«Je me vois comme un très bon mé­de­cin»

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - Eric Guer­tin

Les Édi­tions La Se­maine lan­çaient ré­cem­ment la bio­gra­phie in­ti­tu­lée: Mailloux le pa­ra­doxe. Le psy­chiatre se pro­nonce sur di­vers su­jets: son en­fance, son pas­sage dans l’ar­mée, ses re­la­tions avec les mé­dias, la mort, la sexua­li­té, etc. Peu de jours avant, le mé­de­cin avait ac­cep­té de ré­pondre aux ques­tions de l’Heb­do Jour­nal, his­toire d’en sa­voir un peu plus sur le per­son­nage.

Si vous n’aviez pas été psy­chiatre, qu’au­riez-vous fait comme mé­tier ou pro­fes­sion?

«Quand j’étais jeune, je vou­lais de­ve­nir un in­gé­nieur ci­vil mais je n’avais au­cune idée de ce que c’était. J’au­rais pu de­ve­nir in­gé­nieur et re­ce­voir des en­ve­loppes brunes de Zam­bi­to. Mais c’est un en­sei­gnant en bio­lo­gie qui m’a ai­dé a trou­vé ma pas­sion. Il m’a de­man­dé si j’avais dé­jà pen­sé à al­ler en mé­de­cine puisque j’étais l’un des meilleurs en bio­lo­gie. Je lui ai ré­pon­du que non. Mais l’idée a ger­mé et j’ai fi­ni par suivre ma for­ma­tion à l’Uni­ver­si­té La­val.»

Comment vous vous voyez de l’ex­té­rieur?

«Je me vois comme un très bon mé­de­cin. Très dé­voué aus­si. J’aime ce que je fais et c’est payant. J’aime ré­soudre les pro­blèmes des gens. Plus les pro­blèmes sont gros, plus j’aime ça. En tant que per­sonne, je ne suis pas fa­cile pour les gens qui veulent me ma­ni­pu­ler, je ne suis pas fa­cile pour ceux qui veulent m’écoeu­rer et je suis même dan­ge­reux pour ceux qui veulent me me­na­cer.»

Quel type d’en­fant étiez-vous?

«J’étais un très bon en­fant, très ser­viable et vif d’es­prit. J’étais très tra­vaillant, plus que les autres en­fants de la fa­mille.»

Qu’est-ce qui vous ré­pugne le plus de la so­cié­té? Ce qui vous met le plus en co­lère?

«Ce qui vient me cher­cher c’est un gros qui frappe un plus pe­tit que lui. Un homme qui frappe sur une femme par exemple. Il ne fau­drait pas que ce­la se pro­duise de­vant moi. Je peux être ma­lin.»

Croyez-vous à une force su­pé­rieure?

«Mon oeil ! Je suis athée. Je te vois, tu existes. Le reste n’existe pas. Tu es pous­sière et tu re­de­vien­dras pous­sière.»

Que pen­sez-vous des re­li­gions?

«Tu peux le ré­pé­ter: toutes les re­li­gions et toutes les idéo­lo­gies du monde sont un can­cer pour la so­cié­té.»

Êtes-vous sur le point de prendre votre re­traite?

«Est-ce que j’ai l’air de quel­qu’un qui s’en va à la re­traite? Tant que j’au­rai la san­té, je vais conti­nuer au même rythme. Moi, ce sont la ma­la­die et la mort qui vont m’ar­rê­ter. La re­traite, j’ignore ce que c’est. C’est un concept

qui n’a au­cune si­gni­fi­ca­tion pour moi.»

Ce dont vous êtes le plus fier jus­qu’à main­te­nant dans votre vie?

«Ma fro­ma­ge­rie. J’ai été le pre­mier à avoir dé­ve­lop­pé un fro­mage de lait cru com­mer­cial au Ca­na­da. Le pre­mier fro­mage lait cru au Ca­na­da, c’est Pierre Mailloux qui a eu l’idée et qui a payé 1,5 mil­lion de dol­lars pour dé­ve­lop­per le pro­duit.»

Avec le re­cul, si vous aviez la pos­si­bi­li­té de chan­ger cer­taines par­ties de votre par­cours, le fe­riez-vous?

«Je fe­rais at­ten­tion pour que le cave qui m’a ar­ra­ché une jambe ne me l’ar­rache pas une deuxième fois.»

L’être hu­main vient au monde bon ou c’est la so­cié­té qui le cor­rompt?

«Le vec­teur le plus im­por­tant est l’hé­ri­tage gé­né­tique. Si tes pa­rents sont deux ban­dits, tu as de fortes chances de le de­ve­nir aus­si. Nous sommes gé­né­ti­que­ment dé­ter­mi­nés. Si tes pa­rents sont de bonnes per­sonnes, tu as de fortes chances d’être une bonne per­sonne. L’in­fluence gé­né­tique est net­te­ment pré­do­mi­nante à l’in­fluence en­vi­ron­ne­men­tale. Je di­rais que la gé­né­tique in­fluence à 85%.»

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