Un cres­cen­do d’émo­tions en pleine obs­cu­ri­té

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - MA­RIE-EVE ALA­RIE ma­rie-eve.bour­goin-ala­rie@tc.tc

EX­PÉ­RIENCE. « Quand les gens meurent, ils res­tent at­ta­chés au lieu où ils ont trou­vé la mort. Ici, plus la soi­rée avance, plus on peut être té­moin de phé­no­mènes étranges », avise d’en­trée de jeu la guide qui ac­cueille les par­ti­ci­pants du nou­veau par­cours de peur de la Vieille Pri­son de Trois-Ri­vières.

Ce qui pour­rait être une vi­site clas­sique de la Vieille Pri­son bas­cule en cours de par­cours. Dès le tout dé­but de l’aven­ture, la guide nous aborde cer­tains faits his­to­riques qui ont mar­qué l’histoire de la Vieille Pri­son, comme le mur des pen­dus et la grande émeute. On nous ra­conte le trou, la cel­lule des condam­nés à mort, etc.

Et puis, les em­ployés de la Vieille Pri­son vous le di­ront : tous, ou presque, ont dé­jà vé­cu une ex­pé­rience in­ex­pli­quée : des bruits de pas alors que per­sonne ne passe, des bruits étranges, des ob­jets qui se dé­placent seuls, des lu­mières qui s’al­lument et s’éteignent.

Le par­cours de peur in­siste bien là-des­sus pour nous faire plon­ger dans une am­biance dont le stress ira en cres­cen­do. C’est qu’en cette sombre soi­rée d’au­tomne, les fan­tômes s’in­vitent for­cé­ment dans la vi­site.

« C’était l’idée que l’am­biance montre en un cres­cen­do d’émo­tions. C’est une vi­site qui semble ano­dine au pre­mier abord, mais nous sommes al­lés pui­ser dans les té­moi­gnages d’em­ployés de la Vieille Pri­son pour bâ­tir l’histoire et les phé­no­mènes qui se pro­duisent. On sait que par les an­nées pas­sées, le dé­but du par­cours était très in­tense et les gens s’at­tendent à ça. Mais avec nous, plus le tour avance, plus ça s’en­ve­nime », ex­plique Jean-Phi­lippe Mar­cotte, pré­sident de Per­so­nare qui a conçu le par­cours de peur cette an­née.

On s’en­fonce alors dans les cou­loirs étroits de la pri­son en­tiè­re­ment plon­gée dans le noir. Dans le noir, on res­sent l’étroi­tesse des lieux. Des cel­lules. Des cor­ri­dors. C’est op­pres­sant. On nous isole par­fois. L’obs­cu­ri­té est to­tale, à l’ex­cep­tion de la faible lueur qui émane de la lampe de poche que tient la guide.

Comp­tines fre­don­nées au loin, des coups pro­ve­nant d’on ne sait où, ap­pa­ri­tions sou­daines : tout est mis en oeuvre pour faire sur­sau­ter les par­ti­ci­pants. Les nou­velles tech­no­lo­gies in­té­grées au par­cours pro­duisent aus­si un ef­fet.

Mais le lieu, à lui seul, ain­si bai­gné d’obs­cu­ri­té, in­jecte une bonne dose d’ef­froi et d’in­con­fort. C’est d’ailleurs la pre­mière an­née que le par­cours se dé­roule à ce point dans le noir. Il suf­fit de se lais­ser im­pré­gner par les lieux.

La pre­mière par­tie du par­cours dé­bute à l’ex­té­rieur. Pré­voyez une veste ou un man­teau se­lon la tem­pé­ra­ture.

(Pho­to TC Me­dia – Ma­rie-Eve Ala­rie)

La Vieille Pri­son, à elle seule, ain­si bai­gnée d’obs­cu­ri­té, in­jecte une bonne dose d’ef­froi et d’in­con­fort.

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