Grand-Mère «pho­to­sho­pée» par An­dré Ha­mel

Il pu­blie « Mou­rir d’ou­bli – Chro­niques de la grand’rue et des alen­tours »

L'Hebdo du Saint-Maurice - - CULTURE -

LEC­TURE. Tou­te­sa­vie,An­dréHa­me­la­prisdes notes dans sa tête. Des notes sur son en­fance, sur son en­vi­ron­ne­ment, sur les gens qu’il a cô­toyés... In­cons­ciem­ment, il pré­pa­rait les fon­de­ments de son tout pre­mier ro­man, Mou­rir d’ou­bli, dont il a ac­cou­ché le 23 août der­nier.

Un ro­man que l’au­teur de 72 ans au­ra mis une di­zaine d’an­nées à écrire et dont la trame de fond se veut fa­mi­lière à toute per­sonne qui, comme lui, a gran­di au Centre-de-la-Mau­ri­cie, et plus pré­ci­sé­ment à Grand-Mère, à l’époque où ce sec­teur de Sha­wi­ni­gan était une ville vi­vante et flo­ris­sante.

« On re­con­naît l’his­toire et la géo­gra­phie de la ré­gion, mais je les ai « ar­ran­gées » avec le gars des vues », in­dique M. Ha­mel. « Il y a des ana­chro­nismes. J’ai aus­si dé­pla­cé des bouts de rues et des mai­sons. Bref, j’ai un peu pho­to­sho­pé la réa­li­té. »

Mais rien pour cho­quer le lec­teur. Car ce­lui-ci est avant tout in­vi­té à voya­ger dans la tête et la vie d’Al­bert Al­li­bert, le nar­ra­teur du livre.

Le lec­teur entre en contact avec lui alors qu’il se trouve échoué sur une île de la ri­vière Saint-Mau­rice, faible et confus, après une ran­don­née en kayak trop in­tense pour ses ca­pa­ci­tés phy­siques, al­té­rées par l’âge qui le rat­trape. Sur la berge, il se rend compte qu’il ou­blie des choses et, sur­tout, qu’il va tom­ber dans l’ou­bli, comme ceux qui l’ont pré­cé­dé. Il re­vi­site alors avec le lec­teur ses sou­ve­nirs et l’amène à la ren­contre des per­sonnes qui ont mar­qué sa vie et qui sont au­jourd’hui dé­cé­dées.

« Il tente de com­prendre d’où il vient et où il va, ra­conte l’au­teur. Il es­saie de re­trou­ver ses ra­cines, les pe­tites et les grosses, en pas­sant en re­vue les morts de sa vie, ceux qui l’ont, en quelque sorte, fa­çon­né. »

Pour réa­li­ser son oeuvre, An­dré Ha­mel a pui­sé dans ses propres sou­ve­nirs et dans son vé­cu. « Je me suis ins­pi­ré de moi et de gens que j’ai connus. J’ai pris des traits de per­son­na­li­té de tout ce beau monde et en ai fait des per­son­nages. Aus­si, des dé­tails, par­mi mes sou­ve­nirs, sont de­ve­nus des scènes théâ­trales. Je me suis fait plai­sir à am­pli­fier tout ça. »

LA SOURCE

Il est dif­fi­cile pour lui de mettre le doigt sur l’élé­ment dé­clen­cheur de cette sou­daine en­vie d’écrire. Mais étran­ge­ment, la ré­dac­tion des pre­mières lignes de son ro­man coïn­cide avec son re­tour en Mau­ri­cie, une ving­taine d’an­nées après l’avoir quit­tée. Un re­tour à ses ra­cines qui l’a peut-être bien lais­sé sur son ap­pé­tit…

« J’ai dé­ci­dé de re­ve­nir parce que j’avais le goût de re­voir un ter­ri­toire fa­mi­lier. Ce­pen­dant, j’ai vite consta­té que mon mi­lieu s’était trans­for­mé, qu’il y avait un vide... Ça a pro­ba­ble­ment joué dans mon pro­ces­sus d’écri­ture », ré­flé­chit tout haut ce­lui qui avait quit­té la ré­gion à l’aube de la qua­ran­taine. « Je m’étais ins­tal­lé à Mon­tréal, sur la rue Lau­rier. La vie, sur cette rue, me rap­pe­lait ma jeu­nesse à Grand-Mère, où ça grouillait de vie et où tout était à proxi­mi­té : bou­che­rie, bou­lan­ge­rie, phar­ma­cie, etc.. »

Au­jourd’hui, c’est plu­tôt calme tout au­tour de lui. Par contre, son ima­gi­naire, lui, conti­nue de bouillon­ner. En ef­fet, le Grand-Mé­rois tra­vaille dé­jà sur un pro­chain livre, dans le­quel deux per­sonnes âgées vi­vant dans un centre d’hé­ber­ge­ment à Trois-Ri­vières se­ront en vedette. « Deux vieux dé­lin­quants tan­nés d’être là et qui songent à faire un road trip à vé­lo ou en Mus­tang, ré­sume-t-il. Je vise en ter­mi­ner l’écri­ture dans deux ans. »

Mou­rir d’ou­bli est dis­po­nible en li­brai­rie. Les gens in­té­res­sés à échan­ger avec l’au­teur pour­ront le faire le 10 oc­tobre pro­chain à 19 h à la bi­blio­thèque Hé­lène-B.-Beau­sé­jour.

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