TAG Me­dia s’in­vite dans la cam­pagne élec­to­rale

L'Hebdo du Saint-Maurice - - ACTUALITÉS - BER­NARD LE­PAGE ber­nard.le­page@tc.tc

ME­DIA. Fer­mé de­puis près de deux ans, l’éphé­mère TAG Me­dia a fait une en­trée fra­cas­sante dans la cam­pagne élec­to­rale sha­wi­ni­ga­naise qui dé­bu­tait of­fi­ciel­le­ment ven­dre­di der­nier.

Porte-pa­role de Sha­wi­ni­gan Ci­toyens Aver­tis (SCA), Diane Bor­gia a dé­po­sé le 4 oc­tobre der­nier une plainte à la Sû­re­té du Qué­bec en lien avec la « dis­pa­ri­tion » de biens to­ta­li­sant en­vi­ron 8000 $, ap­par­te­nant la Ville de Sha­wi­ni­gan et ob­te­nus en contre­par­tie d’un prêt consen­tit par le CLD à l’éphé­mère en­tre­prise Tag Me­dia à l’été 2015.

La Ville de Sha­wi­ni­gan a ré­agi vi­gou­reu­se­ment à cette ac­cu­sa­tion, di­sant avoir agi avec ri­gueur et pro­fes­sion­na­lisme. Par voie de com­mu­ni­qué, elle a mis du même coup en garde qui­conque de te­nir « tous pro­pos ca­lom­nieux ou toutes al­lé­ga­tions qui pour­raient dis­cré­di­ter ou por­ter at­teinte à sa ré­pu­ta­tion ou celle de ses ad­mi­nis­tra­teurs. » Sans men­tion­ner où il se trouve, la Ville af­firme par ailleurs que le ré­si­duel des ac­tifs Tag Mé­dia, à l’ori­gine de la plainte de Mme Bor­gia, « de­meure tou­jours la pro­prié­té de la Ville. »

RAP­PEL DES FAITS

Le dos­sier dé­bute lorsque le CLD Sha­wi­ni­gan – au­jourd’hui dis­sout et in­té­gré à la Ville – ac­corde en mai 2015 (en juillet se­lon Diane Bor­gia) un prêt de 35 000 $ à TAG Me­dia dont les bu­reaux étaient in­cu­bés au Di­giHub. À peine quelques mois plus tard, soit au dé­but dé­cembre, l’en­tre­prise ferme les livres et ses ac­tifs éva­lués à 12 000 $ sont trans­fé­rés à la Ville pour ho­no­rer une par­tie de l’en­tente.

La ba­lance du prêt, soit 23 000 $, est as­su­mée à parts égales entre l’homme d’af­faires Mar­cel Ayotte – qui avait fi­nan­cé l’aven­ture – et Yves-Fran­çois Blanchet, le fon­da­teur et pré­sident de TAG Me­dia. La cau­tion de M. Ayotte au­rait été en­tiè­re­ment rem­bour­sée en août 2016 tan­dis que l’an­cien mi­nistre de l’En­vi­ron­ne­ment s’est en­ten­du en fé­vrier 2017 pour ho­no­rer sa part à rai­son de ver­se­ment men­suel de 319 $ jus­qu’en jan­vier 2020.

Suite à des do­cu­ments ob­te­nus via la Loi d’ac­cès à l’in­for­ma­tion et à des dé­marches in­di­vi­duelles me­nées au­près de tiers, Diane Bor­gia ap­prend qu’une par­tie des biens re­mis à la Ville a été ven­due pour une va­leur de 4080 $. Se­lon elle, la Ville dit igno­rer où sont le reste des ac­tifs. Plus pré­ci­sé­ment, le gref­fier Yves Vincent écrit dans une cor­res­pon­dance avec Mme Bor­gia que « Nous ne dé­te­nons pas de do­cu­ment qui pré­cise le lieu d’en­tre­po­sage de ces biens. » La plainte de vol dé­po­sée par la porte-pa­role de SCA est di­rec­te­ment re­liée à ces biens éva­lués à 8000 $ et qui com­pren­draient no­tam­ment des or­di­na­teurs por­tables, iPad, ca­mé­ras nu­mé­riques, sys­tème té­lé­pho­nique, etc.

UN PRÊT REM­BOUR­SÉ À 80% DIT LA VILLE

De son cô­té, la Ville de Sha­wi­ni­gan pré­tend avoir ré­cu­pé­ré près de 80 % des 35 000 $ ac­cor­dés par un prêt pro­ve­nant du Fonds lo­cal d’in­ves­tis­se­ment (FLI). Le prêt à TAG Mé­dia a été ga­ran­ti à 20 % de sa va­leur, le 28 mai 2015, par des cau­tions in­di­vi­duelles. Au mo­ment où l’en­tre­prise de Yves Fran­çois Blanchet a fer­mé les livres le dé­cembre sui­vant, une mo­di­fi­ca­tion au contrat, ap­por­tée le 1er dé­cembre 2015, a fait pas­ser les cau­tions in­di­vi­duelles à 65,7 % du prêt, pas­sant ain­si de 7000 $ à 23 000 $.

« La Ville de Sha­wi­ni­gan a pris pos­ses­sion des ac­tifs de TAG Mé­dia pour un mon­tant cor­res­pon­dant à la ba­lance de re­cou­vre­ment du prêt, soit 12 000 $, et elle s’est em­ployée à en faire la li­qui­da­tion au meilleur coût pos­sible. Un pre­mier lot a été ven­du à une star­tup pour un mon­tant de 1800 $. Puis, un man­dat a été don­né à une autre star­tup pour la vente des ac­tifs, ce qui a per­mis de ré­cu­pé­rer un mon­tant brut de 3090 $, pour un ré­si­duel de 2472 $ après le ver­se­ment d’une com­mis­sion pour la vente », sou­ligne-t-on dans le com­mu­ni­qué.

Se­lon la Ville, le ré­sul­tat des opé­ra­tions de re­cou­vre­ment au­ra per­mis, à ce jour, de ré­cu­pé­rer un mon­tant brut de 27 890 $ sur 35 000 $, soit un to­tal de 79,7 %. « En te­nant compte des com­mis­sions ver­sées pour la vente des ac­tifs, le mon­tant du re­cou­vre­ment se si­tue à 27 272 $, pour une pro­por­tion de 77,9 % du prêt ac­cor­dé », sou­ligne-t-on dans le com­mu­ni­qué.

UNE VENDETTA PO­LI­TIQUE?

Diane Bor­gia s’est vi­ve­ment dé­fen­due de faire cette sor­tie pu­blique alors que la cam­pagne élec­to­rale pour re­nou­ve­ler le pro­chain con­seil mu­ni­ci­pal s’est amor­cée of­fi­ciel­le­ment ven­dre­di der­nier. « J’ai com­men­cé mes dé­marches dans ce dos­sier au mois de juin. Ce n’est pas de ma faute si la Ville a uti­li­sé le maxi­mum des dé­lais à sa dis­po­si­tion pour me fournir les in­for­ma­tions que je de­man­dais. »

En séance du con­seil le 3 oc­tobre alors que Diane Bor­gia avait an­non­cé son in­ten­tion de por­ter plainte à la SQ, le maire Mi­chel An­gers avait lais­sé en­tendre que sa dé­marche était mo­ti­vée par une ven­geance en­tre­te­nue en­vers la conseillère Nan­cy Dé­ziel. Celle-ci avait vain­cu la porte-pa­role de SCA lors des élec­tions mu­ni­ci­pales de 2009 dans le dis­trict de la Ri­vière et elle est aus­si la conjointe de Yves-Fran­çois Blanchet.

TAG Me­dia au­ra été en opé­ra­tion à peine trois mois à l’au­tomne 2015.

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