Jes­si­ca, 24 ans, opé­rée à coeur ou­vert

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - JO­NA­THAN COSSETTE jo­na­than.cossette@tc.tc

TÉ­MOI­GNAGE. 14 no­vembre 2016 : la vie de Jes­si­ca Léo­nard bas­cule. At­teinte d’hy­per­ten­sion ar­té­rielle pul­mo­naire, elle doit faire un trait sur sa deuxième gros­sesse, avant d’être opé­rée à coeur ou­vert à l’âge de 24 ans.

Alors qu’elle croyait que son sys­tème im­mu­ni­taire se re­met­tait dif­fi­ci­le­ment de sa gros­sesse, des exa­mens plus ap­pro­fon­dis ont confir­mé à Jes­si­ca Léo­nard qu’elle souf­frait d’une mal­for­ma­tion car­diaque en­traî­nant l’hy­per­ten­sion ar­té­rielle pul­mo­naire.

« J’ai per­du beau­coup de poids dans l’an­née sui­vant mon ac­cou­che­ment. Je n’étais plus ca­pable de mon­ter mon épi­ce­rie, car je m’es­souf­flais après trois marches, confie-t-elle. Comme j’étais de nou­veau en­ceinte de huit se­maines, j’ai dû faire un pre­mier deuil et pro­cé­der à l’avor­te­ment qui m’a été re­com­man­dé, car

Mon coeur ne se­ra ja­mais à 100%, car j’ai su­bi des trans­for­ma­tions, mais j’es­père ar­ri­ver à une nor­ma­li­té qui se­ra la mienne.»

-Jes­si­ca Léo­nard j’avais le cô­té droit du coeur di­la­té. Il me fal­lait en­suite pro­cé­der à une opé­ra­tion à coeur ou­vert. J’avais peur et je ne dor­mais pas bien. Il y avait quand même un 5 % de chance que je reste sur la table d’opé­ra­tion. »

L’in­ter­ven­tion, ef­fec­tuée à l’Hô­pi­tal Royal Vic­to­ria de Mon­tréal, a du­ré sept heures. Deux se­maines plus tard, celle qui étu­die en soins in­fir­miers était dé­jà de re­tour sur les bancs d’école.

« Je suis re­ve­nue à temps pour mes exa­mens fi­naux au dé­but du mois de dé­cembre. J’ai pour­sui­vi mes cours en jan­vier. Après Noël, il n’était pas ques­tion de res­ter à la mai­son non plus. L’école était une fa­çon pour moi de m’éva­der et de m’em­pê­cher de som­brer vers une dé­pres­sion. Mes proches m’ai­daient beau­coup et je vou­lais qu’eux aus­si re­trouvent leur rou­tine », ex­plique la jeune femme.

PO­SI­TIVE DANS L’ÂME

Jes­si­ca Léo­nard dé­borde de po­si­ti­visme. Elle a re­pris ses cours de danse et elle pour­sui­vra ses études en soins in­fir­miers.

« J’ai par­ti­ci­pé à une course de 5 km pour le dé­fi-en­tre­prise et j’ai réus­si à cou­rir d’un bout à l’autre, sans être es­souf­flée. J’étais vrai­ment contente et c’est un gros dé­fi pour moi, six mois seule­ment après mon opé­ra­tion. » Et pour l’ave­nir ? «Ma der­nière écho­gra­phie, en fé­vrier, a dé­mon­tré que mon coeur se nor­ma­li­sait. Ça peut prendre plu­sieurs an­nées avant qu’il re­de­vienne nor­mal. Il fau­dra en­suite voir si mon état est stable sans mé­di­ca­tion », in­dique-t-elle.

« Je suis dans une zone grise. Je vis ma vie sans m’en faire et je vais très bien pour l’ins­tant. Si j’avais be­soin de la mé­di­ca­tion, ma vie se­ra plus courte qu’une per­sonne nor­male. J’ai d’autres ren­dez-vous. Mon coeur ne se­ra ja­mais à 100 %, car j’ai su­bi des trans­for­ma­tions, mais j’es­père ar­ri­ver à une nor­ma­li­té qui se­ra la mienne. Si je réus­sis à conser­ver mon état ac­tuel, je vais vivre en­core très long­temps. »

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Jes­si­ca Léo­nard de­meure po­si­tive face à l’ave­nir.

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