Af­faire Va­de­bon­coeur : 3 des 4 po­li­ciers blan­chis

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - MA­RIANNE CÔ­TÉ ma­rianne.cote@tc.tc

JUS­TICE. Trois des quatre po­li­ciers dans l’af­faire Alexis Va­de­bon­coeur ont été blan­chis de tous les chefs d’ac­cu­sa­tion qui pe­saient contre eux. L’autre a été dé­cla­ré cou­pable de voies de fait. Le juge Steve Ma­gnan a ren­du son ver­dict le 12 juin der­nier au pa­lais de jus­tice de Trois-Ri­vières.

Les po­li­ciers dont il est ques­tion dans ce dos­sier sont Bar­ba­ra Provencher, Marc-An­dré St-Amant, Ka­ven Des­lau­riers et Do­mi­nic Pro­no­vost. Ils fai­saient face à des ac­cu­sa­tions de voies de fait ar­mées, de voie de fait cau­sant des lé­sions cor­po­relles, d’usage né­gligent d’une arme à feu, de fa­bri­ca­tion de faux rap­port en plus d’en­trave à la jus­tice.

La sa­ga a com­men­cé le soir du 2 fé­vrier 2013, lors­qu’ils ont in­ter­cep­té Alexis Va­de­bon­coeur alors qu’il ve­nait de com­mettre un vol qua­li­fié à la pharmacie Jean Cou­tu du bou­le­vard des Ré­col­lets, à Trois-Ri­vières. L’ar­res­ta­tion avait été cap­tu­rée par une ca­mé­ra de sur­veillance. Dans celle-ci, on pou­vait voir les quatre po­li­ciers as­sé­ner des coups de poing au sus­pect.

Se­lon la théo­rie de la pour­suite, Alexis Va­de­bon­coeur a été vic­time d’un pas­sage à ta­bac in­jus­ti­fié. Quant à la dé­fense, elle sou­tient que les ac­cu­sés ont uti­li­sé la force né­ces­saire pour pro­cé­der l’ar­res­ta­tion du jeune homme.

Dans trois dos­siers sur quatre, le juge Steve Ma­gnan a conclu que la force uti­li­sée lors de l’in­ter­ven­tion était «rai­son­nable dans les cir­cons­tances ». Dans ce cas-ci, l’in­ter­ven­tion a été qua­li­fiée à « haut risque » et « stres­sante » pour les forces de l’ordre puisque le sus­pect est ar­mé.

Ain­si, les agents Bar­ba­ra Provencher, Marc-An­dré St-Amant et Do­mi­nic Pro­no­vost ont été ac­quit­tés de tous les chefs d’ac­cu­sa­tion qui pe­saient contre eux. Le tribunal a ju­gé que la force uti­li­sée était de faible à moyenne, mais pas ex­ces­sive se­lon la preuve.

Ka­ven Des­lau­riers a pour sa part été re­con­nu cou­pable de voies de fait simple. L’in­ten­si­té de la force a été consi­dé­rée comme ex­ces­sive et les coups por­tés étaient uni­que­ment « dans le but de lui [Alexis Va­de­bon­coeur] de lui oc­ca­sion­ner une dou­leur », a dé­cla­ré le juge Ma­gnan.

Quant aux ac­cu­sa­tions de fa­bri­ca­tion de faux rap­ports, le juge a in­di­qué que la preuve était in­suf­fi­sante pour conclure hors de tout doute que les rap­ports conte­naient des élé­ments faux et qu’ils vi­saient à contre­car­rer le cours de la jus­tice.

« IL A ÉCHOUÉ AU TEST DE LA CRÉ­DI­BI­LI­TÉ »

Dès le dé­part, le juge Ma­gnan a écar­té le té­moi­gnage de Va­de­bon­coeur. Il a es­ti­mé que l’état de stress du jeune homme au mo­ment des faits ju­me­lé à sa consom­ma­tion de drogues dites dures à cette époque ont non seule­ment af­fec­té son ju­ge­ment, mais aus­si sa ca­pa­ci­té à se sou­ve­nir pré­ci­sé­ment des évé­ne­ments

Du cô­té de sa cré­di­bi­li­té, le Tribunal est ca­té­go­rique : « il a échoué au test ». Va­de­bon­coeur est ap­pa­ru aux yeux de la cour comme étant ma­ni­pu­la­teur, cal­cu­la­teur et pas digne de con­fiance. « Il mo­dule la vé­ri­té à son avan­tage », a men­tion­né le juge dans son ju­ge­ment.

UN LONG PRO­CÈS

Le pro­cès des quatre po­li­ciers a né­ces­si­té pas moins de 31 jours d’au­diences. Il a com­men­cé en sep­tembre 2016 pour prendre fin le 20 avril der­nier.

Rap­pe­lons qu’à la suite des évé­ne­ments, Do­mi­nic Pro­no­vost et Bar­ba­ra Provencher avaient été sus­pen­dus sans solde par la Ville de Trois-Ri­vières. Quant à eux, Ka­ven Des­lau­riers et Marc-An­dré Saint-Amant avaient été congé­diés.

Quelques heures après la lec­ture du ju­ge­ment, la Ville de Trois-Ri­vières a an­non­cé, par voie de com­mu­ni­qué, qu’elle pour­sui­vra ses en­quêtes dis­ci­pli­naires avant d’en­vi­sa­ger de ré­in­té­grer les trois po­li­ciers blan­chis dans leurs fonc­tions au sein du Ser­vice de po­lice de Trois-Ri­vières.

De son cô­té, le pré­sident de l’as­so­cia­tion des po­li­ciers-pom­piers de la ville de Trois-Ri­vières (APPTR), Louis Le­sage, a dé­cla­ré qu’il avait tou­jours cru « fer­me­ment à l’in­no­cence de nos quatre col­lègues ».

Pour sa part, Alexis Va­de­bon­coeur avait été condam­né à 54 mois pour deux vols qua­li­fiés à la pharmacie Jean Cou­tu. Il a éga­le­ment été re­con­nu cou­pable de pos­ses­sion de drogue dans le but d’en faire le tra­fic, d’en­trave aux po­li­ciers et de bris d’en­ga­ge­ments.

Le juge Ma­gnan a pris sa dé­ci­sion en dé­li­bé­ré. Il ren­dra son ver­dict le 25 juillet, en après-mi­di.

Avec la col­la­bo­ra­tion d’Au­drey Le­blanc

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Alexis Va­de­bon­coeur est ap­pa­ru aux yeux de la cour comme étant ma­ni­pu­la­teur, cal­cu­la­teur et pas digne de con­fiance.

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