Trois-Ri­vières et Bé­can­cour ou­verts au par­tage

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - SÉ­BAS­TIEN LACROIX se­bas­tien.lacroix@tc.tc

PAR­TAGE. Alors qu’il reste en­vi­ron 100 mil­lions $ sur la table dans le Fonds de di­ver­si­fi­ca­tion éco­no­mique de la Mau­ri­cie et du Centre-du-Qué­bec, des mo­di­fi­ca­tions im­por­tantes ont été an­non­cées la se­maine der­nière pour les dif­fé­rents sec­teurs de la ré­gion.

D’abord, la date bu­toir pour avoir ac­cès au fi­nan­ce­ment, qui avait été fixé au 31 mars 2018 a été re­con­duite pour un autre cinq ans, ou jus­qu’à ce que l’en­ve­loppe soit to­ta­le­ment en­ga­gée. Une nou­velle qui ar­rive à point à un peu moins d’un an de la date li­mite, alors que plu­sieurs crai­gnaient de perdre ce sou­tien.

Pour ce qui est de l’en­ve­loppe de 50 mil­lions$ qui avaient été ré­ser­vés pour les ter­ri­toires à l’ex­té­rieur de Bé­can­cour et de Trois-Ri­vières, elle se­ra bo­ni­fiée de 25 mil­lions$. Ce mon­tant ad­di­tion­nel ne se­ra tou­te­fois pas dis­po­nible pour Drum­mond et Ar­tha­bas­ka.

Elle se­ra plu­tôt ré­ser­vée aux sec­teurs consi­dé­rés comme étant dé­vi­ta­li­sés. C’est-à-dire Ni­co­let-Ya­mas­ka et L’Érable, au Centre-du-Qué­bec, et Sha­wi­ni­gan, Mé­ki­nac, La Tuque, Mas­ki­non­gé et Les Che­naux pour la Mau­ri­cie.

Cette somme se­ra sous­traite à l’en­ve­loppe ré­ser­vée à Trois-Ri­vières et dans la MRC de Bé­can­cour à qui il res­te­ra main­te­nant une somme de 75 mil­lions$, alors qu’en­vi­ron 50 mil­lions$ sont dé­jà en­ga­gés.

Dif­fé­rents cri­tères ont aus­si été éta­blis pour fa­vo­ri­ser l’émer­gence de pro­jets à Trois-Ri­vières et dans la MRC de Bé­can­cour. Les pro­jets de sou­tien à la re­lève en­tre­preu­na­riale et les en­tre­prises du sec­teur pri­maires ayant un pro­jet de pre­mière trans­for­ma­tion ou des pro­duc­tions de cul­ture en serre de pro­duits ali­men­taires se­ront main­te­nant dis­po­nibles dans ces sec­teurs. Tout comme les coûts liés aux équi­pe­ments et à l’im­mo­bi­li­sa­tion pour les pro­jets d’in­ves­tis­se­ment liés à des ac­cé­lé­ra­teurs d’en­tre­prises.

Les aides fi­nan­cières consen­ties pour le fi­nan­ce­ment d’études en sub­ven­tion pas­se­ront de 5 % à 10 % de l’en­ve­loppe glo­bale du fonds. Des me­sures d’as­sou­plis­se­ment pour les pro­jets d’en­tre­prises du sec­teur tou­ris­tique ont été dé­fi­nies.

À ce jour, le Fonds de 200 mil­lions$ mis sur pied pour com­pen­ser la fer­me­ture de la cen­trale nu­cléaire Gen­tilly-2 a gé­né­ré 331 pro­jets dont 130 qui res­tent à être an­non­cés.

RÉACTIONS

Les maires de Bé­can­cour et de Trois-Ri­vières ac­cueillent fa­vo­ra­ble­ment les mo­di­fi­ca­tions au Fonds de di­ver­si­fi­ca­tion éco­no­mique du Centre-du-Qué­bec et de la Mau­ri­cie. Même que ni Jean-Guy Du­bois, ni Yves Lé­vesque ne s’in­surgent de de­voir re­tran­cher 25 mil­lions $ à l’en­ve­loppe qui de­vait leur être ré­ser­vée, bien au contraire.

Le maire de Trois-Ri­vières, Yves Lé­vesque, es­time que le par­tage du Fonds avec les autres sec­teurs dé­vi­ta­li­sés en pé­ri­phé­rie dé­montre bien l’im­por­tance qu’on ac­corde à tra­vailler dans un es­prit ré­gio­nal.

D’au­tant plus que plu­sieurs per­sonnes de Trois-Ri­vières tra­vaillent dans ses sec­teurs de la ré­gion, et vice-ver­sa. Sans ou­blier les gens des en­vi­rons qui viennent consom­mer dans la ca­pi­tale ré­gio­nale. « J’ai tou­jours dit que si à cô­té ça ne va pas bien, on a des ré­per­cus­sions chez nous, alors on veut que les autres au­tour aillent bien aus­si », fait-il va­loir.

L’en­jeu ma­jeur pour le maire Lé­vesque de­meure tou­te­fois la pé­ren­ni­té du Fonds qui per­met­tra de réa­li­ser les nom­breux pro­jets qui sont sur la table pour Trois-Ri­vières afin de di­ver­si­fier l’éco­no­mie de la ville qui était sur­tout ba­sée sur la grande en­tre­prise.

« De par­tir la ma­chine, de di­ver­si­fier l’éco­no­mie et de créer des en­tre­prises, on est ren­du-là. On a vu le taux de chô­mage di­mi­nuer, parce que tran­quille­ment, on a vu émer­ger des pe­tites en­tre­prises qui ont pris de l’ex­pan­sion, note-t-il. Je crois que d’ici 2020, le Fonds se­ra épui­sé. Pré­sen­te­ment, on a une cen­taine de pro­jets sur la table à des­sin sur le point d’être fi­na­li­sé et le fait de pou­voir avoir une ex­ten­sion jus­qu’en 2023, ça donne de l’es­poir pour réa­li­ser ceux qu’on a et les autres qui sont à ve­nir. »

On n’est plus à l’étape de se faire com­pé­ti­tion entre sec­teurs de la ré­gion.

-Jean-De­nis Gi­rard

TRA­VAILLER EN­SEMBLE

«Ça au­rait été in­sen­sé et in­ac­cep­table de prendre cet ar­gent et la re­mettre dans les coffres du gou­ver­ne­ment du Qué­bec quand l’im­pact de la fer­me­ture de Gen­tilly-2 a été in­croyable. La Tri­pap a eu un im­pact épou­van­table, mais la Gen­tilly-2… ce sont 800 em­plois avec des sa­laires de plus de 100000$ par an­née. Si le sa­laire moyen est à 28 000 $, ça en prend des em­plois pour com­pen­ser cette fer­me­ture-là, re­con­naît-il. Ça prend plus qu’une an­née à re­prendre ce qu’on a per­du, même avec les 200 M$. »

Le dé­pu­té de Trois-Ri­vières, Jean-De­nis Gi­rard, qui était al­lé au front pour la cen­trale nu­cléaire, lors­qu’il était pré­sident de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie du Coeur du Qué­bec (CCICQ), a quant à lui fait va­loir l’im­por­tance pour les ins­tances ré­gio­nales de tra­vailler en­semble. « On n’est plus à l’étape de se faire com­pé­ti­tion entre sec­teurs de la ré­gion, on est ren­du à l’in­ter­na­tio­nal », a-t-il lan­cé.

La mi­nistre res­pon­sable de la Mau­ri­cie, Ju­lie Bou­let, a quant à elle fait va­loir le tra­vail réa­li­sé par sa col­lègue Lise Thé­riault pour mettre en place des cri­tères qui soient le plus adap­tés pos­sible à la réa­li­té des dif­fé­rents mi­lieux. «Tout ce qu’on a dit a été pris en consi­dé­ra­tion », as­sure-t-elle.

(Pho­to TC Me­dia - Sé­bas­tien Lacroix)

Yves Lé­vesque, Pierre Gi­guère, Pierre-Mi­chel Au­ger, Ju­lie Bou­let, Lise Thé­riault, Jean-De­nis Gi­rard et Jean-Guy Du­bois lors de l’an­nonce des mo­di­fi­ca­tions au Fonds de 200M$.

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