour­quoi cette baisse d’as­sis­tance ne consti­tue pas un dan­ger im­mé­diat pour l’ave­nir des Vol­ti­geurs.

«Jus­qu’au dé­but des an­nées 2000, on était dé­pen­dant de nos as­sis­tances, mais comme c’est im­pos­sible de contrô­ler le nombre de spec­ta­teurs, il fal­lait chan­ger notre mo­dèle d’af­faires. On a donc di­ver­si­fié nos sources de re­ve­nus. »

C’est dans cette op­tique que l’or­ga­ni­sa­tion a mis sur pied de nou­velles ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment au fil des ans. « Ces évé­ne­ments an­nuels nous per­mettent de bou­cler notre bud­get, sans ou­blier nos re­ve­nus de com­man­dites et de loges qui sont tou­jours au ren­dez-vous. Ça dé­montre que la com­mu­nau­té d’af­faires est der­rière nous », a ex­pli­qué l’homme d’af­faires, qui a pris les rênes des Vol­ti­geurs en 2004.

En ce qui a trait à la pos­si­bi­li­té de cons­truire un nou­vel am­phi­théâtre, le pré­sident Ver­rier semble avoir fait une croix sur cette pos­si­bi­li­té. Il se range plu­tôt der­rière le pro­jet de ré­amé­na­ge­ment du Centre Mar­cel-dionne, qui de­meure sur la glace de­puis main­te­nant quatre ans.

« Un nou­vel aré­na at­tire des par­ti­sans, c’est prou­vé. Les Ca­ta­ractes en sont le meilleur exemple. Ici, la Ville de Drum­mond­ville a choi­si de ré­no­ver le Centre Mar­cel-dionne après avoir fait des études en ce sens. En tant qu’uti­li­sa­teurs de l’aré­na, on se range der­rière cette dé­ci­sion. Cet aré­na n’est pas op­ti­mal, mais bien ré­no­vé, il y a quelque chose à faire avec. Pré­sen­te­ment, le maire Alexandre Cus­son a fait du soc­cer­plexe sa prio­ri­té, mais l’aré­na est clai­re­ment le deuxième sur sa liste. »

(Pho­to d’ar­chives, Vincent Éthier)

Éric Ver­rier

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