Va­lo­ri­ser les jeunes

L'Informateur - - ACTUALITÉS - > Oli­vier Ar­bour-Masse

Une pièce de théâtre pour ré­soudre le pro­blème d’es­time de soi des ado­les­centes is­sues des mi­no­ri­tés vi­sibles? C’est la plus ré­cente me­sure mise de l’avant par la mi­nistre de l’im­mi­gra­tion et des com­mu­nau­tés cultu­relles, Yo­lande James.

Se­lon Sta­tis­tique Ca­na­da, le taux de chô­mage des jeunes femmes (15 à 24 ans) pro­ve­nant des mi­no­ri­tés cultu­relles est de 5,4 points de pour­cen­tage plus éle­vé que ce­lui de l’en­semble des jeunes femmes qué­bé­coises. Pro­blème de va­lo­ri­sa­tion per­son­nelle, se­lon Mme James.

«Nous de­vons nous at­ta­quer à cette si­tua­tion réelle qui touche plu­sieurs de nos jeunes filles. C’est notre re­lève. Il est im­por­tant d’agir pour per­mettre à ces jeunes de se réa­li­ser», a sou­te­nu la mi­nistre, en confé­rence de presse.

C’est pour re­mé­dier à cette pro­blé­ma­tique que le mi­nis­tère de l’Im­mi­gra­tion et des Com­mu­nau­tés cultu­relles a dé­dié à ces jeunes femmes le vo­let Confiance sans li­mites, qua­trième et der­nier du pro­gramme de Va­lo­ri­sa­tion jeu­nesse. Sur les 4,2 mil­lions $ in­ves­tis ou à in­ves­tir dans ces quatre vo­lets, 70 000$ sont consa­crés à Confiance sans li­mite.

Une pièce de théâtre in­ter­ac­tive cir­cu­le­ra donc dans cer­taines écoles et centres jeu­nesse de la ré­gion de Mon­tréal. Mise sur pied par le Théâtre Par­mi­nou, cette oeuvre au­ra pour but de… re­haus­ser l’es­time de soi des ado­les­centes. C’est tout ce que le mi­nis­tère a vou­lu dé­voi­ler et le Théâtre Par­mi­nou est pré­sen­te­ment en va­cances.

DES MO­DÈLES D’ES­POIR

So­nia Clark et Na­dège Mai­gnan, dans la jeune tren­taine, étaient pré­sentes lors du dé­voi­le­ment de ce qua­trième vo­let pour té­moi­gner de l’im­por­tance qu’a eue la va­lo­ri­sa­tion per­son­nelle dans leur che­mi­ne­ment, cou­ron­né de suc­cès.

«On a eu beau­coup d’obs­tacles dans notre pro­ces­sus de va­lo­ri­sa­tion. C’est dif­fi­cile quand on est jeune de com­po­ser avec la pres­sion so­ciale d’un cô­té et les va­leurs in­cul­quées par les pa­rents de l’autre», rap­porte Na­dège, qui a trou­vé sa dé­ter­mi­na­tion dans la danse. Ce­pen­dant, elle a dû se battre pour vivre sa pas­sion. Se battre, de son aveu, contre les va­leurs et prin­cipes de la com­mu­nau­té haï­tienne qui la gui­daient vers des pro­fes­sions so­cia­le­ment va­lo­ri­sées: mé­de­cin, avo­cat, in­gé­nieur, etc. Et se battre contre des pa­rents qui la dé­cou­ra­geaient de dan­ser.

«Je me sou­viens d’un cours d’édu­ca­tion phy­sique, j’avais 9 ans. Il n’a suf­fit que mon pro­fes­seur vienne me dire ‘’Na­dège, fé­li­ci­ta­tions d’avoir mis les ef­forts pour ton tra­vail en danse’’. À par­tir de ce mo­ment-là, je me suis dit ‘’si une per­sonne est ca­pable de croire en moi, je vais pour­suivre’’», ra­conte la jeune femme qui a fon­dé l’école de danse Art­mis­tice en 2008 avec la com­pli­ci­té de So­nia.

À force de per­sé­vé­rance, Na­dège, qui a gran­di dans le nord-est de Mon­tréal, a réus­si à se bâ­tir une car­rière à la hau­teur de ses rêves. Et elle n’a pas fi­ni de rê­ver. «Les gens nous ont dit ‘’ben voyons donc, par­tir votre com­pa­gnie dans le mi­lieu ar­tis­tique qué­bé­cois, vous n’au­rez ja­mais votre place’’. Nous nous sommes dit que ce se­raient des femmes noires qui par­ti­ci­pe­raient au dé­ve­lop­pe­ment du mi­lieu de la danse», pour­suit-elle.

«Ce sont des té­moi­gnages comme ceux-là qui viennent ex­pli­quer nos in­ves­tis­se­ments dans la jeu­nesse», a conclut Yo­lande James.

(Pho­to:Jacques Pha­rand)

Yo­lande James a an­non­cé

la mise sur pied d’une pièce de théâtre pour ai­der les ado­les­centes is­sues des

mi­no­ri­tés vi­sibles à se va­lo­ri­ser.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.