Un jar­din pé­da­go­gique à l’école Louis-de-France

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - MA­RIANNE CÔ­TÉ ma­rianne.cote@tc.tc

TROIS-RI­VIÈRES. Les to­mates, la lai­tue, les au­ber­gines et les fines herbes s’in­vitent non seu­le­ment dans la cour, mais aus­si dans les ma­nuels sco­laires à l’école pri­maire Louis-de-France. De­puis peu, les pe­tits et les grands jar­di­niers en herbes ap­prennent l’ABC du culti­va­teur. Un pro­gramme no­va­teur culti­vé en sol tri­flu­vien.

À l’école Louis-de-France, les élèves n’ont pas peur de plon­ger leurs mains dans la terre pour faire pous­ser de bons lé­gumes frais. 392 plants de lai­tues, 833 plants de to­mates, 62 plants de poi­vrons, 43 plants d’au­ber­gines, 20 plants de choux, 22 plants de bro­co­lis et bien des plants fines herbes. Les bacs po­ta­gers contiennent tout ce­la… Et bien plus en­core.

Les jar­dins sur­éle­vés –l’oeuvre des étu­diants du centre de for­ma­tion Qua­li­tech– ont été dis­po­sés dans des en­droits stra­té­giques de la cour d’école. Chaque classe, de la ma­ter­nelle à la sixième an­née, s’oc­cupe d’ar­ro­ser, de désher­ber et de cueillir les «fruits» de son po­ta­ger dans le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment.

Mais le pro­jet de l’éta­blis­se­ment va bien au-de­là du simple jar­di­nage. C’est avant tout un ou­til pé­da­go­gique. En ef­fet, l’agroa­li­men­taire fait dé­sor­mais par­tie à part en­tière des en­sei­gne­ments quo­ti­diens. Les élèves ap­prennent à mieux com­prendre l’ori­gine, la pro­duc­tion, mais aus­si la trans­for­ma­tion des ali­ments.

D’où viennent-ils ? Quel est le che­min par­cou­ru par les fraises du Mexique ? Ils sont peut-être hauts comme trois pommes, mais les ap­pren­tis jar­di­niers de Trois-Ri­vières connaissent les ré­ponses à toutes ces ques­tions.

Ain­si, toutes les ma­tières sont mises à contri­bu­tion, même les ma­thé­ma­tiques. En cin­quième et en sixième an­née, les jeunes cal­culent même le prix de vente des pro­duits.

« Au­jourd’hui, on achète sans trop se sou­cier de nos choix de consom­ma­teurs », dé­plore la di­rec­trice de l’école Louis-de-France, Ma­ryse Cô­té. « Avec ce pro­jet, on offre l’oc­ca­sion à nos élèves de re­mon­ter cette grande chaine, de la terre à leur as­siette », ajoute celle qui est convain­cue que l’édu­ca­tion peut chan­ger le monde, une graine à la fois.

Une chose est cer­taine, ces bacs po­ta­gers ont le pou­voir de ras­sem­bler toute une com­mu­nau­té. Les en­fants mais aus­si les pa­rents ont ac­cep­té de faire ap­pel à leur pouce vert pour en­tre­te­nir les jar­dins en pé­riode es­ti­vale. - « Un peu comme un jar­din com­mu­nau­taire ? - Exac­te­ment ! Les bé­né­voles pour­ront d’ailleurs re­par­tir avec des lé­gumes frais pour leur sou­per », lance Ma­ryse Cô­té.

UN PRO­GRAMME PRO­VIN­CIAL ?

Il n’est plus rare de voir un jar­din sor­tir de terre dans une cour d’école, bé­ton ou pas. Les élèves sont de plus en plus nom­breux à prendre une bouf­fée d’air frais pour culti­ver. Mais le pro­jet de l’école Louis-de-France, lui, voit en­core plus grand.

«Wow!» C’est la ré­ac­tion qu’a eue Nor­man Houle, le di­rec­teur ré­gio­nal du mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’Ali­men­ta­tion, lorsque le pro­gramme « L’école Louis-de-France, plus verte que ja­mais » est ar­ri­vé sur sa table de tra­vail.

« Il n’y a pas un pro­jet qui ar­rive à la che­ville de ce­lui-là dans tout le Qué­bec », af­firme-t-il, conquis.

S’il est aus­si unique, c’est parce que l’éta­blis­se­ment de Trois-Ri­vières va­lo­rise tous les as­pects de l’agri­cul­ture. Se­lon Nor­mand Houle, ce­la au­ra un vé­ri­table ef­fet de le­vier pour l’adop­tion de saines ha­bi­tudes de vie chez les jeunes pousses.

La di­rec­trice de l’école Ma­ryse Cô­té croit même que le pro­gramme pour­rait être ame­né à l’échelle pro­vin­ciale. Plu­sieurs écoles se sont dé­jà mon­trées in­té­res­sées.

(Pho­to Me­dia – Ma­rianne Cô­té)

Béa­trice, élève de sixième an­née, s’oc­cupe de faire vi­si­ter les jar­dins de l’école.

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