Un chan­ge­ment d'ho­raire contes­té

Trans­port adap­té

L'Hebdo du Saint-Maurice - - ACTUALITÉS - PA­TRICK VAILLAN­COURT pa­trick.vaillan­court@tc.tc

TRANS­PORT ADAP­TÉ. Le pré­sident et la di­rec­trice gé­né­rale de l’or­ga­nisme Han­di­cap So­leil, Da­ny Mar­tel et Jo­sée Houle, se sont dé­pla­cés à l’Hô­tel de Ville lors de la der­nière as­sem­blée du conseil mu­ni­ci­pal en oc­tobre afin de dé­non­cer le chan­ge­ment d’heure pour le trans­port adap­té.

« On se de­mande si on fait par­tie in­té­grante de la ville. C’est un ser­vice es­sen­tiel pour les per­sonnes han­di­ca­pées à Sha­wi­ni­gan. On ai­me­rait au moins avoir les ho­raires qu’on avait avant. Les fins de se­maine, l’ho­raire est de 9 h à 13 h 30, et à 13 h 30, on est prêt à sor­tir de chez nous, parce que ce n’est pas fa­cile pour nous se préparer pour sor­tir », évoque Da­ny Mar­tel, pré­sident de l’as­so­cia­tion Han­di­cap So­leil.

En jan­vier der­nier, l’ho­raire a été chan­gé. Au­pa­ra­vant, le ser­vice of­frait un to­tal de 90 h 30 par se­maine, contre 73 h 30 de­puis jan­vier der­nier. No­tam­ment, les heures le week-end sont pas­sées de 9 h à 14 h ac­tuel­le­ment, com­pa­ra­ti­ve­ment de mi­di à 21 h le sa­me­di et de 9 h 30 à 17 h 30 le di­manche.

Jo­sée Houle, la di­rec­trice gé­né­rale d’Han­di­cap So­leil, qui fait par­tie aus­si de l’Al­liance des re­grou­pe­ments des usa­gers du trans­port adap­té au Qué­bec, a men­tion­né qu’il s’agis­sait de la dis­cri­mi­na­tion se­lon l’ar­ticle 15 de la charte ca­na­dienne des droits de la per­sonne. « La loi ne fait ac­cep­tion de per­sonne et s’ap­plique éga­le­ment à tous, et tous ont droit à la même pro­tec­tion et au même bé­né­fice de la loi, in­dé­pen­dam­ment de toute dis­cri­mi­na­tion, no­tam­ment des dis­cri­mi­na­tions fon­dées sur la race, l’ori­gine na­tio­nale ou eth­nique, la cou­leur, la religion, le sexe, l’âge ou les dé­fi­ciences men­tales ou physiques. »

De plus, Mme Houle in­di­quait qu’une Ville peut re­ce­voir jus­qu’à 65 % de son bud­get pour le trans­port adap­té par l’oc­troi d’une sub­ven­tion par le mi­nis­tère des Trans­ports. « Ce n’est pas le cas pré­sen­te­ment. Le dé­pu­té Pierre Gi­guère pour­rait por­ter le dos­sier au mi­nis­tère, mais ça lui prend de la chair au­tour de l’os. La Ville doit sou­mettre cer­tains chiffres pour re­ce­voir le fi­nan­ce­ment comme l’acha­lan­dage, etc. »

Lors de l’as­sem­blé, le maire Mi­chel An­gers a in­di­qué que la Ville ne veut au­cu­ne­ment faire de dis­cri­mi­na­tion. « Nous al­lons nous mettre au tra­vail. Si ça prend de la chair au­tour de l’os, on va don­ner un mor­ceau de viande au com­plet. Vous avez rai­son, c’est pré­vu que les deux tiers du bud­get pour le trans­port adap­té soient as­su­més par le gou­ver­ne­ment. »

Le bud­get en 2016 pour le trans­port adap­té était de 522 110 $, pour une sub­ven­tion gou­ver­ne­men­tale de 218 558 $ (41,8 %). En 2017, le bud­get est de 457 300 $, avec une sub­ven­tion de 218 552 $ (47,8 %).

Le di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions de la Ville de Sha­wi­ni­gan, Fran­çois St-Onge, in­dique que lorsque la Ré­gie de trans­port en com­mun de Sha­wi­ni­gan fait une mo­di­fi­ca­tion concer­nant le trans­port adap­té, elle s’adresse aux deux or­ga­nismes pour les per­sonnes han­di­ca­pées, soit Han­di­cap So­leil, et l’As­so­cia­tion pour la dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle (ADI) Centre-Mau­rice. « On dé­fon­çait le bud­get et il fal­lait chan­ger les heures, mentionne M. St-Onge. Mais si les or­ga­nismes veulent faire des re­com­man­da­tions pour bou­ger les heures dis­po­nibles, il n’y a pas de pro­blème. »

Tou­te­fois, ni Han­di­cap So­leil et ni l’ADI n’ont été consul­té par la Ville avant de pro­cé­der à la mo­di­fi­ca­tion des heures. « La Ville ne nous a pas consul­tés, elle nous a im­po­sé les nou­velles heures, sou­tient Mme Houle d’Han­di­cap So­leil. Le ser­vice n’est pas seule­ment pour les gens qui uti­lisent les ser­vices de nos as­so­cia­tions, mais pour tous les ci­toyens qui ont be­soin du ser­vice. De mon cô­té, j’or­ga­ni­sais un sou­per par mois, et j’ai dû de­man­der une dé­ro­ga­tion de jan­vier à avril. Même que pour le sou­per du 6 mai, j’ai su le 3 mai que ma dé­ro­ga­tion avait été re­fu­sée. J’ai fi­ni par avoir la dé­ro­ga­tion suite à des pres­sions ef­fec­tuées. J’ai même fait une de­mande de mo­di­fi­ca­tion d’heures pour l’été, comme il n’y a pas de pla­teau de tra­vail de l’ADI avec la sug­ges­tion que les heures fi­nissent plus tard, mais je n’ai ja­mais eu de re­tour. Ça fait plus que 5 mois que ça dure, alors on a été plus que pa­tient. On ne de­vrait même pas à avoir à de­man­der des dé­ro­ga­tions. Le trans­port adap­té doit être of­fert sur une base com­pa­rable que le trans­port en com­mun. Se­lon le pro­gramme de sub­ven­tion pro­vin­cial en trans­port adap­té, une al­lo­ca­tion sup­plé­men­taire peut être ac­cor­dée pour une hausse de l’acha­lan­dage, ce qui est le cas à Sha­wi­ni­gan. Les subventions n’at­teignent même pas 50 % du bud­get to­tal. Le maire An­gers a dit la ré­ponse que je vou­lais en­tendre lors de l’as­sem­blée. »

De son cô­té, la di­rec­trice gé­né­rale de l’ADI, Ca­ro­line Bou­cher, a éga­le­ment sou­li­gné que l’or­ga­nisme n’a pas été consul­té avant le chan­ge­ment des heures. « Il existe aus­si un impact pour nous et j’ap­puie à 100 % la dé­marche de Mme Houle d’Han­di­cap So­leil. »

(Pho­to TC Me­dia – Pa­trick Vaillan­court)

Da­ny Mar­tel, pré­sident d’Han­di­cap So­leil s’est dé­pla­cé à la der­nière as­sem­blée, et il a dû re­tour­ner chez lui par ses propres moyens.

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