Les li­bé­raux s’op­posent en bloc

L'Hebdo du Saint-Maurice - - ACTUALITÉS - TC ME­DIA MAURICIE re­dac­tion_­sha­wi­ni­gan@tc.tc

Les dé­pu­tés li­bé­raux de la Mauricie ont fait bloc la se­maine der­nière lors des au­di­tions de la Com­mis­sion de la re­pré­sen­ta­tion élec­to­rale (CRÉ) qui pro­pose, dans un rap­port pré­li­mi­naire dé­po­sé en mars 2015, la dis­pa­ri­tion de la cir­cons­crip­tion de Saint-Mau­rice à comp­ter des pro­chaines élec­tions gé­né­rales.

Tour à tour, le prin­ci­pal in­té­res­sé, le dé­pu­té Pierre Gi­guère, et ses col­lègues Ju­lie Bou­let et Marc H. Plante, res­pec­ti­ve­ment dé­pu­té de La­vio­lette et Mas­ki­non­gé, se sont ca­té­go­ri­que­ment op­po­sés à ce re­dé­cou­page.

La cir­cons­crip­tion de Saint-Mau­rice est condam­née par le DGE en rai­son «d’un nombre d’élec­teurs bien in­fé­rieur à la moyenne provinciale» en Mauricie, comme l’énonce le rap­port de la Com­mis­sion de la re­pré­sen­ta­tion élec­to­rale du Qué­bec (CRÉ), qui pro­pose une nou­velle carte pour 2018. La ré­gion est donc sur­re­pré­sen­tée se­lon les cri­tères de la loi élec­to­rale et pas­se­rait de cinq à quatre cir­cons­crip­tions, soit La­vio­lette, Mas­ki­non­gé, Cham­plain et Trois-Ri­vières.

À tour de rôle, les dé­pu­tés li­bé­raux ont fait flèche de tout bois pour contrer l’ar­gu­men­taire dé­mo­gra­phique et les cri­tères de la loi, en in­vo­quant les be­soins de la Mauricie, le taux de ri­chesse, le nombre d’as­sis­tés so­ciaux, le vieillis- se­ment de la po­pu­la­tion, l’oc­cu­pa­tion du ter­ri­toire, la re­pré­sen­ta­ti­vi­té, etc.

À la séance de la com­mis­sion dans la salle du Con­seil lé­gis­la­tif, le dé­pu­té de Saint-Mau­rice, M. Gi­guère, a dit que c’était une «er­reur dé­plo­rable» tout en fai­sant la pro­mo­tion de sa ré­gion.

«C’est un peu dif­fi­cile, vous pro­po­sez d’abo­lir mon com­té. Le di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions (DGE) a confir­mé que la Mauricie est condam­née, que Saint-Mau­rice est condam­né. C’est dé­plo­rable pour la dé­mo­cra­tie. Mes élec­teurs se font dire: ‘’Pierre, il était là pour ab­so­lu­ment rien’’.»

«Si nous te­nons à gar­der une forte re­pré­sen­ta­ti­vi­té po­li­tique en ré­gion, il est im­pé­ra­tif de conser­ver la cir­cons­crip­tion de Saint-Mau­rice. Que ce soit pour dé­fendre les élec­teurs, par­ti­ci­per à la lé­gis­la­tion et dé­fendre les dos­siers au­près des ins­tances, la pré­sence de cinq dé­pu­tés est cer­tai­ne­ment un atout pour la ré­gion, a dé­cla­ré le dé­pu­té Pierre Gi­guère. En Mauricie, nous avons le plus haut taux d’as­sis­tance so­ciale au Qué­bec (9,6 %), nous re­ce­vons fré­quem­ment des gens dé­mu­nis au bu­reau et nous les orien­tons vers les bonnes res­sources. Dans la cir­cons­crip­tion de Saint-Mau­rice, nous avons éga­le­ment beau­coup de ci­toyens âgés qui ont be­soin d’être gui­dés dans leurs dif­fé­rentes dé­marches au­près du gou­ver­ne­ment.»

La dé­pu­tée de La­vio­lette, Ju­lie Bou­let, qui hé­ri­te­rait d’une par­tie du ter­ri­toire, s’en est aus­si plainte. Elle sou­tient que même si son élec­to­rat est dé­jà trop in­fé­rieur à la moyenne, son ter­ri­toire de­vien­drait trop grand. «Ça me prend huit heures pour al­ler d’un bout à l’autre de mon com­té, ma charge de tra­vail est consi­dé­rable», a-t-elle dé­plo­ré.

Le dé­pu­té de Mas­ki­non­gé, Marc H. Plante, qui lui aus­si hé­ri­te­rait du dé­pe­çage, a pour sa part cla­mé que c’était «in­ad­mis­sible» pour les ci­toyens de la Mauricie. Le DGE, Pierre Reid, a pour sa part ré­pon­du qu’il s’agis­sait d’un rap­port pré­li­mi­naire. «On va ré­ana­ly­ser les com­men­taires re­çus, mais pour la Mauricie, on ne voit pas d’autre so­lu­tion que la pro­po­si­tion qui a été faite, mais on est ici pour vous écou­ter», a-t-il conclu.

Les dé­pu­tés Pierre Gi­guère et Ju­lie Bou­let quelques se­maines après leur vic­toire lors de l’élec­tion du 7 avril 2014.

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