15 ans à bri­ser l’iso­le­ment chez les aî­nés

L'Hebdo Journal - - ACTUALITÉS - MA­RIE-EVE ALARIE ma­rie-eve.bour­goin-alarie@tc.tc

COMMUNAUTÉ. De­puis main­te­nant 15 ans, les Pe­tits Frères de Trois-Ri­vières brisent l’iso­le­ment chez les per­sonnes aî­nés de la ville. Et les be­soins sont plus im­por­tants que ja­mais.

On le sait: c’est à Trois-Ri­vières que l’on compte la plus grande pro­por­tion de per­sonnes âgées par­mi les grandes villes au Ca­na­da. D’après Sta­tis­tiques Ca­na­da, cette pro­por­tion est de 22,3 %.

« De nom­breuses per­sonnes âgées de 75 ans et plus n’ont plus de fa­mille ou n’ont pas de fa­mille ou de proches dans la ville. Ces gens que nous ai­dons n’ont per­sonne. On es­saie de com­bler ce vide en les ju­me­lant avec des bé­né­voles », ex­plique Fan­ny Ré­quillart, co­or­don­na­trice des Pe­tits Frères de Trois-Ri­vières.

La mis­sion de l’or­ga­nisme est d’ac­com­pa­gner les per­sonnes seules du grand âge en créant au­tour d’elles une fa­mille en­ga­gée et fi­dèle jus­qu’à la fin de leur vie. À l’heure ac­tuelle, en­vi­ron 50 per­sonnes de plus de 75 ans bé­né­fi­cient de l’ac­com­pa­gne­ment des Pe­tits Frères à Trois-Ri­vières.

« Sou­vent, les gens plus iso­lés sont moins en contact avec le ré­seau psy­cho­so­cial. Pour cer­tains d’entre eux, leur seul contact si­gni­fi­ca­tif dans une se­maine est le contact qu’ils ont avec le phar­ma­cien, ra­conte Mme Ré­quillart. Notre but avec le ju­me­lage est de créer une re­la­tion si­gni­fi­ca­tive. Ça consiste en une vi­site aux 15 jours, soit chez eux ou dans le cadre d’une sor­tie, ain­si qu’un ap­pel entre chaque vi­site. Cer­tains de nos bé­né­voles sont ju­me­lés de­puis plu­sieurs an­nées à la même per­sonne. »

«Une tra­vailleuse so­ciale de Sha­wi­ni­gan nous a même ap­pe­lés il y a quelques mois. Un homme ne pou­vait pas ob­te­nir son congé du mé­de­cin parce qu’il n’avait pas de chaus­sures. Il n’avait per­sonne pour lui en ap­por­ter », confie Mme Ré­quillart.

DES FA­MILLES PLUS ÉLOI­GNÉES QU’AVANT

Fan­ny Ré­quillart ob­serve que l’éloignement des fa­milles est plus grand au­jourd’hui. Avec cette mo­bi­li­té ac­cen­tuée, les fa­milles ne res­tent plus né­ces­sai­re­ment dans la mu­ni­ci­pa­li­té dans les­quelles elles ont gran­di.

« Ce qu’on sait, c’est que l’iso­le­ment va aug­men­ter avec les chan­ge­ments dans la so­cié­té. Notre pré­sence va s’ac­cen­tuer. On commence même à avoir des de­mandes d’ailleurs dans la ré­gion. On n’a pas de plan d’ex­pan­sion pour l’ins­tant. On se concentre pour conso­li­der notre pré­sence à Trois-Ri­vières », in­dique-t-elle.

(Photo L’Heb­do Jour­nal / Ma­rie-Eve Alarie)

Fan­ny Ré­quillart est co­or­don­na­trice des Pe­tits Frères de Trois-Ri­vières.

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