Les mai­sons de jeunes s’op­posent au Mos­qui­to

L'Informateur - - ACTUALITÉS - > Steve Caron

L’uti­li­sa­tion pos­sible du Mos­qui­to dans cer­tains com­merces de la mé­tro­pole pour évi­ter des at­trou­pe­ments de jeunes, la flâ­ne­rie ou le van­da­lisme sus­cite de vives réactions de la part du Re­grou­pe­ment des mai­sons de jeunes du Qué­bec ( RMJQ) de la ré­gion, qui es­time qu’une telle me­sure contre­vient au droit de la per­sonne.

Le Mos­qui­to est un ap­pa­reil consti­tué d’un gé­né­ra­teur à hautes fré­quences et d’un haut­par­leur. Il peut émettre jus­qu’à 95 dé­ci­bels, ce qui pro­voque des désa­gré­ments chez les êtres hu­mains ayant en­core une au­di­tion très fine.

Il pro­duit des sons très ai­gus dans la plage 17,5 à 18,5 kHz, uni­que­ment per­cep­tibles par des per­sonnes âgées de moins de 25 ans, en rai­son de la dé­gra­da­tion pro­gres­sive et iné­luc­table de l’ouïe. Le son peut être en­ten­du jus­qu’à une dis­tance de 60 pieds. Lorsque l’ap­pa­reil est en fonc­tion, il sert donc à éloi­gner les in­dé­si­rables (les jeunes) d’un com­merce.

Pour le RMJQ, la fonc­tion même de l’ap­pa­reil ap­pa­raît comme une at­teinte à la Charte des droits et li­ber­tés de la per­sonne. Celle-ci pro­tège l’ac­cès aux lieux pu­blics pour tous, la li­ber­té de réunion pa­ci­fique et l’éga­li­té des in­di­vi­dus sans dis­cri­mi­na­tion fon­dée sur l’âge.

« Je com­prends l’in­quié­tude des com­mer­çants, mais l’uti­li­sa­tion du Mos­qui­to est un moyen très dras­tique par rap­port au pro­blème. C’est comme de dire que tous les jeunes de moins de 25 ans font du van­da­lisme, ce qui est absurde.

Je ne crois pas que le Mos­qui­to soit la so­lu­tion au pro­blème », de dire So­phie La­querre, de la Mai­son des jeunes du Pla­teau, qui es­time plus ap­pro­prié d’in­ves­tir dans la pré­ven­tion, l’em­bauche de tra­vailleurs de rue et de tra­vailler en col­la­bo­ra­tion avec les or­ga­nismes com­mu­nau­taires du mi­lieu vi­sé.

L’en­tre­prise Ca­mé­ra ca­chée com­mer­cia­lise le Mos­qui­to. Un em­ployé confirme que de­puis un an, plu­sieurs com­merces sou­haitent de l’in­for­ma­tion sur l’ap­pa­reil.

« Nous re­ce­vons de plus en plus de de­mandes de ren­sei­gne­ments pour notre ap­pa­reil. Avant de conclure une vente, nous nous as­su­rons qu’il cor­res­ponde bien aux be­soins du client. Si le com­merce donne di­rec­te­ment sur un trot­toir, nous n’ins­tal­le­rons pas notre ap­pa­reil. Nous res­pec­tons cer­taines règles. »

À la Ville de Mon­tréal, on af­firme faire ap­pel au gros bon sens des com­mer­çants, puis­qu’on ne pour­rait em­pê­cher les gens d’agir sur le do­maine pri­vé, sou­tient Dar­ren Be­cker, de la Ville de Mon­tréal. Il fau­drait alors voir avec le rè­gle­ment sur le bruit ce qu’il est pos­sible de faire dans chaque ar­ron­dis­se­ment.

Cette po­si­tion ne sa­tis­fait pas Mme La­querre. Cette der­nière ai­me­rait plu­tôt que la Ville adopte une ré­gle­men­ta­tion pour in­ter­dire l’usage du Mos­qui­to et a l’in­ten­tion de mi­li­ter en ce sens.

Après le Mos­qui­to, à quand un ap­pa­reil ser­vant à ci­bler d’autres classes de per­sonnes ?, s’in­ter­roge-t-elle. Les jeunes aiment se re­trou­ver pour so­cia­li­ser et il est faux de pré­tendre que la flâ­ne­rie mène di­rec­te­ment à po­ser des actes dé­plo­rables.

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